opale des andes

Publié le 30 Septembre 2019

Intemporel

 

 

Intemporel le soleil qui se glisse

Volontaire au-delà du nuage

Intemporelle sa couleur

De cuivre chaud interminablement

Chauffé

Par sa chaudière passionnée

Intemporel le nuage

Inlassablement

Posé sur le sommet qui maintient

Entre ses doigts serrés

Ses dernières et précieuses neiges

Intemporelle l’herbe verte doucement

Caressée par le petit rayon de cuivre

Prêté

Par le soleil

Intemporelle la caresse du vent

Comme une odeur de printemps

Perdue dans la profondeur confuse

Du calendrier.

 

Le souffle qui sort de moi

Est un souffle apaisé

Comme celui du printemps convaincu

De sa nécessité

Le souffle qui se lève en moi

Est une montagne timide

Sans doute ne sait-elle pas qu’elle pousse haut vers le ciel

Sa grande capacité

A toiser le monde

Avec son névé de tendresse.

 

Carole Radureau (30/09/2019)

 

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Publié le 25 Juillet 2019

Ce que j’aime

Ce que j’aime

C’est la vie qui tisse

Qui vibre

Et qui crisse comme des dents

Trop longtemps serrées.

 

Ce que j’aime

C’est l’air inversé

La chute du temps dans le bénitier végétal

L’huile qui s’écoule feuille à feuille

Du moment présent.

 

Ce que j’aime

C’est le nuage qui s’étire

Paresseusement

Comme pour s’incruster

Dans un ciel

Par lui

Conquis.

 

Ce que j’aime

C’est le clin d’œil de la terre-mère

Le blanc qui s’invite dans le noir

Le fruit qui se tortille à l’envers du décor

Tout ce qui casse l’incertitude

Et l’exactitude.

 

Ce que j’aime

C’est la spontanéité

Le regard de l’enfant sur les choses

Son souffle sur la petite bête

Sa curiosité insatiable

Sa vivacité

Sa fraîcheur.

 

Ce que j’aime

C’est la découverte

La conquête des sens

A l’endroit

A l’envers

Savoir s’ouvrir de nouveaux horizons

Même dans sa cour

Même dans son chez soi.

 

Ce que j’aime

C’est la vie qui s’écoule

Comme dans un sablier d’opale pressée

Mais non par le temps

Doucement l’opale a été amoindrie

Elle s’est résolue à devenir poussière

Elle s’est couchée sur un lit minéral

A elle permit et offert

Doucement l’opale a délité ses vœux

Elle a fermé ses yeux de lumière

Pour les rouvrir sur la pérennité.

 

Rien d’elle n’a changé si ce n’est la forme

Rien d’elle n’a changé car la forme se déforme

Mais ce qui la rend permanente se transforme

S’adapte

S’intègre.

 

Je regarde la poussière fine de l’opale

Je sais qu’il n’y a pas de peur

Qu’il n’y a pas de mal

Qu’il n’y a que le son de l’air

Qui vibre sur la douce peau

De son aurore apaisée.

 

Carole Radureau (25/07/2019)

 

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 8 Juillet 2019

L’eau dévalait la pente de la cordillère
De toutes ses jambes
Larmes fuyant
Larmes s’évadant
Confuses
Et
Pressées
Dans tous les sens
Sur les sillons arides
Du visage triste de la quebrada.

De gros rouleaux de pierres
Sanglots
Etouffés
Cherchaient leur place
Dans la confusion de la gorge
Secrète.

Ils étaient lourds
Ils étaient vieux
Ils étaient comme étouffés par un poids
Millénaire
Comme une touffeur
Ecrasante.

Ils roulaient
Roulaient
Dans la gorge
Ne sachant que faire de leurs tonneaux
Ne sachant que faire d’autre
Que de fuir
De ne jamais revenir.

L’eau était pure
Et claire
L’eau lavait sur son passage
Toutes les impuretés
Tout le passé
Faisant place nette.

C’était une chute
Qui s’était échappée
De son écrin
Comme pour rejoindre quelqu’un
Comme pour se réunir.

