aragonite

Publié le 12 Juin 2021

......écho de poète.....

Le caillou c’est le caillou, et l’étoile c’est l’étoile.
mais quand je prends le caillou dans ma main et le
serre et le jette et qu’à nouveau je le ramasse…..Quand je le
passe et repasse entre mes doigts…..l’étoile c’est l’étoile, mais
le caillou est à moi….
Et je l’aime !

Dulce María Loynaz, Poèmes sans nom XXI, traduction Claude Couffon

Le caillou est à moi

Mais sa voix

C’est la voix cassée de l’étoile

qui a trop crié son nom au vent

Mais son sang de caillou

C’est une pierre précieuse

qui peine à ne pas être arrachée

Mais sa chair est dure quand elle

voudrait

être tendre

Et son cœur est intermittent

alors qu’il le voudrait joyeux

 

Le caillou est le sosie de l’étoile

Comment ne l’avions-nous pas deviné

C’est une pulsation de rêves

Un départ annoncé

 

Je l’aime le caillou

Non pas parce qu’il est à moi

Mais parce qu’il Est

Je l’aime l’étoile

Non pas parce qu’elle n’est pas à moi

Mais parce qu’elle Est

Que son sang bat dans nos veines

Que sans elle il n’y aurait pas de caillou

Ni de mains pour le tenir.

 

Carole Radureau (12/06/2021)

 

Le caillou c’est le caillou – Dulce María Loynaz

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Publié le 6 Juin 2021

A la flamme du maintenant. Regino Pedroso

.......écho de poète......

A la flamme du maintenant
Je concocte impatient la chanson de demain :
Je veux aspirer fort cette nouvelle époque
Dans ma grosse pipe de jade.
Curieuse, l’inquiétude a chassé le sommeil de mes yeux obliques.
Et pour sonder plus à fond l’horizon,
Je saute sur la vieille muraille du passé….
J’étais jusqu’à ces jours cérémonieux et pacifique !

Regino Pedroso (Pensées du nouvel étudiant) traduction de Claude Couffon

A la flamme du maintenant

J’évite la rosée car ses gouttelettes trop tendres

Parfois m’endorment

 

Je siffle une chanson fausse sur une aire d’autrefois

Qui avait vaincu à la force des tempes

Les nuisances ténébreuses

 

Il n’est pas trop tard pour y croire encore

Même si quelque chose a changé et cela n’a rien à voir avec l’âge

Il y a des connaissances qui semblent intéresser chaque composante

De ce monde qui part à la dérive

Mais le sang qui bat dans les tempes

Est un verre qui ne veut pas tomber ivre

 

La réalité est un sang neuf jamais éprouvé

Lorsqu’il coule de toute sa virginité dans la rue

C’est un sang cru

Il faut reconnaître son sacrifice

Se dire que celui-ci aurait pu être évité

 

Et la paix et l’amour et l’égalité et la justice

Ne se gagnent pas dans une cour d’opérette

Dommage !!

 

Il serait bien sage et à-propos

Que les gardiens du temple se laissent amadouer

Par Julio ou Chanteclerc

Avec une larme aux yeux

 

Ils sont des gardiens que rien n’arrête

Surtout pas ce qui sent très fort

Car hélas sans compassion je le dis haut et fort

L’odeur nauséabonde est leur vertu

 

Et chaque jour je parle des roses

Je parle des fleurs

J’admire les tapis et compose une mélodie

Propre au merle sans souci et pourtant plein de soucis

 

Ne me dites pas que je n’ai pas parlé des fleurs

La chanson à moi, très connue appréciée et perçue

Comme il se doit comme une évocation

 

Je singe la rose dans sa petite tenue

Et mon esprit s’évade près du peuple péruvien

Qui risque gros car il risque gros

Surtout les peuples indigènes, le peuple d’en-bas

Et notre chère Amazonie

 

Je récite la rose dans sa grande garde-robe

Et mon âme pleure avec les victimes tombées sur les barricades

De l’honneur et de la dignité en Colombie

 

Et je souris à l’idée que les peuples chiliens

Pourraient débouler dans un jeu de quilles

Avec tout le poids de leurs traditions

Tout le poids de leur sagesse

Et leurs belles pensées

 

Quand la rose fleurit

L’étendard des luttes brille à travers elle

Et dans son cœur des milliers de lueurs

S’envolent telles des pensées aux ailes d’amour.

