l'arbre qui fait parler de lui

Publié le 2 Octobre 2021

A l’assaut de la cime

 

A l’assaut de la cime, perle

Accroche-toi

Mes bras n’attendent que toi

Au demeurant des elfes

 

Un tronc sinueux et profond

Comme un cerf aux abois

Rythmé au son de la trompette du ciel

Et des altos dantesques des fées des nuages

 

Ici, perle s’écrivent des autoroutes de vers

Aux semblants puissants et évocateurs

Nulle envie nulle identité nul règne nulle attente

 

Jusque le décimètre de la fougère

Pour décalquer le gypse sur un tronc de lumière

 

Juste la robe de grès en saucière

Accompagnée d’un petit ris de vie aux oignons rocamboles

 

Juste une soupière de perles de rosée

Entourée d’une selva de lichens énamourés

Inspirée par le velouté profond d’un duramen

Endormi.

 

Carole Radureau (02/10/2021)

 

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Publié le 16 Septembre 2021

Exotisme

……campagne magnanvilloise….

 

 

La vie n’est pas facile pour l’exilée

Seule au milieu de cette contrée inconnue

Dans cette lisière où l’on a été déposée

Faible et nue

Petite graine

Abandonnée

 

Autour dominent les grands chênes

Ce n’est pas la vie au milieu d’une majestueuse selva

Un grand bois fier et dont sont arpentés les chemins

Par des pieds réputés

Ici ce n’est qu’un petit bosquet

Un résidu un vestige un que l’on laisse sur pieds

Pour faire genre

 

Mais voilà c’est ici que l’exotisme allume

Faiblement mais sûrement

Son petit air vert tendre

Sa petite bogue remplie de piquants

Qui certes ne concurrencera en rien

Les cousines ardéchoises et corses

 

Oh ! Elles n’auraient pas grand-chose à se mettre sous la dent

Les hordes de sangliers habitués aux soupes de glands

Il n’empêche que dans cette terre inhabituelle

Elle a fait son lit

Elle a su trouver une lumière pour épanouir son regard

Elle a su grandir gênée aux entournures

Sans jamais aucun regard sur cet arbre qu’elle est devenue

Car personne ne se dit qu’ici

Il est bien exotique, loin de ses domaines

Loin de ses sols aux humus profonds

Aux odeurs profondes

Aux légendes profondes

 

Là-bas dans la lisière du «grand » bois des Terriers

Il y a un ou deux cousins éloignés

Aussi frêles et souffreteux

Comme de petits arbres en peine

Implantés sur un sol entouré de gens

Qui ne se soucient pas de leurs grandes promesses

De leurs grandes tendresses.

 

Carole Radureau (16/09/2021)

 

Exotisme

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Publié le 12 Septembre 2021

Les forêts sont les fruits de l’histoire

 

…….campagne magnanvilloise…..

 

 

Je ne sais pas ce que tu as

A cœur

Je ne connais que ton apparence

Ta libre évidence

Ta vérité première

Ta hauteur me laisse à penser

Que tu as ta part des ans

Qu’ils sont nombreux

A avoir cheminé

Sous tes ombrages subtils

Combien de pas

Brisèrent tes fruits

Tombés comme des fruits inanimés

Pommes de glands

Délaissés car ignorés

Alors que les sangliers eux les apprécient ?

 

La marche sous le chêne est fraîche

Et rieur le son de sa gorge

Il a chanté comme un cœur qui s’élève

Planté naturellement ou fruit de la culture

L’histoire fait et défait les forêts

Elles sont là comme accompagnatrices

On en tire le bon on leur fait le pire

Nous ne sommes plus, humains

Fils de la réciprocité

 

Autrefois l’arbre, l’homme

La nature, les animaux

Vivaient en harmonie

Il n’y avait qu’une lutte pour les vies

Le respect semblait plus évident

 

A présent l’histoire s’écrit en lettres de sève

En lettres d’ironie

 

L’arbre ne peut fuir

Il a grandi dans cette certitude et ses racines

Se font la belle tant et plus

Avec leurs messages ; leurs unions ;

Leurs SOS ; leurs caresses

 

J’aime à penser à ces toiles-ci

Qui se tissent sous nos pas

Ces résistances, ces puissances

Ces histoires de canopées à l’envers

Qui sait la poésie naît-elle ici bas

Dans l’entremêlement des racines

Comme une toile d’araignée

Dans laquelle se perdent ses mots

Gouttes de rosées, gouttes de sèves

Fruits des arbres qui trop souvent

Se sont tus.

