pierre de soleil

Publié le 20 Mars 2019

Soleil
Timide soleil
Que rien n’efface
Que toute trace
Lumière pure
Fuse
Instant fugace
Chaleur d’une ébauche.

Soleil
Aucun mois qui ne veut pas de toi
Mars est un client pressé
De tresser rapidement sa natte de printemps
Soleil
Qui fixe son regard insistant
Sur le bois encore frais
Sur la branche encore nue
Sur le germe hésitant.

Soleil
Quelle force est la tienne
Fils du sang et de la vie
Père de tout ce qui naît
Mère de l’enfantement
Dans un rayon de miel
Dégoulinant.

Soleil
Tout ce qui dormait a hâte
Tout ce qui attendait se hâte
Tout ce qui hésitait se presse
Quand tu montres ton museau
Soleil
On tire très vite sur ta moustache
On la met dans sa poche
On ne veut plus la quitter
Elle qui est un avant-goût de ton dessert
Sucré-sacré.

Carole Radureau (19/03/2019)

Soleil de mars 1875 Camille Pissarro

Par Camille Pissarro — The Yorck Project (2002) 10.000 Meisterwerke der Malerei (DVD-ROM), distributed by DIRECTMEDIA Publishing GmbH. ISBN : 3936122202., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=156464

Par Camille Pissarro — The Yorck Project (2002) 10.000 Meisterwerke der Malerei (DVD-ROM), distributed by DIRECTMEDIA Publishing GmbH. ISBN : 3936122202., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=156464

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Publié le 9 Décembre 2018

L’or par-dessus les toits
L’or par-dessus les toits

Tu ne le vois pas
Il est au-dessus des toits
Couleur profonde
Il est au-dessus de toi
Or aux sangs de lumière.

Tu ne le sais pas
Son métal est un pur mystère
Son regard est anticorps
Qui lève la barrière
De
Sécurité.

Tu ne le sens pas
Car l’or n’a pas d’odeur
Sa végétale armure est une chambre
A volupté
Et sa douce cambrure
Une antique suggestion.

Tu ne le touches pas
Car sa robe est imagination
Car sa silhouette est une illusion
Car sa métaphore est un cygne
En habit de demain.

Carole Radureau (09/12/2018)

L’or par-dessus les toits
L’or par-dessus les toits

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Publié le 31 Mai 2018

Van Gogh, tournesols, 5 fleurs dans un vase - Par Vincent van Gogh — Somewhere on the internet, it's public domain anyway, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=665654

Je cultive les fleurs de ma pensée
Inconsciemment peut-être
Sans déterminer la date du semis
Ni envisager la date de la cueillette

En moi-même danse une grande fleur
Une fleur couleur de soleil
Aux bras-pétales de tournesol
Au cœur vibrant d’énergie

Dansant au son de la chacarera de las piedras
Au rythme du chamamé, du folklore
Des Andes
Elle se tortille la fleur
Elle aime vivre, elle
Veut le faire savoir

En moi-même vit une grande fleur
Sa couleur est celle du soleil
Sa vitalité est une force en soi
Qu’il faut extirper
Et puis la montrer

La poésie est extractrice de fleurs
De merveilles nichées dans nos cœurs
Et si âme nous avons en elles sont les fleurs
Qui rappellent la beauté
La joie d’aimer

Aussi jaune que brillent les rayons del sol
Aussi vive que la vie qui fuse chant d’oiseau
Aussi tendre que deux bras qui s’ouvrent
Elle danse au rythme du sone cubain
Chaleur profonde partage fusion liberté.

