l'arbre qui fait parler de lui

Publié le 25 Janvier 2022

Par Rasbak — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=213248

 

Je me sentais bien

Assise

Sous ton feuillage gaufré

Je me disais, on lui a découpé ses feuilles

Aux ciseaux cranteurs

A ce grand frère

Ce père

Ce grand-père

Cet ancien

Je me sentais bien

Car ton ombre est comme un voile

Lisse et tendre comme une

Caresse comme une

Offrande comme une

Ecriture céleste

Et voilà que je comptais les étoiles

Parmi tes ombres   et voilà que

Tombaient

Des perles de miel  des perles de

Miellat  ma tête n’avait plus

Froid sous cette pluie

Merveilleuse   et

 

Collante

 

Par Lamiot — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=58234014

 

Qu’importe du moment où le ciel de lit

De ma lecture était accessible

Mes yeux ne collaient pas et ma vue

Etait celle d’un éléphant

Quoi ?

Vous n’aviez pas vu que mes fesses

Posées sur ces pas

Etaient des pas d’éléphants   autrefois

Ils vivaient ici  autrefois

Ils étaient là

 

Mon arbre a pris froid  a figé

Dans ses racines leurs vigoureuses empreintes

Ah ! No pasaran ! disait-il

No pasaran !

 

Par Jean-Pol GRANDMONT — Travail personnel, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2543787

 

Mais voilà que mon arbre rêvait de la méthode

Il enviait les allées charmeuses  charmillantes

Rondoyantes  comme des ombres propices aux balades amoureuses

C’était trop surfait

Mon petit frère mon petit père mon grand-PERE

Il ne fallait pas penser, non ne pas

Trop penser sinon il fallait panser

Et panser toutes ces empreintes d’éléphants

N’y pensons pas !

 

Je me sentais toujours bien

Sous ce croisillon de branches

Sous cet algèbre auquel je ne connaissais rien

Comme je ne connaissais rien au langage des signes et

Pourtant

Il faudrait bien l’apprendre

Avec quelle méthode demandais-je à mon arbre ?

Avec celle du mot dans le petit sac de jute (la petite pouque)

Tu mélanges bien, tu fermes les yeux, tu

Tires au sort  voilà

Le mot

Puis un autre et un autre

Jusqu’à plus rien

Ensuite il faut les ranger

Oh ! c’est compliqué dis-je

Surtout que sous mes fesses, tes pas sont ronflants

Ils ondulent tels des poissons d’argent dans le désert

En criant de tous leurs yeux !

 

Par Bärbel Miemietz — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=111931125

 

« Ce n’est rien

Tu y arriveras au bout de 123 ans » me dit

Mon charme qui était un arbre

Qui était un charme vous l’avaijedit

Un charme, oui

Comme un mage

Un qui se la joue  un qui veut décliner

Un qui aimerait un serpent dans le panier

Sur ses pieds d’éléphant

Pour voir si ça marche

Le coup de la flûte

 

Par Lebrac — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3472995

 

Je m’envolais en la compagnie de mon charbre

Quelle imagination avait-il

A en revendre !

Ça tombait bien

Je m’ennuyais

Pour un peu j’aurais dormi

En rêvant des galops d’éléphants gracieux et subtils

Au milieu de la forêt sous les rires des singes grassouillets

Aux queues de bison

 

Par Cyndy Sims Parr — Matschle's tree kangarooUploaded by berichard, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8379673

J’avais un rendez-vous tellurique.

Avec un petit être adorable

Me faisant rire mais rire !

Une sorte de kangourou qui grimpait dans les arbres

Avec dans sa poche

Un marmot à la tête d’écureuil

Effronté, effronté

Quel bonheur !

 

Cela serait sans doute pour une prochaine fois

Pour un poème sous le charme

Un poème de charme aux pays des kangourous volants

Avec un arbre pour demeure

Avec un arbre pour poésie

Avec un arbre pour compère

Avec un arbre

Avec un arbre......