D’un coup le soleil avait sourit
De toute ses dents
Lumière qui fuse comme un éclat
De diamant
Suivant chaque ridule
L’irriguant de lumière
Eclaboussant les demis soleils
Autour des yeux.

C’était une douce lueur
Jaune comme un poussin
Une première éclaboussure de jour
Encore frais.

Les larmes de la cordillère
Dans leur écrin de lumière
La buvaient à la paille de leur rime
Comme une vie nouvelle
Comme une évidence.

Le poisson d’argent du jour
Glissait dans cette évidence
Entre le liquide et l’aride
Entre le minéral et le solaire
Anguille à l’eau
Soumise
Et au soleil
Reconnaissante.

Carole Radureau (08/07/2019)

Par Andy Heidinger — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=73444855

Par Andy Heidinger — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=73444855

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Publié le 15 Mars 2019

Albizia secoué comme un prunier
Chaque jour
Secoué
Balancé, saccadé, parole hachurée
Palmier aux frondes raccourcies par la bise
Palmier joyeux aux vertes feuilles / tendres salades de printemps
Pin noir d’Autriche
Géant ébranché par le sécateur humain
Pin qui se tord
Gémissant dans son poids/ ses innombrables aiguilles lourdes en soit
Poids prise au vent
Là-haut sur son faite la maison des tourterelles a froid
Prise au vent par les fenêtres de la canopée

Vent en moi qui frise le froid derrière la fenêtre
Tempête dans mon bénitier laïque
L’eau bénite est un fruit défendu
Trop froid
Aucune rédemption

Vent en moi qui compte et rime et versatiles en moi
Comme un flot
Tordu, rictus déshumanisé, tempête dans le monde réchauffé
Mais froid par-dedans

Le printemps pose ses ailes de pollen sur un feuillage aéré
Trop aéré / réchauffement climatique / signe des temps
Le printemps développe ses premiers soupçons
Accroché aux bras amaigris des nuages
Vent en corsage dégrafé

Je compte mes printemps
Plus de 50 à oublier de vivre
Maintenant le présent est là je vois le vent ici et maintenant
Je ne le sens pas je le respire à moitié
Derrière mes verres dégivrés de printemps

J’ai mis plus de 50 ans à vivre
Je ne savais pas ce qu’était vivre
Ce vent que l’on a mis dans ma tête
Ce vent-de-vivre trompeur et fugace ce vent-du-temps passé et avenir
Ce faux-vent libéré de présent

J’ai mis plus de 50 ans à vivre
Et je vis ici et maintenant en dedans
Dans mon intérieur
Avec le vaisseau de la vie qui tangue derrière la fenêtre
Mais je vis intensément
Avec ce que je sais
Avec ce que j’ai appris
Avec mon acceptation de ce qu’est ma vie (mes conditions de vie)

Jours venteux
Attendent jours meilleurs
A la température meilleure
Car le vent peut-être chaleureux / réchauffement climatique / vent du présent
Et je vis
Pour beaucoup ce n’est qu’une demi-vie
C’est ma vie intense secouée par l’intensité de ce que je vis
Sans chercher où mène le pas posé
Il mène quelque part mais c’est sans importance
Sans savoir d’où vient le pas que je pose
Il vient de quelque part mais c’est sans importance
Le pas posé c’est la force de la proposition
C’est la force pure comme le vent pur qui se dit : « je souffle » et après ?
Le pas posé c’est le début d’un tout
Une forteresse
Un phare
Une éolienne à l’ancienne
Une toupie
Un pas de deux
Mais non un précipice

La vie ici maintenant me dit :
Le précipice c’est le passé
Le précipice c’est le futur
Le vent souffle et l’albizia se plie sous sa caresse virile
Le vent s’emballe et le palmier est un fruit défendu par l’aurore des moineaux
Le vent souffle et le pin aux tourterelles n’est qu’un phare à demi-mot
Le vent souffle et l’air est en moi comme un mot d’aujourd’hui
Un mot nouveau.