Carole Radureau (30/05/2018)

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 14 Mai 2018

J’éclos
Jaune poussin
De mon nid de citron
Pour te donner une leçon
Soleil
Toi qui te prends pour le maître
Des cieux
Mon éclat est un concentré d’étamines
Pressées
Ma parure est un véritable
Or pur
Mon cœur brille de son mimosa d’amour
Je suis moi, pissenlit
Plus ébouriffé que le cheval au galop
Dans ma gorge
Dort un miel profond
Qui puise ses racines
Dans l’amertume de ma terre-
Mère
Je serais celui qui rivalise avec ta puissante
Crinière léonine
Je serais celui qui n’a pas d’égal
Sur terre :
Je luis aux quatre vents
Je brille aux quatre lunes
Je souris aux étoiles filantes
Je file les tresses des nuages.

Carole Radureau (14/05/2018)

Le pissenlit qui voulait donner une leçon au soleil

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Publié le 1 Mai 2018

L’aube pointe un écarquillement des yeux
La lumière est en pointillé
A l’orée du bois un rayon d’or se réveille
S’infiltre entre le labyrinthe de branches endormies
Et la surface infinie de pureté adjacente

Le jour pique un grand bâillement de fraîche rosée
Le silence est à peine troublé par le craquement
De sa mâchoire
Grande dévoreuse de secondes de minutes et de développement
Calme car le temps ici
Est un temps normalement réglé

Il est l’heure de sourire à la matinée
Il est l’heure d’ouvrir sa cape et de sortir
Couronne étoilée d’or et poussin parfaitement
Poudré
L’étoile a glissé son petit bonjour dans un pollen gai
Comme un pinson
Le temps est venu de fleurir, ah ! Oui fleurir
L’eau n’y peut rien, ne ralentit pas la volonté de la jaune
Tête éprise du soleil

D’étoile elle est la jumelle
Simplement vêtue d’une jupe de paille
Son corsage maintient sa poitrine douce et volontaire
Elle est fière de développer la vie
Dans son entourage on ne voit que la certitude lumineuse
De son sourire éclatant
Il n’y a que les abeilles qui connaissent le secret de son cœur
A elles, elle autorise de butiner mot à mot sa poésie
Les abeilles usinent un miel poétique à nul autre pareil :
Vous n’avez jamais goûté le miel de jonquille ?

Il est dédié au soleil père des étoiles
Au petit déjeuner il s’en glisse tant autour de ses
Babines
Que surgissent mille rayons d’or
Pour réchauffer nos vies.

Carole Radureau (018/05/2018)

Etoile de lumière

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 24 Mars 2018

Plume de pinson trempée dans le sable du temps qui passe

Comme le sable
Coule fluide
Infiniment
Dans le cours des vies
Sans égard pour le temps
L’oiseau
Ephémère pinson de l’éveil
Printanier
Tu es et tu seras
Destiné
A vivre pour reproduire
Et t’enfuir dans le sable
Doux et fécond
Pour l’éternité de la terre

Se sentant fort de tant de connaissances
Se sentant jeune malgré les ans
Prêt à affronter les prémices de la vieillesse
Homme qui croit avoir encore du temps pour vivre
Ce que l’accéléré du quotidien a propulsé
Flèche trop tardivement tirée dans la cible de l’opposition
Et dans l’arrière-cour de la mobilité
Se tient la réalité
Se tient la vérité

Comme ce qui s’écoule sans pause
Ne peut s’arrêter ainsi
Réfléchissant philosophant
Car contrairement à l’oiseau
L’homme est doté de ces outils
Qui ne lui permettent uniquement
Qu’à pleurer sur sa vie qui fuit
Lamentablement
Trop rapidement
L’homme ne peut s’empêcher de penser
Que ce temps
Il est là encore devant lui
Alors que l’oiseau, lui
Sait très bien jauger de son flux
De son calendrier
Sans se tromper de saison :
Vivre et survivre
Aimer et procréer
Elever et éduquer
Et puis recommencer
Jusqu’à l’aube de ses jours
Sans se poser la question
Sans se dire pourquoi ou autrement est-ce possible

En vivant
Parce que vivre c’est aussi
Se laisser
Bateau apte à naviguer sur le sable
Couler,
Sans résister

Je ne serais pas celui qui lutte sans arme contre
Un adversaire
Invincible
Je serais celui qui respecte le sens de la vie
Et qui accepte l’heure d’en partir.

