…….Fragments de la pampa freneusienne…….
Muse, il faut te secouer !
Assez dormi dans ton escalator de bûches
La tête sous l’aile, incognito
L’oiseau demande son troubadour et
La saison est avancée.
Avancée sur un plateau d’été, oui
Avec la canicule et tutti quanti
Qui donne à la muse, l’envie
De
Rêvasser
Sous les bûches
En compagnie des chenilles processionnaires.
C’est la grande dépression.
Pourtant, ce n’est pas un changement de saison
Ou peut-être bien, l’est-ce ?
Changement trop brusque
Comme un qui a décidé de bouleverser le calendrier
De mettre le cul par-dessus la tête
De tout chambouler.
Pourtant, les hypolaïs ne s’y sont pas trompés
Ils se poursuivent dans la pampa
Ils se coursent tels des chevaux appaloosa en rut
Dans la Grande prairie.
Ici, c’est un peu plus sec, un peu plus épineux
Mais, c’est bien pour les oiseaux
Le territoire qu’il leur faut
Que rien ne change !
Oups ! j’ai fait une boulette
Tout est au changement, au bouleversement :
Du progrès ?
Que nenni.
Du recul ?
Que nenni.
Une sorte de stagnation dans le pire
Comme un rétropédalage qui a misé un peu trop sur la semoule verte,
L’inopportune.
Les oiseaux nous ramènent peu à peu aux fondamentaux
Si le moral est bas, ils le relèvent par leurs chants.
Les voir évoluer,
Etoiles précieuses d’un firmament familier
C’est une chance inespérée.
La fatigue doit se terrer derrière le tas de bûches
La fatigue ne peut être une habitude,
Si ?
Alors, il faut la dépasser.
C’est le regard posé sur le monde qu’il faut travailler
Le regard ? Qu’il se détourne de la santé, de la fatigue
Qu’il se reconcentre sur l’essentiel, c’est-à-dire la nature
Le chant des oiseaux
L’herbe qui pousse éternellement verte
Avec de petites pâquerettes
Qui s’égaient au milieu dansant la capucine
Une qui cultive l’orangé au milieu d’un champ de pucerons.
L’hypolaïs est là et est multiple
Ventre jaune paille au milieu de quasi-genêts
Qui ne concurrencent pas du tout la jaune Ardèche aux généreux genêts
A la senteur de balai, puissante et entêtante
Sans la poussière (c’est un jeu de mot avec genêt à balais).
Je m’égare.
Ma muse a écrit appaloosa, la voilà partie au galop.
Comme vous le savez, les sprints sont courts
La durée provisoire
Rien n’est écrit dans le temps
Juste prendre le fil par la patte quand il se présente
Le tirer délicatement et se dire :
Comme ça fait du bien quand la muse éclate de rire sur une feuille blanche
Quand elle postillonne et s’époumone
Alors qu’elle n’était pas si quiète sous son tas de bûches.
Elle enrichissait son vocabulaire
Fertilisait sa pensée
Affinait son propos tel un fromage vieillissant sur son étagère,
Dans la borie des abeilles
Elle peaufinait sa texture, son verbiage et son entredeux
Puisant des éléments de langage poétique à Pouchkine, Troyat ou Amado :
Ah ! les belles lectures précieuses
Les évasions célestes
Les aventures à travers steppes, pampas et sertão
Que ne puissiez-vous laisser à ma muse un petit quelque chose
Certes pas un roman
Quelques mots, figures de style, idée
Pour qu’elle continue de galoper
Puissiez-vous encore servir au-delà du rêve
Que les oiseaux soient fêtés et chantés comme il se doit
Que les oiseaux soient les rois comme ils se doit
Qu’ils continuent de voler dans la canopée de ma poésie
Qu’ils brillent, chantent et s’égosillent
Car, il n’y a que ça de vrai dans la vie :
Le chant des oiseaux.
Carole Radureau (26/05/2026)
Inspirée par cette photo de Gianni (Freneuse, mai 2026)