2004. Stamp of Belarus 0558.jpg

Carole Radureau (25/01/2022)

 

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #L'arbre qui fait parler de lui

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Publié le 31 Décembre 2021

Forêt d'Huelgoat

Forêt d'Huelgoat

 

Arbres, j’ai aimé

Porter votre parole

Dans un mois de décembre de l’an 2021 qui m’a semblé

Rempli de richesses

Où prendre de la hauteur à

Vos côtés,

Primait.

 

Arbres, j’ai aimé

Vous prêter ma plume

Ma muse et ma petite verve

Sans doute n’était-ce pas cela dont vous auriez aimé

Parler

Excusez, si j’ai brodé, flatté, enjolivé

Ou terni vos pensées.

 

Arbres, comment vous dire que vous nous êtes précieux

Si à côté nous permettons les abattages ?

Comment être cohérents, arbres

Comment être sincères ?

Nous devons être les générations de la reconquête

Celles qui apprennent à leurs enfants, leurs petits-enfants

Où se trouve la vérité

Pour compenser les grandes tragédies des arbres,

Des forêts.

 

L’homme n’est pas mauvais, arbres

L’homme simple est bon

Ce ne sont que des poignées d’êtres qui détruisent

Mais ce sont des puissants

Ils écrivent des lois pour leurs simples profits

Les profits d’une oligarchie qui n’a nul besoin d’argent

Ce sont des malades dangereux

Pourquoi alors ne pas les arrêter ?

Pourquoi alors leur donner des chèques en blanc ?

 

Il y a d’un côté les immondes destructeurs

Impunis, insolents, insultants, cyniques

Il y a d’un autre côté des masses éduquées

Voulant bien faire

Il y en a qui s’en moquent

D’autres qui ont des soucis terribles à régler

Il y a ceux qui veulent bien faire et bricolent

Cela n’arrange rien à notre affaire.

 

Puis il y a les poètes arboricoles

Qui grimpent à vos troncs, arbres

Munis d’une âme-scribe

Prenant au passage votre énergie dans la dureté de vos écorces

Sollicitant votre accord

Avant d’écrire : vos porte-paroles

Le poète est un enfant de l’arbre

S’il ne maîtrise pas la poésie tellurique

S’en est fait de lui

Il a raté une marche

La marche de la poésie véritable

Celle qui est connectée à l’essentiel

Le poète est un arbre

Il a une encre-résine

Une plume-feuille

Une trame-tronc

Une âme-canopée

C’est un arbre transformé

Pour le bien de l’humanité des arbres

Mais le poète est plus que ça,

Il est le frère de ce qui vit

Le frère de ce qui souffre

Le frère de ce qui est tu

Sa destinée dans le désert des non-dits

Est greffée comme une ente de vérité

Le mastic est un désir de faire

Bien plus collant que l’atmosphère,

Un résidu de pléistocène.

 

Arbres, j’ai aimé me couler, argile

Dans vos duramens

Décalquer vos libers en vers

Dessiner vos aubiers en perles de beauté

Aérer de pulpe de pomme vos cambiums

Vous m’avez fait rêver,

Vous m’avez enseignée,

Vous m’avez fait rire,

Vous m’avez emmenée au-delà des monts-de-lune

Dans un monde cosmique

Où l’arbre est un pilier

Où l’arbre est un sorcier

Puis un rêveur invétéré.

 

Arbres, j’ai aimé

Me joindre à vous

Je suis triste de vous quitter

Je sais que nous nous reverrons

Rien n’empêche le poète de vous brosser de sa plume

Dans le sens du poil quand l’occasion est là.