 

Carole Radureau (06/06/2021)

 

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Lance-pierre, #Aragonite, #Echo de poète, #Pas un jour sans poème

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Publié le 19 Mai 2021

Cordillère Royale Bolivie By LBM1948 - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=65883042

Cordillère Royale Bolivie By LBM1948 - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=65883042

……écho de poète……

(….) Je naquis de l’enfantement de l’or
De la tourmente verte.
Il ne me manque ni le fouet de la foudre
Ni les rênes du vent,
Pour être le cavalier de l’aurore
Avec mon poncho de nuages
Et la guitare de cristal du fleuve
Sur les larges épaules de l’infini (….)

Raúl Otero Reiche, Chant à l’homme de la forêt (Canto al hombre de la selva) traduction Nicole Priollaud

J’ai parcouru l’âme entière de la cordillère

Suivant le sillon du condor

Et semé mes graines légères

A la volée du temps.

 

D’un nuage je dicte au vent ma leçon

C’est l’adéquation des verbes

La fusée du printemps rime en principe

La décision ultime.

 

Avec le sang de la selva j’écrirai le grand livre du monde

Puisant de l’encre dans celle venimeuse d’une minuscule grenouille

C’est poison et toxique la magie tellurique de la terre

Il convient de laisser

Rangées les choses

De savoir ne pas les exploiter

 

Je réciterai le serment sur le cerro de nuage

Détricotant les habitudes et brisant les compulsions

Rien qui ne soit simple vie à sa place dans ce monde

Immatériel

Rien qui ne soit beauté quand on a, au lever du jour

Le sourire de beauté en vue.

 

Carole Radureau (19/05/2021)

 

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème, #Aragonite, #Echo de poète

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Publié le 17 Mai 2021

…….écho de poète……

(…..) Alberti,
que tes eaux soient pures
dans ton ciel, que ta
pluie tombe doucement
aujourd'hui sur ma
poitrine,
que ton ciel pleuve fertile
en Espagne,
que ta voix soit entendue en Amérique,
et sur terre donne ses
fruits, des fleurs dans les océans,
sème des arbres chez les
hommes. Remplisse de fleurs
ce monde. (….)

Javier Heraud Poème à Rafael Alberti

http://cocomagnanville.over-blog.com/2021/05/poeme-a-rafael-alberti-de-javier-heraud.html

Du guérillero au marinero

La parole portée

Soufflée au gré du vent

Tamisée

Restée pure

Comme un géranium érigé sur le monde.

Dans la selva

Pieds dans la boue

Quand l’adversité est derrière chaque tronc

Si la lutte est au diapason

Jamais le poète n’oublie qu’il est poète

Et sur la mer

Dans le cri de l’exil

Récoltant sur la plage les larmes

De l’Espagne en sang

Le poète est un songe de nacre

Pour écrire sur les bannières le mot

LIBERTE

 

Il n’y a pas de règle

Il y a la beauté née de certaines valeurs

Dans l’écume et le chant des sirènes

Dans la volonté sacrée de changer l’ordre des choses

Peu importe le chemin que tu prends, poète

La rose de ton cœur connaît ce chemin

Parfois tu meurs la rose de la poésie en main

Des aiguillons plein les paumes

Parfois ton exil est un aiguillon profondément

Planté dans une aile de ton cœur

Il te faut attendre

Le moment

Ce moment qui viendra un jour, on ne sait quand

Aurais-je le temps te dis-tu

Mais le temps est têtu

Et la camaraderie a porté bien haut

La parole pensée

Tes bouquets d’amitié et de solidarité

Jusqu’au-delà des océans

 

Et le poète guérillero a chu

Brisé dans le vol souple de son âge tendre

Les balles dum-dum l’ont envoyé

Côtoyer les muses des anges

Avec la force de cette furie

Destructrice de la haine et de la peur.

