Le caillou veut être lumière. Il fait luire en l'obscurité des fils de phosphore et de lune. Que veut-il ? se dit la lumière, car dans ses limites d'opale elle se retrouve elle-même et repart. Federico Garcia Lorca
L'union de la pierre et de la rose
C'est une chanson qui a oublié sa rime
C'est le chant du canari sur un fond de ciel gris
Une douceur au sang de sucre
Sur un lit en fer forgé
Il n'y a pas de magie dit la rose
Quand je glisse mon regard vers toi
D'éclats en arc-en-ciel il n'y a que le ciel
Pour être jaloux de nous
Il n'y a pas de dé à coudre entre nous
Dit la pierre seule une plume qui a fait son nid
Dans le seuil de volupté qui a pris naissance
Entre ta nacre et mon velours
L'unité de la rose et de la pierre
C'est une gamme qui a oublié les notes
C'est un oiseau qui a oublié que les cages existent
C'est un grand coup de feu quand le soleil se couche
Sur les deux amours pierre et soie
Chaud et froid
Gris et jaune
Couleurs et sons
Sens et unité de la vie.
Interroge-toi sur la beauté
Des choses
Sur l’indéfinissable harmonie
Qui fait de la vie
Un rêve
Et non
Un cauchemar
Pose-toi la question de la température de l’onde
De la palette des couleurs
De la douce silhouette qui a inscrit sa fonction
Dans le dédale lumineux du panorama
Interrogeons-nous sur la splendeur ultime
Sur la géographie douce et décalquée
Sur l’alliance du minéral et du végétal
Du groupement des éléments
De la famille qui se réunit
De l’union des choses qui constituent un
Tout
Une planète
Une merveilleuse alchimie qui fait
Plaisir
A découvrir.
Pulitzer Prize (1971 Feature Photography) winning photographer Jack Dykinga blends large format landscape art photography with documentary photojournalism.
Chair de nacre fruit de rosée
Envolez-vous couleurs de liberté
Ailes de cristal et gouttes de vérité
Dans un semblant de tir d’ailes élaboré
Papillons monarques et grues cendrées
Cendre de nuage corsage éphémère
Prenez à vos cous vos ailes de papier
Volez volez le plus loin que vous pouvez
Pygargues aux yeux de miel condors aux vols profonds
Cordillères ébauchées par la fréquence du temps
Caressez encore l’espoir d’un autre mouvement
Celui de la minéralité dans son chausson d’argent
Fleurs sauvages aux corolles enneigées
Grenades au sang rubis aux lèvres éconduites
Risquez vos veines aux frimas du vent
Car la liberté est une cape invisible
Enfances sauvages de la sombre nuit sans lendemain
Migrants fuyant la haine les bombes et la faim
D’une main tâtez l’odeur du sacrifice
D’un pied sautez allègrement au bord du précipice qui mène à la frontière du destin
Oiseaux sans peur et sans reproche
Cœurs purs sang léger sens de la vie
Hissez sur la cime joyeuse de vos couvre-chefs
L’étendard sucré d’un pollen né libre
Petites vies qui mijotent sans un bruit dans la douceur féconde
Petits espoirs au semblant doux et chaud
Croyez en l’espoir si la liberté le guide
Ayez foi en votre propre destinée
Si la liberté est la rose promise
Alors elle sera la rose due.
Carole Radureau (29/10/2017)
Plume d'un Sepioteuthis lessoniana (calmar).Par L. Joubin — Résultats des campagnes scientifiques accomplies sur son yacht par Albert Ier, prince souverain de Monaco. URL, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9901174
Comme vous avez dû le remarquer j'aime bien changer souvent de plume pour suivre le fil de ma muse errante. Petites plumes ou grandes plumes, toutes elles sont imprégnées de symboles pour racont...
La terre, mère, la terre
Et en elle la force des bras
L’attraction et l’aura
Son souffle sa veine de verre
Son subtil manteau de frimas
La terre fluide, vierge, non corrompue
Celle qui absorbe les hontes
Bois les crimes cache les corps disparus
Celle qui embrasse la graine
La fait pousser la rend belle
Bonne à manger
Celle qui glisse entre les doigts
Son doux arôme sa force vive
Son message secret
Sa glaise ultime
Et celle qui vibre qui bouge qui se fait vague
Au plus profond de son ventre
Il y a une révolution
Qui dit que la terre est vivante qu’elle souffre qu’elle gémit
Qu’elle veut qu’on s’occupe d’elle
C’est une mère la terre, c’est une mère
La terre, mère, la terre
Et pour elle à force de bras
A force de cris à force d’union
Son souffle sa veine de terre
Son énergie future
Sa puissance retrouvée
En un mot : sa liberté.
Et tu surgis
Petite vie
Du plus profond de la terre
Brisant le bitume
Parcourant les brumes telluriques
Et les labyrinthes obscurs
Tu surgis
Petite vie
Dans ton plus simple appareil
Et tu jaillis
Avec ta belle énergie
Ton précieux message
Ta petite figure légère
Et joyeuse
Comme pour nous délivrer un message :
Surtout ne jamais désespérer !
Et tu grandis
Petite vie
Elevant tes bras solides
Vers le lendemain du monde
Vers le futur aux yeux d’azur
Vers la forêt
Renouvelée
Et tu rougis
Quand tu rencontres
L’amour errant
Ce petit enfant
Qui dessine sur ta vie
Le doux cœur de la sienne
Qui écris sur ton tronc
Le message pur et beau
Old Tjikko
Tu n’auras pas d’âge
Traversant les siècles
Traversant les fureurs
Constatant les haines et les peurs
Survivant aux guerres et aux bombes
Génération après génération
Tu seras l’unique survivant
L’unique résistant
Celui qui assiste
Impuissant et pourtant si puissant
A la décadence humaine.