 

Bonne année 2022 arbres frères, arbres sœurs

Arbres pères, arbres mères

Arbres grand-mères, arbres grands-pères

Qu’elle soit prospère votre destinée

Que s’éteigne le bûcheron sur son bûcher néolibéral

S’il doit y avoir une seule flamme

Que ce soit la flamme de la réunification

Entre la forêt et l’homme

La flamme de la grande unité

Où même l’arbre mort reste sur pied

Pour que profite encore de lui,

La vie,

sa vie 

démultipliée.

 

Carole Radureau (27/12/2021)

 

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème, #L'arbre qui fait parler de lui

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Publié le 30 Décembre 2021

......le langage des arbres....

 

Si vous aimez les beignets

Les délicieux beignets parfumés

Puisés dans la grappe de ma vigne

Où j’ai inscrit tant de notes florales

Si vous aimez le sel de la vie

Dans la grappe délicatement trempée

La friture ne saisit pas le vif de la chair

Elle retranscrit le sang dans les artères

Pour ne révéler que l’audace.

 

Moi je suis considéré comme un faux

Un faux-pas sur le fil de la lumière des ondes

Quand les ondes se voient à 23h48 précises

Entre le sourire fané de la lune

Et la risette gauche de la Grande Ourse

Ils disent aussi que je suis invasif

En gros que j’empiète

C’est qu’ils ne connaissent pas la poésie du beignet

Quand ça crépite quand ça crapahute quand

Ça chatouille les narines

Et que le croustillant est là, sous la dent

Avec son arôme en note finale.

 

J’embaume, n’est-il pas ?

Si seulement

Ils ne me plantaient pas sans cesse près des routes

Cela gâche la blancheur de mes fleurs

Cela pollue leur cœur et le mien

Cela gâche la victuaille :

Finis les beignets d’acacia, une année sans !

Car pour profiter des bienfaits

Il faut de la fleur dénuée de tous soupçons

Et il y en a des soupçons sur moi

Que ne diront-ils pas pour me salir.....

 

.........Parenthèse bleue dans le blanc de la victoire.........

 

Je dois à l’oiseau bleu

La parole des pénombres

Quand la canopée s’endort sur un lit de mystère

Quand la scène est une pièce ronde

Qui tourne telle la toupie déréglée de la vie

Je tends ma grappe pure

A l’oiseau au bleu plumage

Qui chante à qui mieux-mieux

Pour fêter ma vertu

Que sa gorge soit prospère

Où coule le miel d’acacia

Le doux miel de mes exploits

Voyez comme je suis si utile

La petite-vie ne s’y trompe pas

Sans cesse je suis visité

Je sers de cave et de grenier

En moi s’écrivent les pages du froid

Lui qui  s’est heurté aux vitres de la prévoyance

Mon miel est un miel de providence

Dans lequel se trempent les tartines d’énergie.

 

Carole Radureau (29/12/2021)

 

Robinier faux-acacia

Oiseau gros-bec bleu (guiraca bleu)

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Blue_grosbeak;_black_locust_(34544503685).jpg

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Blue_grosbeak;_black_locust_(34544503685).jpg

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Publié le 29 Décembre 2021

Par Charlotte Noblet — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=39129317

Par Charlotte Noblet — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=39129317

........le langage des arbres.....

 

Chaque jour je m’emploie

A relever le défi

Un défi si l’on en croit

La défi- nition du dico

C’est une invitation au combat

Voilà que vous vous demandez qui

Je combats

Moi le tortillard dans son bois

Le pacifique le rêveur ?

 

Je relève le défi de l’ardeur

Celui qui courbe et plie mes bras

Pour leur donner un sens une figure un rôle

Mon grand défi :

Dessiner un cœur

 

J’ai réussi, je suis trop fort

Par un concours de circonstances

Favorables et équidistantes

Je mêlais mes branches de telle façon

Que le cœur était au diapason :

Cela me remplis de joie !