 

Y-a-t’il des fleurs dans ton poemario de l’au-delà

Pour nous les envoyer au semblant des vagues

Sur le lit bienheureux de Rafael

Et des autres poètes de la vérité chantée ?

 

Je voudrais que l’onde tisse sa toile d’énergie

Dans laquelle

Se prendraient

Au vent dans ses petites serres collantes

Vos mots, poètes de mes faveurs.

 

On puise en vous ce que vous avez voulu donner

Soyez sûrs que chaque mot vaut son pesant

Qu’elle est belle la poésie que nous perpétuons

Par vous, de vous, au-delà de vous

De chaque fleur de vos rimes

Naissent des révolutions.

 

Carole Radureau (17/05/2021)

 

Du guérillero au marinero. Javier Heraud

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 9 Avril 2021

Aconcagua Par François Bianco — Aconcagua reflexion, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49260690

Aconcagua Par François Bianco — Aconcagua reflexion, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49260690

Echo de poète

Je me souviens des gestes
et c’était pour me donner de l’eau.
Dans la vallée du Rio Blanco,
où prend naissance l’Aconcagua, je vins boire,
je bondis boire dans le fouet d’une cascade,
qui tombait chevelue et dure et se rompait rigide et blanche.
Je collai ma bouche aux remous, et cette eau sainte me brûlait,
trois jours durant ma bouche saigna de cette gorgée d’Aconcagua (….)
"Boire", de Gabriela Mistral, extrait du recueil D'amour et de désolation, traduit de l’espagnol par Claude Couffon (ELA/La Différence 1988)

Et c’est ainsi que saigne le corps

Qui reçoit la douce source de la vie

Quand elle jaillit de ce long parcours

Elle a reçu en elle tant de promesses minérales

Tant de feu et d’ardeur

La tête nous tourne de toutes ces pierres qui se sont

Moulues jusqu’à plus faim

Pour se fondre dans l’eau qui désaltère

Mais la matière jamais ne se perd

Tout est recyclé

Et quand la brûlure de la terre en toi

Se fait plus forte c’est que

De sa manière forte elle crie

De tous ses yeux d’eau sacrée :

Elle a compris le message de la rareté.

Carole Radureau (09/04/2021)

 

……poésie d’avril 2021….

…..pas un jour sans poème……

C'est avec ce poème-passerelle de Gabriela que je termine cette (longue) première semaine d'avril consacrée à l'Echo des poètes (j'y reviendrais certainement dans quelques mois). Ce poème nous ouvre les bras de mon prochain thème, un thème qui me tient à coeur car il me semble de grande urgence et de grande importance puisque vital, l'étau se resserre comme un goulet sur son filet : l'eau.

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 7 Avril 2021

7. Nous rebâtirons – Jacques Roumain

(…..) écho de poète

Mineur des Asturies mineur nègre de Johannesburg métallo
de Krupp dur paysan de Castille vigneron de Sicile paria
des Indes
(je franchis ton seuil – réprouvé
je prends ta main dans ma main – intouchable)
garde rouge de la Chine soviétique ouvrier allemand de la
prison de Moabit indio des Amériques

Nous rebâtirons
Copan
Palenque
et les Tiahuanacos socialistes

Ouvrier blanc de Détroit péon noir d’Alabama
peuple innombrable des galères capitalistes
le destin nous dresse épaule contre épaule
et reniant l’antique maléfice des tabous du sang
nous foulons les décombres de nos solitudes
(….)
Jacques Roumain, Bois d’ébène : Prélude