 

Carole Radureau (12/09/2021)

 

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 10 Septembre 2021

L’arbre qui cache…..

……..campagne magnanvilloise…..

 

L’arbre qui cache la lisière

D’un bosquet

La chevelure du champ

Comme une perruque sur une tête

Déposée par la licorne des anges

 

L’arbre qui cache

Qu’il est

Un arbuste

Il a de grandes ambitions

C’est qu’il se sent fort et

Aimé

Au milieu de cette jolie jachère

Comme un coq au sommet de son tas de détritus

 

L’arbre qui cache

Une grande volonté

Le désir de plaire

Le désir de croître

Le désir de se multiplier

Le désir de vieillir relativement longtemps

Le désir de renaître

Dans une pierre un oiseau, un cours d’eau un papillon

Non, pas un gens

Pas trop fan de gens

Ils passent chaque jour

Ne le voyant pas, lui, si grand, dans sa simplicité

Ils passent

Préoccupés

Dans leurs pensées

Dans leur exercice physique

Dans l’exercice physique de la vessie ou de l’intestin de leur chien

Mais ils ne le voient pas

Pourtant n’est-il pas l’arbre

Qui cache la lisière du bosquet ?

Presque un bois

Du moins ce qu’il en reste

Là-bas réside un tiers de sa famille

Le reste fut sacrifié

Au profit d’un champ

Qui devint peu de temps après

Une jachère

Où lui, le puissant

Fils de la résilience

A su trouver la force de germer

Au milieu de l’indifférence.

 

Carole Radureau (10/09/2021)

 

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 9 Septembre 2021

 

……campagne magnanvilloise…..

 

Ils l’ont pris pour cible

Sur son tronc ils ont peinturluré

La marque du sentier

Nul ne l’ignore quand il chemine

C’est lui !

L’arbre qui porte et pourtant ne signe

 

Aussi il a décidé de protester

Portant son bras, son long bras

Pour l’asséner

C’est qu’il aimerait

De son coude dessiner

Une image forte et forte

Un beau bras d’honneur

Comme il se doit

 

Mais il est arbre et son bras, branche

Sa sève qui bouillonne

Bouillonne sans grand cru

Il a tourné son désespoir

Vers sa racine-mère

La forêt

Ce qu’il en reste

Ce peu de pitié résidant dans ce bosque

Histoire de dire : « on a pas tout croqué ! »

 

Peu importe le poète passe et voit

Il comprend qu’il ne comprend pas

Peu importe le poète passe et dit

Il emporte-emporte bien fort avec lui

La force de l’arbre anticonformiste

Celui qui dit celui qui fait celui qui imite

Celui qui trimballe

En ses gènes la vigueur du métal

La grande détermination des gagnants.

 

Carole Radureau (09/09/2021)

 

L’arbre anticonformiste
L’arbre anticonformiste

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 19 Juillet 2021

Par by Frances W. Horne for Flora Borinqueña — http://207.156.243.8/emuwebnybg/pages/common/imagedisplay.php?irn=113660, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1539471

Je suis le bois léger

Poussant sous les tropiques

Dont le nom espagnol vient de radeau

Dont de doux noms me vont comme un gant

Pripri, fwomagé mapou, patte de lièvre

Et vous me connaissez mais pas sur pied

Donc vous ratez ma magnifique floraison

Je suis le roi des matériaux composites

Qu’elle est puissante ma notoriété

On me cherche et me plante et me trouve et me coupe

Mais bientôt sans doute on ne me trouvera plus

Voilà que depuis le covid on se rue sur moi

Si bien qu’ils en arrivent à appeler cela :

Fièvre du balsa

Ils ont goût de moi, j’entre dans tant d’objets

Ils s’en fichent de tout déforester

Créer des friches

Des problèmes communautaires

Que le profit que le profit

D’un coup je me sens frère du caoutchouc

Et cousin du quina

Dès qu’un rush s’abat sur nous

C’est comme pour l’or, rien qui ne les arrête

Rien qui ne les combat, ne les abat eux qui ne savent qu’abattre

Débiter et piller :

