dits de l'eau

Publié le 17 Avril 2021

 

Sialinette petite musette

Ton doux chuchotis a ravi mon ouïe

Je dis ton nom- comme une chansonnette

De suite mon cœur oublie d’être petit

 

Sialinette sage ruisseau en jupette

J’ai vu dans ta gorge dame fougère

Entendu l’oiseau qui chante à tue-tête

Comme il est doux ton cours au mystère

 

Sialinette dame rimette

Te voir te deviner c’est te chanter

On a tour à tour un désir de musette

Quand tu nous prends par les sentiments.

 

Carole Radureau (17/04/2021)

 

L'envie de rimer avec dame Sialinette

 

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Dits de l'eau

Repost0

Publié le 16 Avril 2021

……dits de l’eau…..

 

Dans un espace calme et plat

La source de la profondeur

Un long sifflement vert

Comme une continuité

 

Laissant sinuer et caresser mes galets

Tricoter les queues des poissons en spirale

Ce ne sont pas les Rios profundos

Juste une petite rivière ardéchoise

 

Magie qui écrit sur le limon subtil

Quelques messages que lisent les grenouilles

Les menthes ont le pouvoir précieux

De divination

 

Musique qui est un chant que dis-je une chorale

L’été dans la torpeur de la canicule

C’est un chant balbutiant mais présent

Comme une complainte

 

Sur moi le temps s’arrête comme dans une gare

Je suis intemporelle je ne suis pas mortelle

Il y a en moi un désir bien plus grand

Que toutes les prévisions

 

Un espace comme un long ruban préservé

Ici la nature est intacte

Non souillée par les nuées de touristes

Peut-être que les loutres voudront bien de moi

Un jour pour s’éclabousser de mon eau ?

 

Carole Radureau (15/04/2021)

 

…..poésie d’avril 2021….

…..pas un jour sans poème…..

Et c'est avec ce petit chuchotement de la Sialinette que je termine cette semaine d'avril consacrée à l'eau douce. Et c'est avec ce petit chuchotement d'eau douce de la Sialinette que je rebondis pour attaquer la 3e semaine d'avril avec une série plus "eau salée" intitulée "Eau de mer".

16. Dits de la Sialinette

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème, #à la petite semaine, #Dits de l'eau

Repost0

Publié le 15 Avril 2021

Chutes d'Iguazu depuis le Brésil  en décembre 2007 Par Martin St-Amant (S23678) — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3945246

Chutes d'Iguazu depuis le Brésil en décembre 2007 Par Martin St-Amant (S23678) — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3945246

 

…..dits de l’eau….

 

Peu à peu s’égouttent les minéralités

Un robinet coupé en amont des rêves

Le martinet qui s’ébroue a le feu aux joues

Son miroir d’eau n’étincelle qu’à moitié.

 

Pourquoi avez-vous coupé l’eau

Disent des milliers d’oiseaux ?

Et les poissons répondent d’une voix échauffée :

Ya ka fo kon !

 

C’est une géographie qui s’étend

Mollement

Au son sec et vif des borborygmes

Un univers aquatique dans lequel ne vivent pas

Que des êtres animés.

 

Tout ceci qui s’agite qui gicle qui brasse

Qui s’égosille à qui mieux-mieux

Comme pour dire sa présence

Sa beauté prodigieuse

Son éclat impermanent ne serait-il pas évident ?

 

La pierre se dit pour toujours je serais pierre et forte

L’eau ne se sait pas si forte

Elle a parfois de ces élans foudroyants

Craints et portés par une furie qu’elle ne contrôle plus

Pourtant l’eau se sait perdue

Elle le sait ne me demandez pas comment

Sans doute une fée à son oreille liquide

A murmuré sa sentence sur un ton doucereux

L’eau en a pleuré jusqu’à plus soif

Son cœur s’est asséché.

 

Carole Radureau (15/04/2021)

 

……poésie d’avril 2021…..

……pas un jour sans poème…..

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème, #à la petite semaine, #Dits de l'eau

Repost0

Publié le 14 Avril 2021

Glacier Perito Moreno, patagonie argentine, ici en 2010 (cliquer pour agrandir l'image) Par Martin St-Amant (S23678) — Travail personnel (Martin St-Amant), CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11863272

Glacier Perito Moreno, patagonie argentine, ici en 2010 (cliquer pour agrandir l'image) Par Martin St-Amant (S23678) — Travail personnel (Martin St-Amant), CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11863272

 

….dits de l’eau…..

 

Il a laissé choir dans l’eau

Son bouquet bleu

Oh ! il ne l’a pas rattrapé !