Nous rebâtirons des édifices nouveaux dont

Les bases auront la saveur de la solidarité

Sur chaque marche chaque pas

Posé

Sera le pas qui ne se sait pas seul

Nous connaîtrons le travail collectif celui qui porte le nom

De Minga

Car c’est main dans la main que l’homme construit

Habite vit et sème

Aucun de nous ne sera laissé sur le bas côté

Exclu

Miséreux sans pain et sans eau

Veuve ou orphelin

Rien n’est écrit dans les manuscrits du monde originel

Sur le fait d’exclure et d’abandonner

Nous serons forts car unis nous serons

Nous ne serons pas violents, non, car

La violence ne sert qu’à renforcer l’adversité

Il est une paix qui peut s’inviter dans nos cœurs et nos vies

En construisant allant de l’avant dans l’unité

Sans se soucier du vent mauvais

La ligne de conduite la vérité

Nous serons forts car autonomes nous aurons su garder la terre

Garder l’air garder l’eau garder la vie sauvage

Et le tout en grande pureté

Nous serons forts car nous serons bien démarqués

N’attendant plus rien de ce monde qui nous écrase nous pille nous ploie nous brise

Et nous ronge comme un acier perdu

Il faudra du temps mais reconstruire n’est jamais rapide

Il faudra convaincre et pour se faire il faudra un argument d’amour

De tendresse et de compassion

Il faudra établir des bases élastiques et sincères

Des bases toutes ancrées sur le respect

De la terre-mère des droits humains de l’organisation collective

Il n’y a pas besoin de grandes terres encore sauvages pour construire une autonomie

Celle-ci peut s’établir dans l’atelier dans le quartier dans le village dans tout espace

Suffit de personnes volontaires et unies

Pour que les mains se serrent et se mettent en chœur au boulot

Et dans cette unité nulle couleur de peau nulle origine ne sera écartée

Car un frère est un frère une sœur est une sœur

Dans nos veines coule un sang de même couleur

Nos différences sont nos forces et découvrir nos différences

C’est découvrir les grandes richesses culturelles du monde

Qui dit que celui-ci vaut plus que celui-là ?

Qui se sent supérieur parce que sa peau est blanche ?

Il y a des cœurs qui s’affolent dans chaque corps humain et la

Souffrance porte toujours le même étendard le sien

La mort est une mise à égalité suprême

Ce n’est pas dur de marcher frères et sœurs main dans la main

Quand on laisse de côté son ego ce frein, son dogme ce frein,

Que l’on voit à côté de nous l’être humain.

L’utopie est un rêve qui jamais ne s’achève

Pourtant le chaos devrait faire réfléchir car il urge

De construire et bâtir les solidarités

Je sais qu’en ce monde de bonnes gens ont un cœur

Unissant ces cœurs nous formerons un édifice de grandeur et de paix.

Carole Radureau (07/04/2021)

 

…….poésie d’avril 2021…

……pas un jour sans poème…….

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 4 Avril 2021

4. Un soleil bien coiffé – Aris Alexandrou

Echo de poète

(….)
2. le vent souffle,
Un vent devenu séchoir rouillé.
De la guérite
Sortira un soleil
Bien coiffé.

Par n’importe quel moyen
Tâche de conserver toutes tes mains.
Même si l’iode et la nudité te démangent.
Avec leurs plaies béantes
Au bout des doigts
Presse-les
Sur l’empreinte du monde.
(….)

Aris Alexandrou, Sténographie du no man’s land in L’amertume et la pierre, poètes au camp de Makronissos 1947-1951, traduction Pascal Neveu

La fin du soleil
Est proche
Tout bien coiffé qu’il est
Quand la mort
Sort
Son képi sur la tête.

Séchant tout ce qui devait
L’être
Le vent
Prend le tournant
Dérapant sur les pierres
Rouillées.

L’empreinte du monde
Souillée maintes fois
Maintes fois souillée
Evite-les ou évite-les
Sur la pierre plate et pure
Pose ton pied
Sur la pierre ronde et lisse
Pose ta main
La ligne d’horizon est une
Empreinte tombée à l’eau
La pierre à retourner
Au besoin
Pour voir une autre face.