Carole Radureau (26/10/2017)
old Tjikko- Par Karl Brodowsky — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17496567
volcan Puntiagudo, lac Llanquihue - Chili- Par Rodrigo Fernández — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=61438036
Cône parfait du volcan
Silhouette enneigée, nevado menacé
Lave fusionnelle déboulant sans bruit les pentes démontées
Caravane de chameaux et ses hommes bleus, patience, vertu
Or qui se détache et sur le sol attache son sentiment
Feuilles à la décalcomanie ultime
Ombres, confuses, subtiles, puériles d'un dessin précis
Survol des Andes, cri perçant, proie aperçue
Dans le livre entre les lignes et entre les mots : dessiner des images leur donner vie
Coquelicot éblouissant d'un rouge que seuls les amoureux connaissent
Coucher de soleil ambre chaud, rubis érudit, rose corail aguerri : force de la vie
Poisson clown dans son bocal de rêve se cachant dans son environnement en péril
Mésange charbonnière, petit lutin : korrigan
Pouillot véloce , acrobate, gobeur de pucerons : vert kaki : camouflage
Nuage aux dessins étonnants : trains, valises oubliées sur le quai - mémoire
Nuage aux formes suggestives : message ambulant
Vert sans nuance, éclatant vert de l'espoir par ailleurs tondu
Le jaune a envahi sa nouvelle demeure celle de l'or a péri il est venu l'heure
de partir
Couleurs qui sont le contenant de l'âme : boîte à sentiments, coupe de nacre bue
Formes qui sont la ligne d'horizon du cœur : acérées, confuses, précieuses, délicates, tourmentées
Soupçons de l'aube, voile des anges, humeurs espiègles d'esprits auxquels croire ou ne pas croire
Délicatesse du vent, furie du feu, douceur du petit matin : sourire de marguerite accroché au keffieh
Pensée, chamade, rêve, regard tourné, souvenir, mots précis, images, songes, réveil
En tout ceci : omniprésence.
La facétie est cachée derrière une feuille d’albizia
La gaieté est une tulipe tendrement offerte
Le vert de la prairie est une invitation au combat
La peluche déposée par la traîne du stratus
Est un rire qui chatouille la glotte
Je sourirais, oui
Parce que j’ai vu la tête ébouriffée d’un chrysanthème
Son parfum est tout sauf celui du cimetière
Je sourirais, oui
Parce que les mésanges ont pris le nom de l’ange
Et quand elles font les espiègles je trouve la vie jolie
Je sourirais, oui
Parce que je veux que le sourire soit l’avenir du monde
Pour que son lait d’avoine mûrisse s’épanouisse et triomphe
Je sourirais, oui
Parce que la demande est très belle
Parce que l’offre concorde
Parce que le don de soit se fait dans le sourire.
Frère Pablo je t’écris.
Alors que, sans un cri, sans un bruit, tu as éteint la lumière rouge de ta vie
Alors que dans un souffle
Ta rime s’est tarie ton verbe a soufflé sur la dernière page du monde
La flamme continue de briller dans ton œuvre
Frère Pablo
Te lire et te relire te connaître et te découvrir
Apprendre et encore apprendre du message de tes mots
A l’infini
Toujours
Sans se lasser
Traquer la vérité comprendre le savoir reconnaître la connaissance
Ouvrage de longue haleine
Minute après minute
Heure après heure
Jour après jour
Année après année
Toute une vie s’il le faut pour assimiler l’œuvre unique
La rendre vive la démultiplier
Quand ton souffle te fus pris par l’assassin déguisé
Je n’étais que petite fille
Ton nom m’était inconnu
Et notre rencontre inconnue elle aussi
Je ne savais pas combien de points communs
Je ne savais pas que les mots sont des pétales de rose
Sur lesquels s’accrochent les rêves
Je ne savais pas que les textes sont des trains de nuage
Tirant derrière eux les luttes et leurs fruits
Pour te découvrir
Pour te connaître
Il faut toquer à ta porte pourtant grande ouverte
Sauter à pieds joints dans le cerceau ouvert
De ta dialectique
Et se donner pour grammaire un grand ciel découvert
Une radieuse cordillère
Une hanche étroite de patrie triturée
Et un grand océan d’amour porté par la vie
Frère Pablo je t’écris en me disant combien d’années de ce lutteur
Nous ont-ils retirés
Nous sommes orphelins de tes textes restés à couver dans ta matrice féconde
Nous sommes orphelins du lutteur du conteur méconnaissant la langue de bois
Nous sommes orphelins du grand homme de l’épicurien et du sage érudit
Chaque fois que je t’écris je le dis
Tu m’as tout appris le verbe la nature l’histoire la géographie le sens de la vie
Tu es plus qu’un frère, frère Pablo
Tu es un père
Et aussi une mère qui nourrit nos pensées et nos muses de son lait chaud de vin et d’embrun
Je puise chaque jour dans le puits sans fond de tes textes
La sève et le poing levé
Je puise chaque jour dans la rose mouillée de ta prose
La force de me lever et de crier et d’écrire et de vivre
Pour toi par toi
Pour eux pour nos graines à venir pour la mémoire de nos anciens
Pour nourrir encore nourrir la sève de nos combats.
Carole Radureau (21/10/2017)
Frère Pablo est le titre d’un des poèmes de Pablo dans le Chant général (Les fleurs de Punitaqui)