Publié le 31 Octobre 2021

 

Flamboie malgré la pluie

Flamboie malgré l’aurore

Et le chant lugubre de la nuit

Et le picotement rythmé du pic

 

Envoie par-delà les frontières

Des feuilles par la vérité écrites

Des paroles au sang de miel

L’histoire d’une lignée

 

Permets aux êtres de lumière

Permets aux korrigans, aux lucioles

De rompre la chaîne de la conscience

S’emparant les légendes à pleines mains

 

Ouvre les yeux des ignorants

Leur instillant à l’iris la miel

Et ce je ne sais quoi d’innocence

Adoucissant la proie aux calculs

 

Jaunis le ciel.

Sois prévenant.

Sur ton séant

Assis depuis si longtemps

Tes racines ont trempé dans l’ère des reproches

Qu’il faut à présent

Envoyer

Par-delà les monts, par-delà les sucs

Dans les brassées de genêts

Dans les citrouilles qui sourient sans leurs dents

Sur les tombes de ceux qui sont partis sans avoir tout dit.

 

Jaunis la terre.

Orange les mots de l’alerte au ton rouge.

Et si, malgré tout

Le message ne passe pas

Que la frontière l’arrête

Que l’être soit sourd, idiot ou débile

Rougis l’an prochain

Sors le message aux gros yeux

Qu’elle flamboie ta parure

Qu’elle en jette des flammes

Qu’elle éclabousse jusqu’à mille lieux :

Il faut que la terre à travers ton miel d’automne

Soit entendue

Il faut que l’arbre s’évertue en toute occasion

A crier sans se taire

A crier de tous ses yeux

 

Elle s’est emballée la nature

Et son messager prend froid.

 

Carole Radureau (31/10/2021)

 

Inspirée par cette photo de Serge

 

Le flamboyant

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème, #L'arbre qui fait parler de lui

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Publié le 30 Octobre 2021

 

Je ne dors pas, non,

Je veille

Et surveille l’averse qui vient

En ma cuna se déversent, les

Sœurs aux robes de merveilles qui

Luisent comme des étoiles en plein jour

 

Je me laisse doucement

Bercer

Non, je ne suis pas prisonnière

Le filet est mon ciel de lit

Ma petite évocation d’enfance :

Bercée par la légende de l’attrapeur de rêves

J’en ai fait ma feuille de route

Inconsciente

 

J’en ai presque terminé avec le cycle

Il n’y a pas de retour

Je suis née pour grandir je suis née

Pour satisfaire et puis si mon germe

Se prêtait à la terre

Je serais toute renaissance

 

Une fois attrapée comme un rêve

Mon rêve de plantation prend fin

Je serais transformée

C’est certain

En farine pour nourrir

Les faims de demain.

 

Carole Radureau (30/10/2021)

 

Inspirée par cette photo de Serge

 

La cuna

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème, #Dame châtaigne

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Publié le 29 Octobre 2021

…..écho de poète…..

 

(….) Je remets à la main suivante

La cruche de mon corps.

Buvez de l’homme qui s’avance

Depuis les cavernes

Jusqu’aux avenues,

Qui passe des arbres au cosmos (….)

 

Reynaldo Naranjo (Allégresses/Júbilos, 1968) traduction Claude Couffon

 

Je remets à la main suivante

La larme qui rebondit au clair de lune

D’avoir su déchiffrer le mystère des étoiles

 

Il n’y a pas de vérité

 

Depuis les cavernes, la main

A tourné tant de tours et les pas ont tourné

Dans tant d’ornières

Prisant le tabac de l’espace

Mangeant la soupe aux cailloux

 

Je remets aux pieds de la conscience

Le plat en argile de ma connaissance

Prisée par le rutilant des siècles

Massée par la consistance des sangs

Coulés en toute innocence, sans complexe

Des mains qui tiennent sans cesse des rênes dévoyés

De pouvoir et de haine

 

Je remets aux ventres de la destinée

Des bulles creuses ou gonflées d’importance

Comme autant de mains de faim, de satiété et d’espérance

Pour y arrimer l’égalité

 

Carole Radureau (29/10/2021)

Ci-dessous une photo de Serge pour illustrer ce texte

Buvez de l’homme qui s’avance

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème, #Echo de poète

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Publié le 28 Octobre 2021

 

Qui est la belle ?

Qui est la bête ?

C’est une question glissante

Voluptueuse

Noueuse

Comme un songe à croquer

Et la beauté dans son cornet de miracles

Avec son cœur avec ses rêves avec son porte-monnaie à gènes et à vertus

Que caresse la bête silencieuse, anguleuse, scrupuleuse, sans gêne, oui !

 

La belle est blanche et symbolise le luxe et la grâce !

La belle est longue, riche en anneaux et glisse comme une lettre à la poste !

La bête est blanche, grande ouverte et semble vouloir gober les étoiles

Toutes crues, sans farine ni trompette

La bête est qualifiée sans cesse de bête et fait peur à tout le monde

 

Pourtant l’une et l’autre sont la diversité

La précieuse et rare diversité endémique et sincère

Pourtant l’une et l’autre sont rares

D’autant plus précieuses

S’unissant entre désir et volupté

Entre jour et nuit

Etoiles et ténèbres

Pour fêter

Dignement

A leur façon

La beauté de la vie.