Carole Radureau (04/04/2021)

……poésie d’avril 2021….
……pas un jour sans poème……

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Publié le 2 Avril 2021

Echo de poète

 

On dit que l'ombre de mon peuple tremble ;
elle tremble parce qu'elle a touché l'ombre triste des cœurs
des femmes.
Ne tremble pas, douleur, douleur !
L'ombre des condors arrive !
- Pourquoi l'ombre vient-elle ?
Est-ce que cela vient au nom des montagnes sacrées
ou au nom du sang de Jésus ?
-Ne tremble pas, ne tremble pas ;
ce n'est pas du sang, ce ne sont pas des montagnes ;
c'est l'éclat du soleil qui vient dans les plumes des condors.
-J'ai peur, mon père.
Le soleil brûle ; il brûle le bétail ; il brûle les champs.
On dit que dans les collines lointaines
que dans les forêts infinies,
un serpent affamé,
une déesse serpent, fils du Soleil, dorée,
est à la recherche d'hommes.
-Ce n'est pas le Soleil, c'est le cœur du Soleil,
son rayonnement,
sa puissance, son rayonnement joyeux,
qui vient dans l'ombre des yeux des condors.
Ce n'est pas le Soleil, c'est une lumière.
Lève-toi, lève-toi ; reçois cet œil sans limites !
Tremble avec sa lumière ;
secoue-toi comme les arbres de la grande selva,
commence à crier.
Formez une ombre, hommes, hommes de mon peuple ;
tous ensemble
tremblez avec la lumière qui vient.
Buvez le sang doré du dieu serpent.
Le sang brûlant atteint l'œil des condors,
charge les cieux, les fait danser,
se détacher et accoucher, créer.
Te créer, mon père, la vie ;
homme, mon prochain, mon aimé.

 

José María Arguedas, Katatay traduction carolita

 

Te créer vie, accoucher et boire dans ta source

La lie de vie

La véritable semence

Le condor a ravi l’ombre de la désespérance et son

Œil a le reflet des ères sombres

Il a peur aussi le soleil quand il voit en bas

Le monde s’entre-déchirer

Les forêts se faire tuer comme de simples soldats de plomb

Les eaux être souillées comme des sanitaires

Te créer beauté, te sortir et te hisser de nos âmes

Claires

En se servant s’il le faut d’un  forceps à beauté

Te disséminer te faire voler avec la grâce du prince condor

Te répandre grâce à la grâce du prince colibri

Te faire resplendir en irradiant du sourire du soleil,

Conquis

Te rendre fruit grâce à lui grâce au travail des hommes

A vos place, chers hommes qui poursuivez vos efforts

Pour la vie pour la pérennité pour la dignité

Reconquérant la confiance du soleil

Reconquérant la dignité de l’aube

Reconquérant la place première, l’unité

La vérité au cœur de la matière

Le grand respect non la plainte du cœur.

 

Carole Radureau (02/04/2021)

 

……poésie d’avril 2021….

…….pas un jour sans poème……

 

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Publié le 1 Avril 2021

…..écho de poète……

 

 

Jiri Orten poète juif de langue tchèque, renversé et tué par une ambulance allemande sur un quai de Prague le 30 août 1941, le jour de son 22e anniversaire.

Orten est un pèlerin pragois. Frantisek Halas le dit : « Amour, pureté et compassion étaient toute la richesse de son balluchon de pèlerin et de poète en route vers le froid. Ainsi chargé il faisait halte au-delà de la porte de l’angoisse et des failles de la nuit ».

Lui-même est conscient de son rôle de pèlerin qui ne peut rien changer au monde ; il sait qu’il est un témoin : « Je ne suis né sur cette terre que pour témoigner ».

Dans Dernière poésie (1940) il s’accuse :

« Je suis coupable de l’odeur odorante,

 Vain désir d’un père,

Des vers, oui, je le sais, de l’amour perdu,

De la pudeur et du silence et de ce monde de misères,

Du ciel et du Dieu sévère qui a raccourci mes jours

En un paradis, mort, sur terre –« 

Dans cette situation, écrire des poésies signifiait pour Orten, respirer.

Seule la poésie écrite au jour le jour, lui a permis de ne pas sombrer dans le désespoir.

La poésie qui naissait en lui comme un flux mélodique, bien que non exempte d’artifices et de ruses d’écriture était pour lui l’unique défense possible dans une existence menacée, et en même temps un remède contre la perte de la liberté.