Carole Radureau (24/03/2018)

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Publié le 9 Novembre 2013

Prisme d'opale
La vie et pourtant

J’étreins un fantôme de tendresse qui ravive mon ulcère du bonheur

Deux yeux ébahis et un sourire d’enfant s’habillent en haillons de souvenirs

La mer des hommes a rejeté sur la grève un amour imploré

Et les fleurs de mémoire ont perdu leur arome

Je traverse la vie suspendu à un fil

Surplombant dans mon vol toute la furie des foules

L’estomac ligaturé d’une invisible angoisse

Qui décompose mon corps et renforce mon esprit

Si mon avenir semble se graver dans la fuite

C’est pour revisiter le lieu de ma naissance

Et pour désagréger le berceau des méchancetés

J’ai troqué mes doudous pour des bains de nausée

Et échanger mes larmes pour un spectre d’amour

J’offrirai toute mon âme aux fous de liberté

Pour affronter la nuit dans la sérénité

Apercevoir le phare de ce petit matin

Pour ne plus transpirer et ne plus chavirer.

Tant que je pourrai garder les yeux fermés

Mes narines frémiront à l’indicible promesse

Pervers aux yeux des hommes, pour tout dire anormal

Mon seul crime étant de ne pas être animal

Je reste agrippé à ce vaporeux rocher d’amour

Que vient inlassablement briser l’insensible marée

S’il est un chez moi, il n’est pas dans ce monde

Mais la vie et la terre ont domptés mon futur

Hobo-Lullaby

Image Monica (avec un grand merci)

*****

Prisme d'opale
Trousseau de naissance

Je naissais nue avec pour tout bagage

une couche épaisse de litière enrichie en humus

collectée durant des siècles de poussière.

Cet héritage olfactif

je le recevais de je ne sais où mais qu’importe,

il était là à présent jusqu’à cet aujourd’hui.

Mes mains connaissaient déjà le rugueux

des pousses vert émeraude des fougères enroulées,

elles savaient que bientôt sous ces feuilles épanouies

de minuscules graines brunes, rondes et volubiles

dissémineraient leurs subtils messages,

semant leurs fécondes promesses dans l’humus accueillant.

Le tapis de la forêt, présent et inconscient

déroulerait alors son tableau aux si jolis propos.

Mon ouïe encore intacte avait emmagasiné

dans le passé minéral,

le chuchotis de l’eau qui coule tel un cristal sur les roches

dénudées,

qui parfois chute sur la mousse abondante et curieuse,

ou bien encore rigole en tombant de très haut.

Mes pieds nus avaient en mémoire la douceur de la pierre,

bien souvent mère nourricière,

son glissant si futile et sa rugosité subtile,

je savais que toujours dans la vie il faut assurer son pas.

Sous les châtaigniers au feuillage vert de bouteille

je savais où trouver l’énergie nécessaire,

bien enfouie dans leurs bogues-hérissons,

les fruits de leur farine tendaient leurs sourires épanouis.

Dans ma bouche le souvenir du nectar sucré

croqué à pleines dents à pleins rayons par les êtres premiers,

imprimait son indélébile et nutritive trace.

Une chaude odeur de vie, de terre meuble, de racines échevelées

emplit mon atmosphère et enrichit ma pousse,

et telle la fougère qui à l’ombre prospère,

je grandis sans un bruit,

mon cœur enfermant ses douleurs dans un cocon de sang.

J’attendais le jour où la nature en son sein

accueillerait enfin ma joie d’aimer au rythme de ses jours,

accueillerait enfin ma dépouille et ses os

qui frémissent et soupirent

d’avoir trop vécu, trop su et trop compris.

Carole Radureau (24/10/2013)

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