Carole Radureau (15/03/2019)

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Publié le 12 Mars 2019

Dame - Version bilingue

Dame tu ternura
Dame tu hombro para dejar mi sueño
Dame tu mirada de luna
Dame tu mano con tus dedos de cristal
Dame tu atención tu solicitación tu interés
Dame tus días y tus noches
En qué la luna fría no duerme
Dame tu poesía y tu hablar tu camino y tu caminar
Dame tu ser-mismo tu cuerpo tu boca de oro
Dame tu vida y las vidas anteriores

No lo sabes ?
En ti se encuentro todo esto
Mira por la ventana
La natureleza es cuerpo tuyo
Y en tu es la naturaleza
Tu naturaleza propia
No es otra
Es la tuya
No sabes qué la riqueza no se encuentra en otra parte
Qué lo que es en ti-mismo ?

Donne-moi

Donne-moi ta tendresse
Donne-moi ton épaule pour quitter mon rêve
Donne-moi ton regard lunaire
Donne-moi ta main avec tes doigts de cristal
Donne-moi ton attention ta sollicitation ton intérêt
Donne-moi tes jours et tes nuits
Où la lune froide ne dort pas
Donne-moi ta poésie et ton parler ton chemin et ton marcher
Donne-moi ton moi ton corps, ta bouche d'or
Donne-moi ta vie et tes vies antérieures.

Tu ne le sais pas ?
En toi se trouve tout cela
Regarde par la fenêtre
La nature est ton corps
Et en toi est la nature
Ta propre nature
Ce n'est pas une autre
C'est la tienne
Tu ne sais pas que la richesse ne se trouve pas ailleurs
Que ce qu'il y a en toi ?

Carole Radureau (12/03/2019)

« Rien ne peut menacer ce qui est véritable »

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Publié le 9 Mars 2019

La pierre de la pudeur

Prenant quand elles viennent
Les choses de chaque jour
N’attends que le fruit de ton cœur
Ta vérité sacrée.

Je saurais lire dans le marc de ta pierre
Ce que tu ne me dis pas
Je déchiffrerais les glyphes sucrés
De la pudeur en habit de timidité.

Tu sais le pétale a dans le cœur
Une attache infime qui brille qui étincelle
C’est un rayon pur qui s’offre malgré lui.

Rien n’est attendu tout est pressenti
C’est la joie pure du miel de la vie
Aimer l’autre plus que l’on s’aime soit
Ne pas oublier de s’aimer comme il se doit.

La pierre est une enseignante en choses du cœur
Elle n’a que les vertus que la poésie lui accorde
Dans la pudeur la pierre devine, la pierre sait
La poésie la lit l’interprète et l’honore.

Tu sais le pollen a fait sont lit dans mon cœur
Chaque jour il grandit de quelques centimètres
C’est pour atteindre quelque chose qui ne s’atteint pas
C’est pour étreindre une pensée.
Peut-être.

Carole Radureau (09/03/2019)

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Publié le 26 Janvier 2019

Bulle de savon

Comme une vague qui s’échoue
Avec fracas
Comme une tornade
Qui tourne et vire et vire
Comme un sempiternel tic-tac
Tapant dans la boîte
Se cognant dans les espaces libres
Rebondissant sur la volonté
Comme une envie de résister
Malsaine envie
Désir d’empiéter
De persister
D’insister
Comme une force encore vive
Qui jamais ne veut s’éteindre
Une racine pivotante
A la force pénétrante
Qui casse d’un coup sec
Si on l’extrait trop vite
Elle repousse en tant et tant
Et plus nombreuses sont les racines
Comme des dents démultipliées
Pour croquer encore croquer
Ce qu’il y a à croquer
Comme une plante invasive
Pour elle il ne semble pas exister de remède
Juste une bulle de savon
Qui éclate
Doucement
Quand tu fixes la lumière de ta conscience
Sur ce fléau :
La pensée compulsive.

Non, je ne veux pas penser sans cesse
Laissez-moi des plages désertes
Sur lesquelles j’aime entendre le bruit des vagues qui s’échouent
Laissez-moi un ciel dégagé
Dans lequel il n’y a rien à observer
Que la couleur et le sentiment
Laissez-moi l’espace
Avec toute sa sombritude
Ce noir dans lequel voyager
N’être rien
Etre libre
Comme un vaisseau débarrassé du temps
Comme un être débarrassé de son mental toxique
Comme une liberté enfin acquise.