Déjà en 1938, il avait écrit à Halas : « Je veux être poète de tout mon cœur et plus encore, je veux mourir pour cela. »

Durant les 3 ans de persécution de double extranéité de pèlerin pragois et de Juif sans patrie, l’attachement d’Orten à « cette chose qu’on appelle poésie » se fait plus acharné, et il surmonte le vide de ses années infâmes avec une sorte de fureur poétique.

« Cela seul est mon monde, mon espérance, ma foi : écrire, écrire, écrire, jusqu’au terme suprême. »

Le pèlerin sait bien que cela n’y changera rien, car la poésie n’est pas l’ellébore qui guérit la folie car tout est prédestiné et immuable :

«  La pierre fut donnée/la pierre fut donnée ! »

Il faut malgré tout adhérer à son propre destin, louvoyer dans les méandres de l’absurde en trouvant en soi le salut, donner un sens à ce qui est le plus désespéré.

Il faut s’accomplir totalement, être, avant qu’on ne vienne vous chercher.

 

Extraits de Praga magica d’Angelo Ripellino, collection Terre Humaine

En savoir plus sur cet auteur

 

Ecrire pour ne pas mourir 

Ecrire parce que c’est cela l’encre de vie

L’encre qui se dit encore qui chaque jour

Te donne plume et soleil

Tu te lèves le premier

Pied tombé dans la poésie

C’est une poésie traversière

Une poésie de la balade, de la balade

Santé car elle est remède elle est sacrée car

Elle peut servir de compensation

Chaque jour chaque jour un poème comme pour

Eriger sur le calendrier une citadelle de force :

La force des mots

Chaque jour chaque jour un poème ou même deux

Comme pour se démontrer

Que l’on est bien vivant

Combien de perles de mots se fixent au collier

Pour le monde meilleur ?

Y croyant encore voulant toujours y croire

Non, il n’y a rien qui ne fasse affaisser les épaules

De la poésie :

C’est elle qui domine c’est elle qui draine

Elle n’est pas une reine juste une petite combattante

Qui jamais ne se croit importante

Encore moins imposante

Qui se sait utile et précieuse comme une fleur

Comme une pierre

Oublie le pansement que je viens de te dire d’elle

Qu’elle pose sur nos âmes éperdues ou tristes

Oublie le baume que je viens de te dire d’elle

Qu’elle dépose comme une cape sur la souffrance

Elle est là, si tu l’appelles c’est ta compagne de route

Le pèlerin se sert d’elle comme d’un bâton de marche

La retourne pour gribouiller ses vers sur un mur de pierre

La rend militante la rend puissante journaliste pour

Témoigner d’un vécu

Chaque jour, chaque jour

L’honorer, la réciter, la penser, la décrire, la soutenir,

L’embellir, la ramasser pour en faire une page de lumière.

 

Carole Radureau (01 /04/2021)

 

……..poésie d’avril 2021…..

…….pas un jour sans poème……

1. La pierre fut donnée – Jiri Orten

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Publié le 30 Novembre 2020

 

Il y a des personnes qui nous touchent

Au plus profond de nous

Et même sans les connaître on les connaît

Il y a dans notre cœur une porte

Qui s’est ouverte pour eux.

 

C’est un être de lumière

Un distributeur de tendresse

Un rayonneur

Un troubadour à la voix de velours

Il a donné à l’humanité sa nature profonde

Et tout l’éclat de son message

Par la chanson, porté aux 4 coins du monde.

 

Il y a des êtres lumineux

Eternellement éternels et

Ceux qui les ont fauchés

N’y sont pas étrangers

On les regarde on les écoute

Une beauté terrible et essentielle vient en notre âme

Planter une flèche à jamais

C’est répétable à merci

Est-ce de connaître leur terrible destinée

Qui nous les rend émouvants, attachants, si chers ?

 

Il est des êtres qui nous marquent à jamais

Et l’un d’entre eux

C’est Víctor Jara.

 

Carole Radureau (30/11/2020)

 

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