 

Je relève le défi de la danse du ventre

Celui de tournoyer sans cesse

Sans avoir le tournis

Je relève le défi de la danse du naja

Sans du tout me faire piquer

Je relève le défi de danses folkloriques

Je n’ai pas encore réussi à me plier

Et sauter comme le font les cosaques

Ni à me procurer une toque de fourrure de lièvre

Chaque jour je donne une dynamique

Oh ! certes ! il faut un consensus

Que mes bras se prêtent au jeu

Qu’ils soient très bien disposés

Puis c’est la grande danse

Silencieuse

Qui se tait

Qui ne dit pas son nom

 

Et vous la voyez quand vous vous promenez dans le bois

Vous ne savez pas

De ce dont il est question :

Cela me remplis de joie !!

 

Carole Radureau (29/12/2021)

 

Hêtre tortillard, Fau de Verzy près de Reims

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Publié le 28 Décembre 2021

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fraxinus_excelsior_001.jpg

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fraxinus_excelsior_001.jpg

........le langage des arbres....

 

Frères ! Soyons immortels

Qu’elle soit inscrite dans l’éternité

La chair

De nos communautés

Que s’étende l’horizon

Sur le fil

De nos questions

Que s’harmonise le ciel

Au-dessus de nos canopées essentielles

Desquelles jaillit la chorale des animaux.

 

Frères ! Suivez mon exemple

Dans mon bois on a créé des lances puissantes

De ce bois si solide

Je suis, pour les Scandinaves la représentation de l’immortalité

Servant de lien entre les 3 niveaux du cosmos

Les grecs disent que je suis l’arbre de Poséidon le dieu de la mer

Pour les celtes je symbolise l’enchantement

Les indiens Lakotas ont élu le frêne pour représenter les arbres de la création

Médiateur pour obtenir la communion entre le Bas et le Haut,

Entre l’humain et le Grand Mystère

Je suis selon eux l’homme dans son individualité

Un rameau de mon bois sert de tuyau à la pipe sacrée

Ceci n’est pas rien !!

En France il convenait de protéger les habitations des mauvais esprits

Grâce à mes feuilles placées aux 4 coins du logis.

 

Quelle force de vie il y à moi !

Ma chair guérit les maux des hommes

Mon bois sert à fabriquer des outils

Je suis le grand nécessaire

Mais loin d’être immortel

Ce pour quoi j’ai décidé de lancer ce hashtag :

#SoyonsImmortels 

 

La chalarose me guette, un terrible champignon

D’ailleurs que les hommes ne se leurrent pas

Les champignons pathogènes sont une autre menace

terrible !

Sans doute plus terrible que les coronavirus

Totalement négligés par les états les champignons

Les recherches pataugent dans les steppes de l’insouciance

Jusqu’au jour où....

Mais je m’évade je disserte

Je diverge et erre dans les ères qui ne concernent que les humains

Qui se tiennent par la main dans la grande négligence.

 

Nous, arbres sommes au-dessus de tout ceci

Nous, arbres sommes des sages

Des dispensateurs d’énergie

Bien négligée notre aura

Ne sachant pas voir la poutre dans leur œil

Nous, nous savons bien qui est la poutre et pourquoi

Elle est là

Dans l’œil.

 

Que de connaissances n’y a-t-il pas en nous, frères :

#SoyonsImmortels 

Ça leur apprendra !

Ils n’ont rien vu rien compris rien retenu rien pressenti

Pourtant la poutre était bien grosse

Bien lourde

Bien échardée

Comme un STOP !

Comme un FREIN !

 

Nous ne rongerons pas leur frein

Nous serons ceux qui s’élèvent

Quoi qu’il en soit.

 

Carole Radureau (28/12/2021)

 

Frêne commun

 

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Publié le 27 Décembre 2021

.......le langage des arbres....

 

 

J’ai épousé le banc

Vous ne pourrez plus me visiter

Et repartir

Fatigués.

 

J’ai eu cette idée un jour

Je me suis dit : Oui, c’est possible !