Carole Radureau (26/01/2019)

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Publié le 8 Janvier 2018

Je ne peux pas vivre sans la poésie

Je ne peux pas vivre sans la poésie
Je ne peux pas lire vos phrases si
L’aile soyeuse et libérée du condor n’épouse pas la majuscule si
La fleur cendrée et parfumée de la nigelle
N’appuie pas le point

Je ne peux pas vivre sans l’étoile poétique accrochée
A mes rêves
Sans
La douce harmonie qui élève sa chanson
Dans la pantoufle et dans la poêle
Comme pour mimer un sens nouveau
Un sens nouveau à donner au sempiternel
Quotidien

Je ne peux pas vivre sans une touche de beauté
Un poil du pinceau coincé entre les canines du chat
Une eau parfumée à l’encens du rêve
Une encre qui se déguise chaque fois
Différemment

Je ne peux pas vivre sans la magie des mots
Sans leur espièglerie
Sans leur complicité
Si la poésie me perdait en chemin
Si la poésie m’oubliait
Un jour
Si la poésie décidait de dicter ses ordres
A une muse
Différente
La vie serait trop triste
La vie serait trop vide
La vie n’aurait plus de sens.

Carole Radureau (08/01/2018)

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Publié le 21 Décembre 2017

Cordillera de la sal, Chili- Par Danielxfer — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=43254068

Invitée du désert
Je discute avec le jasmin
Raisonne le laurier-rose qui voit
La politique partout
Un vent chaud souffle sur la couverture de la terre
C’est un papier d’aluminium propulsé
Par la chaude proposition du chalumeau
Qui le fait trembler
Furieusement
Comme le souffle du four sur la papillote
D’argent
Comme l’incertitude au-dessus de nos têtes
Tombe dans la tasse de thé
Qui fume encore l’encens de la lumière
Et cache
Soigneusement
Les débris du temps

Invitée des Andes
Je mets en place un orchestre
Particulier
Qui imite à la perfection
Le chant du printemps
Le glissement sournois du serpent
Les tambourinements de la tempête sur la cordillère
Et le long monologue du passereau
C’est ainsi que de flûte en fleurs
S’écrit le combat pour la terre
Avec des mots qui souvent ne suivent pas la norme
Avec des vœux qui souvent sont compliqués
Avec une volonté toujours énorme
Avec une tonne de simplicité

J’écrirais pour le désert le chant de l’espérance
J’écrirais pour le jasmin le discours de la volupté
J’écrirais pour le laurier-rose la parole ardente
J’écrirais pour la cordillère le cheminement calme et reposé
J’écrirais pour le thé un miel aux fleurs des Andes
J’écrirais pour le chalumeau un air tiède et doux
J’écrirais pour la feuille d’argent un drap de molène comme il faut
J’écrirais pour la couverture une partition inégalée
J’écrirais pour ceux qui luttent un poème puis un autre

Carole Radureau (21/12/2017)

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Publié le 1 Novembre 2017

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rose
aussi éclose que jaune au cœur
dans ses ailes en fleur
son rythme tonalité de vie et sans équivoque
jaune comme un canari
qui sans un bruit
prend son envol
rose
au sang de nacre
une veine qui aime la prose
plus que la rime
qui ne suppose jamais
qui est toujours certaine
de son choix

pierre
aussi douce
aussi ferme
aussi dure que l'écorce
portant les pas dirigeant les vies
pierre au cœur léger
quand se glisse dans un soupçon de soie
la rose
et son émoi
pierre au cœur lourd
quand le froid les premiers frimas
laissent sur le sol
congelé
des pétales d'âme jaune
chiffonnés brisés passés

dans une union parfaite
la fraîcheur a fait son lit
il n'y a pas de duo plus réussi
que la rose et la pierre
que la pierre et la rose
quand l'une disparaît
l'autre la suppose si fortement
qu'elle est immortelle
et sans jalousie aucune.

Carole Radureau (31/10/2017)

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