C’est comme des pleurs trop longtemps contenus

Qui tombent comme on en pleut plus

Cette lueur aigue marine

Cette splendeur comme une nappe glacée

Posée sur un monde en suspens

Et ça fait des vagues de grands remous

Ça bout là-dessous et l’on n’en sait peu

Car peu à peu il recule le glacier

Qui s’achève et maintenant

On peut poser le pied sur la pierre

Pour aller le saluer

Et ils viennent, tous ces touristes

Comme pour admirer ce nouveau vestige

C’est encore un zoo à ciel ouvert dans lequel

Admirer la misère

Qui s’achève

Les chefs d’œuvre en péril

Ça fait froid dans le dos ! disent-ils

Vraiment il recule, il recule vraiment

Avant on le commençait ici

Combien perd-t-il chaque année ?

Et voilà toute cette belle eau perdue

Toute cette révolution

Mais le bateau et son carburant ?

Mais le touriste qui a pris l’avion ?

Mais le pied sur la masse posée ?

Combien dites-vous de visiteurs par an

Pour voir le vieux glacier dinosaure ?

C’est un musée à interdire aux visiteurs

Juste des scientifiques, ils observent

Ils jugent, jaugent nous envoient les images

Cela suffit, cela suffit

Il faut fermer quelque part

Depuis nos géographies les robinets qui achèvent

Ces glaciers

Il faut arrêter le massacre

Assister à la mort annoncée

Ne fait pas des observateurs des saints.

 

Carole Radureau (13/04/2021)

 

……poésie d’avril 2021….

……pas un jour sans poème…..

 

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème, #à la petite semaine, #Dits de l'eau

Repost0

Publié le 13 Avril 2021

 

image du Doubs

 

.........dits de l'eau.....

Depuis des siècles, elle chantait

Sa chanson liquide voluptueuse et sincère

Non, elle n’avait pas été étudiée encore par l’ethnomusicologie

Son air à elle, a aucun dogme ou parti

N’était attaché.

 

C’était un air entraînant au petit matin

Comme lorsque l’on se lève pour une nouvelle journée

Avec une petite pêche bien prospère, vous savez

Comme celle que fait le talentueux Martin.

 

Vers le midi la chanson prenait un son glougloutant

Comme des boyaux réclamant leur pitance

C’est que la rivière avait pris le coup de sauter au-dessus des pierres

Le ventre creux, parfois elle se ramassait :

Le chant de la rivière qui s’étale sur la pierre

Faisait rire les grenouilles et pleurer les hirondelles.

 

Puis s’en venait la berceuse liquide de la sieste

Une pause en cachette entre deux bouquets de menthe et 3 iris d’eau

Quelle belle sieste aquatique le nez entre le parfum et l’abondance !

Elle avait envie d’y rester, interrompre un peu son cours

Juste le temps de profiter, de taper une petite belote avec les loutres

De jouer aux dominos avec les crapauds.

 

Le devoir l’a menait malgré elle par le bout de son nez

Un nez sempiternellement long si bien que

Elle-même ne savait pas jusqu’où il allait

Le soir arrivait vite : un soir de rivière.

 

Sur les rives des badauds, des pêcheurs à la ligne

Au loin le soleil qui voulait se coucher

Juste, vraiment, juste sur elle, sur son ciel de lit

Là, la rivière chantait une balade triste et romantique

Avec de gros glouglous

Sanglots de velours.

 

Sangles de vérité, mangles d’argent liquide, ensanglantée.

 

La rivière a pour toute ceinture un os compressé par la sécheresse

De ses yeux, de ses chers trous d’eau

Il n’y reste que quelques messages boueux

Finis les glouglous équivoques

La boue c’est déjà ça se dit dame rivière

Pour reconstruire des êtres car il parait, selon les légendes

Qu’ils furent pétris d’elle ainsi.

 

Elle, elle se désole, elle n’a plus une larme

Car, même cela, on ne lui a pas permis

Les poissons se retournent comme des crêpes

Elle voudrait, les voyants

Leur tendre un bras

Ce bras si cher, si tendrement porté chantant à tue-tête des sérénades aux anges

Elle voudrait leur dire : courage !

Nous retaperons bientôt un petit 4.2.1 autour de la pierre sacrée

Et le verre de pastis en prime.

 

Il faut bien l’accepter ce sort, ce sortilège, ce maudit coup du sort

Comme une boule dans la gorge

Il y reste quand même un caillou

Il n’a pas eu le temps d’arrondir son propos

Il fait mal, il blesse,

La glotte de la rivière hoquète, succombe

Son chant n’est plus qu’un râle,

Ce n’est pas un râle des genêts

Non, ils n’existent déjà plus

C’est un râle de mourante,

Un râle qui n’en peut plus.

 

Pas de colère ni de désespoir juste un au revoir

Un adagio de la rivière morte

Sur laquelle viendront glouglouter sévère

Avec un grincement de dents

Les pierres de feu son lit,

sans liquide pour pouvoir se les laver.

 

Carole Radureau (12/04/2021)

 

……poésie d’avril 2021….

…..pas un jour sans poème……

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème, #à la petite semaine, #Dits de l'eau

Repost0