Ils ont placé sous mon arbre, ce

Banc

Comme une invitation

Je l’ai pris pour moi, forcément,

Mettez-vous à ma place

Jamais je n’ai songé que c’était pour des gens

Alors, je me le suis pris

Oh ! Certes, pas comme un goujat

Je lui ai demandé sa main

Comme à une tendre fiancée :

Veux-tu m’épouser, banc, dis, veux-tu ?

Nous serons le diable et la vertu

Le rouge et le noir

Le petit chaperon rouge et le loup

De voisins devenons amants

Lions nos structures

Lions nos âmes

Qu’elle soit moins triste cette vie

Où la solitude prend la flamme du désir pour son lit

Que le soleil pâlit

Que la lune verdit de trop d’humus.

 

Je veux vous présenter ma tendre épousée

Je l’ai nommée banquette parce que

C’est une dame-banc

De combien de fesses mon épouse connaît les courbes

Les circonvolutions et les bruits incongrus !!

On en discute le soir à la veillée

On rigole, on rigole !

 

A !ça, quelle bonne idée ils ont eu

De m’offrir un cœur

Voyez comme nous sommes fusionnels :

Rien ne nous sépare.

 

Carole Radureau (27/12/2021)

 

The hungry tree à King’s Inns, Dublin

Par Sheila1988 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=74915580

Par Sheila1988 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=74915580

Par Ralf Houven, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=54758225

Par Ralf Houven, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=54758225

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Publié le 26 Décembre 2021

Par Leo Wehrli — Cette image provident d'une collection de la Bibliothèque de l'école polytechnique de Zurich et a été publiée sur Wikimédia Commons dans le cadre d'une coopération avec Wikimedia CH. Corrections et informations complémentaires sont les bienvenues., CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=68538082

Par Leo Wehrli — Cette image provident d'une collection de la Bibliothèque de l'école polytechnique de Zurich et a été publiée sur Wikimédia Commons dans le cadre d'une coopération avec Wikimedia CH. Corrections et informations complémentaires sont les bienvenues., CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=68538082

......le langage des arbres....

 

Je veux que de ce pas

Je veux que de ce regard

Je veux qu’avec fermeté

Hardiesse

Energie et succès

Vous pointiez vers le volcan

Le regard que je porte en vous.

 

Je n’ai pas choisi de pousser ici par hasard.

 

Il y a un message très subtil

Dans le tranchant de mes feuilles

Nulle légende urbaine ne peut le citer :

 

Je ne suis pas celui sur lequel

Grimpent des singes

Même s’ils essaient de le faire :

Nul désespoir.

 

Ce qui me porte c’est le désir

Le désir de mûrir un à un mes pignons

Ce qui me guide c’est de grandir

Afin d’admirer à l’horizon

Lanín aux longs soupirs.

 

Il y a un espace entre lui et moi

Qui s’appelle Harmonie

Dans lequel se trempent les pieds

Les mots Liberté et Tendresse.

 

Il y a une alchimie

Qui prête à nos élans

De petits coups de main

Pour croître en la beauté.

 

Je ne suis beau qu’ici

Même si chez vous, vous m’aimez

Je ne suis moi-même

Que dans ce territoire-ci

Silhouette d’acier

Dans le bleu

Découpé

Sur fond de volcan

Aux cimes enneigées.

 

Carole Radureau (26/12/2021

 

Araucaria araucana

 

Par Leonardo Sandon — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=70322312

Par Leonardo Sandon — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=70322312

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Publié le 24 Décembre 2021

Abies nordmanniana subsp. bornmuelleriana au nord-est de la Turquie Par Paul — IMG_0551.JPG, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8830313

Abies nordmanniana subsp. bornmuelleriana au nord-est de la Turquie Par Paul — IMG_0551.JPG, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8830313

…….le langage des arbres….

 

Le sapin non désiré

 

Je n’étais pas désiré, non.