8139 alertes de déforestation entre mars 2021 et juin 2021

1 alerte = équivalent de 2 terrains de basket

 

Moi qui suis le roi des bateaux, les radeaux qui flottent

Légèrement, avec aisance

Je m’en irai volontiers à vau l’eau

Leur damner le pion à ces pilleurs à deux balles

Ma tête bien calée dans le kapok de mes entrailles

Je dormirai sur l’eau

Mon dernier bois

Sauvé pour la circonstance

J’écrirai une page de renaissance

Allant m’implanter ici ou ici bas

Là où l’on me respecte

Prend soin de moi

Quoi, moi, le balsa

Ne suis-je pas précieux

Comme le sont toutes les espèces de cette planète ?

 

Carole Radureau (19/07/2021)

 

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Publié le 3 Avril 2021

3. Les vocations du tilleul – Jacques Lacarrière

Echo de poète

Jacques Lacarrière a attendu 30  ans pour oser par écrit cet aveu : un tilleul fut son 1er maître. Il relate cela brièvement dans Chemins d’écriture et plus longuement dans Le pays sous l’écorce.

 

Enfant, j’aimais dès le printemps m’installer dans les hautes branches du tilleul, dans le jardin de mes parents. Nous n’avions qu’un seul arbre en ce royaume étroit dont une moitié, cultivée par ma mère, regorgeait de framboises, de groseilles, de rhubarbes et de fleurs patiemment arrosées et dont l’autre, pour des raisons inexpliquées, demeura des années à l’état sauvage. Une simple allée séparait ces deux mondes, celui des herbes sages, celui des herbes folles et, en parcourant cette allée, j’avais le sentiment d’être à l’orée de deux promesses, sources de joies futures….

Le tilleul poussait juste à la limite de ces deux espaces, au bout de l’allée. Lui aussi, entre sa base et son sommet, recelait deux domaines opposés : ses parties basses étaient taillées, son tronc chaulé contre les parasites ; mais dans ses parties hautes (où nul à part moi n’accédait) bruissait un monde d’oiseaux et de rumeurs secrètes. De là-haut, assis sur la plus haute fourche, je dominais sans être vu tous les jardins environnants. J’observais les merles, les pinsons, les mésanges qui venaient se poser près de moi quand j’avais la patience de rester longtemps immobile ; je suivais de minuscules et vertes araignées tissant leur toile entre les feuilles ou les iules qui couraient sur les branches dès que j’en soulevais l’écorce. A force de demeurer là, silencieux, dans le roulis vert, fermant à demi les paupières pour mieux faire scintiller le soleil dans mes yeux, bercé par le vent comme en quelque hauban, je naviguais des heures au cœur des ondes et des souffles, en un murmure d’êtres et d’esprits, subtils comme des elfes en gésine enfantant pour moi seul les fées de mes jeudis……

 

Jacques Lacarrière (Chemins d’écriture, collection Terre Humaine)

 

Tilleul au cœur de l’homme a déposé un

Halo d’elfes empressés de connaître

Le chant battu sur la peau tendue d’un tambour

Battant le rappel des ondes

Tilleul dont la canopée attire un sillon de vies

Comme une fourmilière l’autoroute à gendarmes

La maison de dame mésange et puis toutes les histoires

Développées en son duramen

Tilleul qui en chaque enfant a fait naître des vocations

Sont-ce tes fées aériennes et soyeuses que l’on entendit 

Susurrant à nos oreilles des rêves immenses des chemins

A parcourir des histoires à raconter à l’ombre de ton pied ?

Tilleul dont je ne connaissais que la canopée, l’ombre

Fraîche, comme une couverture au parfum de rêve

Comme une puissance protectrice de la petite maison aimée

Tilleul que je gravissais pour détacher tes fruits en papillotes

Tes miracles ailés

Leur parfum n’entête pas, infuse en les sens une histoire de permission

Une envie d’y revenir pour tresser la matrice de ta veine joyeuse

Tilleul dont la présence offre un seuil où rêver

Observer attendre compter décompter fulgurer méditer

Je ne me tairais pas tant que ton miel en fusion

Ravira la faune et mon humble glotte.

 

Carole Radureau (03/04/2021)

 

 

…….poésie d’avril 2021….

……pas un jour sans poème…..