 

Carole Radureau (28/10/2021)

 

Inspirée de cette vidéo

 

Les 2 espèces rares qui vivent sur l’île de Kounashir en Russie

Magnolia hypoleuca, 1000 arbres en Russie

Le serpent elaphe quadrivirgata, amateur de sources géothermiques

 

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème

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Publié le 28 Octobre 2021

 

J’ai étendu mon sourire sur la dalle

Là où mon œil rieur épie l’onde forestière

Et où la mousse peu à peu

Envahit mon crâne

Telle une crinière

 

J’ai la révolution de mica au cœur

 

Chaque jour je multiplie les pierres

Au fond de ma demeure

Le mica veut tout envahir

 

Pourtant il m’a suffit de stopper

Ma carrière

Dans ce bois

De ligoter mes ailerons

De taire mes velléités carnassières

Pour d’un œil rond et

Sincère

Assoir ma retraite non dans l’amertume

 

J’ai la révolution du granite aux rêves

 

Et la canopée qui ne s’achève

Comme un trousseau d’algues desséchées

Une arête

Coincée entre deux crocs

Alors que mon rêve, est,

A toujours été

De rimer sur la dalle de granite

Comme un korrigan des mers

Invité par le pays des châtaignes

 

Et vous me piétinez marcheurs

Sans connaître mon histoire

Sans vous douter que sous vos pas

Ont vécu les souffrances des mers

Les tempêtes et les crises d’océanites

 

J’ai la mémoire longue des pierres

 

La mer m’a fait naître

La forêt me fait vivre

 

Et je songe à une autre vie

Coiffée de cette pierre

Avec des tresses de feldspath

Des tâches de mica sur les joues

Et du quartz transparent plein la glotte

Pour éluder la rime sincère

Ecrire des poèmes forestiers

A n’en plus finir.

 

Carole Radureau (28/10/2021)

 

Inspirée par cette photo de Serge

 

 

Orque minérale

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème, #Perles de granite

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Publié le 27 Octobre 2021

 

Je suis mort !

Et peut-être, vous ne me croirez pas.

 

Loin d’être couché

Sur le sol

Comme tout être mort

Ma nature à moi

Me conseille de rester debout

Face à l’adversité

Et voici mes bois

Fiers comme des andouillers

Qui propagent leur soie

Au-delà des frontières

Et l’on n'entend presque mon cri de rut

Rebondir sur des troncs

Pas très vivants, non plus,

Pas très vaillants, non plus,

Impermanence des choses

 

Je suis mort !

Et nul doute, vous pleurerez, l’apprenant

C’est que je n’y vais pas de main morte

Aussi crûment, l’annonçant

Ma vie était ce qu’elle fut

Et j’y croyais

Jusqu’à la fin

Seulement, moi, l’arbre, la fin

Je ne la savais pas possible

Aussi

Je ne m’en souciais pas

 

Pourtant ça me fait tout drôle

Ne plus sentir la fourmi dans mon tronc

Ne plus être admiré et choisi pour ma force

Par les oiseaux

Mon ego prend l’air

A présent je ne suis choisi

Qu’en perchoir

Comme un truc que l’on achète pour mettre dans une cage

Pour que la perruche se prenne pour une acrobate de cirque

 

Ça me fait bizarre

Le calme a envahi mon bois

Nul picotement arrive jusqu’à mes bois

Je ne suis même plus antenne

Je me laisse peu à peu envahir

Ah ! comme j’ai hâte qu’on me recouvre

De vert, vert comme je t’aime vert

Vert ramage, vert plumage, vert comme la vie

Vers qui je me tournais et qui m’a fui

Mais pourquoi donc ?

Mais pourquoi donc ?

 

Sortez de terre mes petits rejets

Que les larmes qui semblent encore vivantes

Dans l’extrémité de mes cernes

Ne jaillissent

Que d’écrire de vous écrire ainsi

Je me suis mis le bourdon

 

Je suis mort !

Disais-je

Vive moi !!

 

Carole Radureau (27/10/2021)

 

Inspirée par cette photo de Serge

 

 

Je suis mort ! Dit l’arbre

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème, #L'arbre qui fait parler de lui

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Publié le 26 Octobre 2021

La châtaigne

Dans le filet

A chu

Sans trébucher

Ni bosses

Ni bleus

Sur la peau luisante et

Veloutée

De la châtaigne

Si tôt

Pêchée

 

Il est là

Tendu

Détendu

Sans violence

Si ce n’est la théorie de la maille

Qui détaille à tout moment

L’élasticité de sa puissance

Il est là

Le filet

Prêt à s’étirer

Prêt à étourdir la châtaigne

Prise dans son rets

Son évidence

Mais elle est prisonnière

Celui-ci ce n’est pas un berceau

Mais un attrapeur

Non pas de rêves si tant est que la châtaigne

En sa chair

En est un concentré

 

Nul espoir pour elle

De toucher la terre

Ferme et douce avec son entrefilet

De vie et de songes

Avec sa dialectique

Nul espoir pour elle

D’entendre

L’oreille

Postée sur le ventre de la terre-mère

Son étourdissant borborygme

Le filet a tout pris

 

La dame châtaigne

Son rêve

Et son fruit.