Je n’étais pas souhaité

On m’avait offert

Car les habitudes ont la peau dure

Mais dans cette maison-

Sous ce porche-

Je ne pourrais entrer :

Sens interdit !

 

Cela ne m’était pas douloureux.

Je préférais, oui,

Je préférais le grand air

Si seulement, si seulement

Mon pied n’était pas coupé

Ici ils ne voulaient plus de ce gâchis

Ils préféraient l’arbre sur son pied

Avec sa petite offrande

Dehors comme est la place de l’arbre.

 

C’était une question d’odeur.

Non pas que je puais, non

Je sens bon comme sens cette odeur de noël

Fidèle de chez les fidèles

Celle que l’on garde au cœur

Couplée avec l’odeur de la mandarine

Et l’odeur de la bougie qui veille et surveille

Mais ici ce n’était plus comme avant

Les odeurs étaient prescrites

Du moins on essayait de les contenir

Pourquoi ?

Pour ne pas gâcher la fête qui était certes bien compromise

Car pour faire la fête de famille

Tout le monde doit être autour de la table

Là ce n’était plus permis.

 

Je me réconforte.

Je me dis que je ne suis pas seul

Dans ma solitude

Quelqu’un dans cette maison est aussi seul que moi

Seul au milieu des siens

Avec dans sa pensée un regard tendre pour le sapin

Délaissé.

 

J’étais un géant, avant

 

J’étais un géant,

Avant.

J’étais le chef des bois

Un grand cacique, un érudit, un sage parmi les sages

Que chacun respectait

J’avais la sagesse de sève

La connaissance des Pléiades

Une certaine sympathie très précieuse

De la Grande Licorne douce-heureuse

Mais cela ne suffisait pas

Il avait fallu que quelqu’un invente la nativité

Qu’un d’autre décide qu’un arbre devait y être sacrifié

S’en était fini de nous, épicéas, sapins de Nordmann

Majestueux tels des cerfs aux trophées andouillers

Ils nous abattaient

Ils replantaient des jeunes

Oh ! Ce n’était pas comme pour la déforestation

Où l’on abat sans replanter

Là, c’était du business

Ils n’allaient pas abattre et se retrouver sans rien à vendre l’année suivante

Ils n’étaient pas si fous

Quoique parfois je me demande.

 

Au début, il y a de cela très longtemps

Les gens aimaient avoir un sapin avec ses racines

C’était un petit rituel

Après les agapes

On partait en famille dans le jardin

Replanter son sapin

Il grandissait

On s’en souvenait

Il marquait le temps

Les années qui passent

Seulement les jardins n’étaient pas des forêts

Parfois un seul était sauvé

Parfois deux

Jamais plus.

 

Ensuite ils ont inventé le sapin floqué

Tout blanc, comme enneigé avec des flocons de colle et de papier

Une vraie tuerie intoxiquée

Puis il y a eu le faux sapin

Celui que l’on replie après usage comme un parapluie

Certes, avec les jolies décorations

Ce sapin fait très régulier

Finis les trous dans le dos qu’il faut cacher

Là où la tronçonneuse

Nous avait écorchés

Ebranchés devrais-je dire.

 

Alors s’en était fini de moi

J’écrivais ces derniers mots

Comme un testament à vous, livré

Avec ces dernières pensées très très sages

D’un grand chef, d’un cacique, roi de Nordmaniana

Qui avait connu l’aigle royal, le pygargue à queue blanche

La chouette lapone

Et un petit épervier annonciateur

Qui un matin m’avait confié :

« J’entends là-bas, à l’œuvre, les couteaux- scies des hommes

Gaffe à toi !

Dommage tu ne peux pas voler » :

Oui

Dommage !

 

Décima du Nordmanniana

 

Je ne me prends pas pour un roi

Même si du Caucase au salon

Je peux atteindre le plafond

L’étoile à ma cime a froid.