 

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Publié le 8 Décembre 2020

8. L’arbre

 

……31 poèmes d’amour à la terre-mère pour en finir avec 2020…..

 

L’arbre est parti

Le grand pin noir d’Autriche

L’ami des oiseaux

Mon ami toutes ces années

Nous ne pouvions plus rien pour lui

J’avais pourtant essayé

L’arbre n’était pas chez nous pourtant

Chez nous il donnait :

Par exemple il donnait un espace aux tourterelles

Pour s’y protéger des vents, des froids

Il donnait des pommes de pin pour démarrer le barbecue

Il donnait un point de vue pour bibi

Il donnait des branches d’appui pour le chant du merle l’observation des tourterelles (l’espionnage dis-je)

Il donnait de belles mélodies l’été

Et il donnait des centaines de nids de chenilles processionnaires

Qui pourtant donnaient à Carbonero ses protéines quotidiennes

L’arbre était donc condamné

Personne n’avait répondu aux sollicitations de faire quelque chose pour lui :

De le protéger des parasites

De faire quelque chose de naturel

De limiter les dégâts

3 ans de vaines réclamations

Non, l’arbre était sur des terres minées

Désengagement d’un côté

Abandon de l’autre

Peur des retombées sur la santé publique :

Ni une ni deux

L’arbre est tombé

35 années de vie pliées en 2 heures : l’arbre est mort mais

Peut-être pas :

Restent ses racines semble-t-il que les réseaux racinaires continuent :

Je l’espère.

C’est nous qui avons demandé son départ

Notre vie valait plus que la vie d’un arbre

C’est dur à admettre

La vie d’un homme vaut-elle la vie d’un arbre vaut-elle la vie d’un homme ?

Hein !

Il nous reste un grand vide

Il nous reste une grande peine, enfin surtout pour moi

J’ai la faiblesse de l’enfermement du sans cesse

Je m’accroche aux éléments naturels et à ce qu’ils véhiculent de vie

Je crois que je manque d’espaces naturellement naturels

De quoi me ressourcer

Il faut se reconnecter avec ce que l’on a et l’on a…..

Démunis nous ne sommes

Simplement hommes faibles et fragiles

Qui se croient au-dessus de tout.

 

Je réfléchis à donner à la petite faune un autre arbre

Un grand arbre pour compenser

Ou de petits buissons plein de fruits, de refuges :

Ça, nous le faisons mais cela remplacera-t-il le grand pin noir d’Autriche ?

 

Carole Radureau (04/12/2020)

 

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Publié le 11 Novembre 2020

 

La vie d’un arbre vaut-elle la vie d’un homme

Vaut-elle la vie d’un arbre, hein ?

Je suis l’arbre qui dessine le monde

Le monde nouveau

Celui où la vie de l’arbre

Vaut la vie de l’homme.

 

Eh oui autrefois ne valait guère

Non plus la vie de l’homme

Moi qui vous parle du haut de mes 500 balais

Et quelques poussières mal placées

J’en ai vu des ans et des nuées

Des mauvais temps et des disettes

Des risettes et des espérances

Pour l’homme mais aussi

Pour l’arbre.

 

On pense à nous quand nous sommes sur le point de tous disparaître

Peu importe notre tour de taille

Rien ne les arrête, les hommes, les mauvais hommes

Ceux qui ne pensent que destruction

Des robots mangeurs d’arbres ils ont pu créer

Imaginez, cela, arbres, vieux arbres de nos contrées

Juste fiers

Chaque année

De rendre au sol des kilos de châtaignes veloutées

L’homme, le grand homme avec sa machine mangeuse de forêt

Avec ses satellites et tous ses espions

Même pas foutu

Sur une planète de trouver un remède pour un petit virus

 

Je vous dis ça de ma hauteur

Je ne suis pas scientifique

Sceptique tout au plus face aux grandes salades des hommes

C’est qu’ici pour me détrôner il en faudra plus d’une

De machine mangeuse d’arbres

J’ai su me déboubler, devenir ville, canopée

Passage secret et de mon tronc creux

Se vivent mille vies toutes utiles à cette terre

 