 

Carole Radureau (26/10/2021)

 

Inspirée par cette photo de Serge

 

La pêche à la châtaigne

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème

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Publié le 25 Octobre 2021

 

Penchées sur le berceau de la vie, les pierres

Ces fées minérales convoquées

Sont comme des dents qui sourient sur une langue

 

Cette nacelle de la naissance

Là où un tout petit prend l’air

Qui le portera quoi qu’il en soit

Tant qu’il en soit

 

Les pierres ?

Mais ce sont elles nos marraines !

 

Qu’elles soient par la nature

Pressées

Ou par la main de l’homme

Arrangées

Dans un ordre que seul l’homme connaît

Dont la pierre se soumet

De bonne grâce

 

Parfois cela n’empêche pas les pierres de sourire

De ce petit sourire que l’on nomme ici, rictus

Qui veut dire : voyez quelle innocence est la leur

Aux hommes prêts à gober la lune

Toute crue

Sans sel

Ni béchamel

A la croque-dure

 

Penchées sur le berceau de la vie, les pierres

Se posent des questions

Parfois leurs expressions sur leurs joues

Restent figées

Et l’homme leur prête des noms

C’est encore un gobe-lune de l’homme que cela

Quelle naïveté !

Comme si les pierres pensaient, avaient des joues,

Des dents, des idées à partager, des critiques à faire !!

 

Cela n’empêche que la plume se sent prête à gravir

L’échelon de pierre des ans

A y laisser quelques grammes de chair histoire de déposer ses marques

La plume est prête à écrire selon le vent bon

Le vent mauvais et les pierres savent très justement

Combien de vents mauvais existent

Précisément

 

Il faudrait se rendre sur le berceau de la vie

Là où les pierres sourient

Se tapir dans ce nid

Relever la tête, doucement

Leur demander aux pierres nos sœurs, nos mères

Nos aïeules récompensées par le fruit du granite et l’à-propos du calcaire

Combien sont les vents, pierres, combien sont-ils furieux

Combien compatissants combien arrangeants ?

 

J’aimerais le savoir.

 

Non pas pour les combattre, les valeureux.

 

Non. Pour m’organiser.

 

Que mon organisme tienne compte du flux à venir

Se ménage

Se fortifie

Afin de ne pas laisser aux vents

La petite pierre ratatinée et trop caressée

De la vie.

 

Carole Radureau (25/10/2021)

 

Inspirée par cette photo de Serge

 

Penchées sur le berceau de la vie

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème, #Berceau de pierre

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Publié le 24 Octobre 2021

 

J’ai ouvert ma bouche

Sur la tendresse de l’air

Et nulle dent pour croquer

Juste le fruit

Né de la passion d’Eros

Et qui

Sous sa flèche

A gardé le piquant

 

J’ai fait blondir ma perruque

Juste à point pour écarter les yeux

Vous ne devinez pas la grâce

De ma naissance

 

Bien serrés mes fruits se lovent

Dans le porte-monnaie de l’évidence

Et leur velours de châtaignée

S’est paré

Et de vernis naturel leur peau

S’est doté comme pour signifier aux êtres :

Nous sommes les fruits du soleil.

 

Carole Radureau (24/10/2021)

 

Inspirée par cette superbe photo de Serge

Châtaignée

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème

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Publié le 23 Octobre 2021

Par JJ Harrison (https://www.jjharrison.com.au/) — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26043572

Par JJ Harrison (https://www.jjharrison.com.au/) — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26043572

J’ai oublié la suie dit-il

Sinon le suint du propos

Pour à la soie rouge

Me consacrer

Je n’ai pas le monopole des sens

 

J’ai oublié que le noir est seyant

Que le kaki est confondant

Et que le gris s’anthracite

Pour préférer la palette du peintre

Une à une mes plumes dans la palette

Sont tombées comme des à propos

 

Si la parure est seyante

Si les couleurs vous semblent lumineuses

Si j’ai l’air d’un arc-en-ciel volant

Ma dame à moi est comme il se doit

Plus classique

Il n’empêche

Lorsque ma dulcinée pose son plumetis de camouflage

Dans un arbuste aux parures d’ors et de nacres

Elle aussi resplendit

Et elle me plaît à moi

Fils de palette

 

J’ai oublié la suie

Pour à la suite

Me consacrer

Je n’ai pas le monopole des ans

 

En fils de troubadour

Mes jours

Je veux terminer

Pour la nature, haut et fort

Chanter comme chante

Ma glotte dans les moments chauds

De mon existence.

 

Carole Radureau (23/10/2021)

 

Souimanga de Gould (aethopyga gouldiae)

 

Madame Par Jason Thompson — Flickr: Mrs Gould's Sunbird (Female), CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=30815863

Madame Par Jason Thompson — Flickr: Mrs Gould's Sunbird (Female), CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=30815863

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème, #Oiseaux muses

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