Ils glissent à mon pied de la joie

Il y en a de la gaieté !

Quand le tout petit, hébété

Pour la première fois la découvre.

La montagne sous ses yeux s’ouvre :

Adieu mon Caucase, liberté !

 

C’était juste un défi-décima auquel a bien voulu se prêter le sapin de Nordmann.

 

Carole Radureau (13 et 14 décembre 2021)

 

 

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Publié le 23 Décembre 2021

23. Pourpre dominant

.......le langage des arbres....

Habiller un géant coutumier
En robe pourpre
Comme pour effacer sa verdité
Miroir où se reflètent les pensées des muses
De la forêt
Moi je suis celui qui domine de son pourpre
La grande allée
Je ne suis pas le plus grand
Je suis celui que l’on voit et qui
Interroge :
Quel est ce bel arbre pourpre
Du haut de sa majesté ?

Je suis un hêtre tout comme vous avec un h en plus
Un être merveilleux
Dont s’éprennent les sirènes des cieux
Ma couleur lie de vin 
N’est pas étrangère à cette aura
Elle glisse sur moi son velouté
Comme un grand cru de Séguret
Dans le gosier d’un non initié
Et mon fruit est le fruit du rêve
Ma feuille est découpée avec des ciseaux de tendresse
Rien en moi n’est raté
Ou galvaudé
Ou surfait
Je suis la perfection
Que voulez-vous c’est ainsi, il en faut
Je vous dit : »A la vôtre »
Un petit apéro Séguret-faînes ?
Ca vous dit ?

Apportez le comté et quelques tartines d’anchoïade
Il ne sera pas dit que le sang pourpre au diapason
De l’estomac
Ne se mettra.

Carole Radureau (23/12/2021)

Hêtre pourpre dans l’allée du parc de la Tête d’or à Lyon en 2016
 

 

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Publié le 22 Décembre 2021

Par Nemausquale — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12076353

Par Nemausquale — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12076353

......le langage des arbres....

 

Tout l’espace je veux occuper :

Vœu.

J’ai de longs bras

Des doigts crochus

De terribles extensions

Voulant en leurs rêves les plus fous

Flirter avec les étoiles.

 

Je veux tout prendre

Sur terre comme sous terre

Tisser mon réseau

Absorber la lumière du soleil

Le fruit du vent

La veine tiède de la pluie

La minéralité prospère

Le terreau subtil le limon

Timide

L’alchimie célèbre

Pour croître croître croître

On pourrait dire que je suis un conquérant :

Même pas !

J’aime à m’étendre dans un espace

Y prendre mes aises

Je suis décomplexé dites-vous ?

Certainement.

Ce n’est pas pour rien que je suis né platane

On m’a signifié à ma naissance le don de gigantisme

J’ai suivi de moi-même

Doucement

La feuille de route.

 

Pourquoi ne pas admirer sans juger l’entrecroisé de mes bras ?

Pourquoi ne pas entendre le rythme dans la chanson de mes phalanges ?

Il y a un petit air de naja qui sortirait de son panier

Comme la pomme offerte dans le conte

Serpent et pomme comme pour imiter la croyance

Mais ici c’est une évidence

La vie part de la graine

C’est là, véritable alchimie.

 

De tout il faut un peu pour croître comme moi, Gulliver des platanes

Mais non vorace, attention !!

Si je suis un géant je ne suis pas méchant

J’aime me laisser chahuter par les oiseaux

Qui viennent ajouter le son à la danse de mes bras

Si l’abeille veut y installer son nid

Elle est la bienvenue

Je suis l’arbre accueillant

Pas étonnant avec autant de bras

De bras pour les embrassades

De bras pour brasser

Nager dans la tendresse des retrouvailles

Embrasser surtout, oui, embrasser

Le ciel qui a respecté mon vœu.

 

Carole Radureau (22/12/2021)

 

Platane géant de Lamanon

 

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