Ici dorment les souvenirs de mes confrères

Des souches de mémoire dont les hommes aiment parfois

Trouver des images des ressemblances des symboles

C’est qu’ils ont besoin les hommes, les sympathiques,

Les sympathisants de notre peuple

De trouver des réponses aux questions existentielles qu’ils se posent

Evidemment

On ne pourrait être optimistes

C’est que les cycles se succèdent et peu de ceux-là sont positifs

C’est à n’y rien comprendre pour celui qui n’a pas étudié la pleine conscience

Moi l’arbre, très vieux et très sage

Je connais la pleine conscience et la méditation

C’est ce qui me tient en vie de tout là-haut je regarde le monde

Comme il ne va pas mais je n’en fait pas un problème, non

Je suis un arbre pragmatique, un qui vit chaque instant comme le dernier

Sait en profiter

 

Je lâche mes fruits sur un papier de velours et le buvard de leur chute

Tinte en mes veines comme une cumbia sans précédent

Je rumine une à une des petites piques de la bogue

En songeant aux tangos voluptueux et rêvés des argentins

Et m’endort au son des claquettes, des castagnettes et des vibrations

Du flamenco

 

Je suis l’arbre pragmatique qui se pose sans cesse la question :

La vie d’un arbre vaut-elle la vie d’un homme

Vaut-elle la vie d’un arbre, hein ?

 

Carole Radureau (11/11/2020)

Merci Serge pour le lien vers la chaîne, je crois que j'ai trouvé le châtaignier

 

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Publié le 19 Septembre 2020

L’arbre qui voulait voir la mer

Etirant ses racines apparentes

Ces grosses pattes d’éléphant déposées sur le sol pauvre de la selva

Allongeant sa volonté

Déployant ses pieds bien au-delà, rentrés

Il parcourait le monde il allait droit devant

Il rencontra des chimères

Des quetzals

Des colibris aux tons délicats de pierres comme piqués par l’aura du monde

Il marcha à pas de velours sur une terre rouge comme le sang

Cette terre Guaranie…..

 

Il voulait voir la mer

Oh ! Comme il le voulait

Cette ceiba cet arbre de vie ce fromager

Du plus haut de sa cime là où

Les harpies convolent et nichent

Ce perchoir à singes et à oiseaux

Ce géant de la canopée avec son petit cœur de duramen

Tendre si tendre que le bruit des vagues

Lui manquait….

 

Oh ! Comme il lui manquait

Pourtant il n’avait jamais entendu chuchoter l’écume

Bruire le vent dans les feuilles des algues

Il n’avait jamais entendu ce grand orchestre des mouettes et des goélands

Tout habitué qu’il était à l’orchestre de la jungle

Mais il avait en lui un quelque chose qui lui parlait

Comme un vide

Comme une évidence.

 

Parvenu sur la plage

Bien fatigué il était mais heureux

S’étendait

Face à lui

Un bleu

Infini

Il y avait un peu de mouvement

Des larmes de coton blanc venaient s’échouer à ses pieds

Comme s’il était là aussi

Un arbre de vie

Vénéré.

 

Il se sentait bien face au calme interminable

Calme dans les sons naturels et vivants

Calme de la paix de l’âme

Reposant à ses pieds la furie du tumulte

Comme déposant un charivari empêchant de penser

(L’ego des hommes l’avait atteint lui aussi)

Il avait décidé de prendre pied

Il serait le premier de son espèce

Riverain

D’un océan fruit des lumières

Fleurs de corail de la canopée

Il serait un phare, un guide, un perchoir comme il savait le faire

Il prêterait main forte aux marins perdus hommes et animaux, sirènes, créatures marines

Il sourirait à la vie au large

Il réciterait des vers appris dans le livre sacré des Mayas

Il en profiterait pour faire le point sur sa vie d’arbre

Sur les enseignements.

 

Chatouillant ses racines géantes

Ses doigts de pieds de la selva

L’écume s’effaçait, prudente

Elle ne voulait pas éroder ces pieds de géant

Ils avaient marché depuis si loin

Là-bas dans la verte forêt menacée par les flammes

Menacée par les hommes et par les inconsciences collectives

Ici l’arbre avait frais, avait humide, avait eau, avait gouttes, avait bruine

C’était cela son trésor

Ce qui ferait courir le monde maintenant

Car le chaos était bien amorcé

L’écorce terrestre déjà consumée

Lui, l’arbre il avait voyagé pour le dire

Mais personne

Non, personne

N’avait compris son langage

Son message.

 

Carole Radureau (19/09/2020)

 

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