Publié le 6 Juin 2026

Le bavard des pierres ou des ajoncs
Le bavard des pierres ou des ajoncs

…….Fragments de la pampa freneusienne…..

 

 

Bavarder dans les pierres ou encore

Dans les ajoncs

Quand le jaune est la vertu dominante

Après le rose des bruyères, avant

Le blanc des ronciers

D’ailleurs il habite les ronciers

C’est son nom latin qui nous le dit

Nous l’aurions bien deviné, n’est-ce pas ?

Ce joli cœur, joli gars

Tenue tricolore qui n’a rien d’un drapeau

Belle apparence, joli chant ?

Ah ! que ne t’entends-je pour de vrai

Perché au-dessus de ton domaine

Tout tricoté et tressé d’ajoncs, de ronces et de lumière

Cet habitat souvent dénommé broussailles

Dans lequel s’épanouit tant de vie

Offrant le toit et le couvert

Y compris des endroits où se percher

Pour siffler, le soir

La sérénade aux étoiles.

 

Carole Radureau (06/06/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni d’un tarier pâtre (Freneuse, mai 2026)

 

Tarier pâtre ou traquet pâtre

Saxicola rubicola

 

Rubicola : du latin rubus = ronce et colo = habiter

Pâtre : habitude d’être perché sur les buissons ou sur des poteaux dans les prés où paissent les bêtes.

En anglais : european stonechat = le bavard des pierres ou gorsechat = le bavard des ajoncs (ceci pour ce qui m’a inspirée)

 

Le bavard des pierres ou des ajoncs
Le bavard des pierres ou des ajoncs

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Publié le 5 Juin 2026

 

…….fragments de Baie de Somme…..

..........Chant d'amour au cycle de la vie.......

 

 

Petit ! oui mais très beau

C’est le plantain en habit de réséda

La chauve-souris dans l’habit de la licorne

L’ortie en fuseau d’orchidée.

 

En lui tout est parfait

Se tient en un motif complémentaire

Infini

Moitié-canard, moitié-sirène

Il en a adopté les écailles

Tout gentiment rangées en ordre de grandeur

décroissant

C’est un motif étonnant

Un miroir vert scintille en reflet dans l’eau

Comme un voyage au-delà de la nuit

Un trait blanc circule autour de ses yeux

Et sa tête a comme un iroquois.

 

Petit ! Mais fabuleux

Trônant sur la mare comme un phare nécessaire

Il fait des ronds dans l’eau

Et tourne la louche dans la soupière

Il a l’air d’un grand et je ne sais pourquoi

Je l’appelle petit canard

Peut-être parce que c’est la traduction de son appellation

Que je préfère

Marrequinha

En

Portugais =

Petit canard.

 

Carole Radureau (05/06/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni d’une sarcelle d’hiver (Parc du Marquenterre, avril 2026)

 

Petit canard
Petit canard

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Publié le 26 Mai 2026

Les hypolaïs du retour

…….Fragments de la pampa freneusienne…….

 

 

Muse, il faut te secouer !

Assez dormi dans ton escalator de bûches

La tête sous l’aile, incognito

L’oiseau demande son troubadour et

La saison est avancée.

Avancée sur un plateau d’été, oui

Avec la canicule et tutti quanti

Qui donne à la muse, l’envie

De

Rêvasser

Sous les bûches

En compagnie des chenilles processionnaires.

C’est la grande dépression.

Pourtant, ce n’est pas un changement de saison

Ou peut-être bien, l’est-ce ?

Changement trop brusque

Comme un qui a décidé de bouleverser le calendrier

De mettre le cul par-dessus la tête

De tout chambouler.

Pourtant, les hypolaïs ne s’y sont pas trompés

Ils se poursuivent dans la pampa

Ils se coursent tels des chevaux appaloosa en rut

Dans la Grande prairie.

Ici, c’est un peu plus sec, un peu plus épineux

Mais, c’est bien pour les oiseaux

Le territoire qu’il leur faut

Que rien ne change !

Oups ! j’ai fait une boulette

Tout est au changement, au bouleversement :

Du progrès ?

Que nenni.

Du recul ?

Que nenni.

Une sorte de stagnation dans le pire

Comme un rétropédalage qui a misé un peu trop sur la semoule verte,

L’inopportune.

Les oiseaux nous ramènent peu à peu aux fondamentaux

Si le moral est bas, ils le relèvent par leurs chants.

Les voir évoluer,

Etoiles précieuses d’un firmament familier

C’est une chance inespérée.

La fatigue doit se terrer derrière le tas de bûches

La fatigue ne peut être une habitude,

Si ?

Alors, il faut la dépasser.

C’est le regard posé sur le monde qu’il faut travailler

Le regard ? Qu’il se détourne de la santé, de la fatigue

Qu’il se reconcentre sur l’essentiel, c’est-à-dire la nature

Le chant des oiseaux

L’herbe qui pousse éternellement verte

Avec de petites pâquerettes

Qui s’égaient au milieu dansant la capucine

Une qui cultive l’orangé au milieu d’un champ de pucerons.

L’hypolaïs est là et est multiple

Ventre jaune paille au milieu de quasi-genêts

Qui ne concurrencent pas du tout la jaune Ardèche aux généreux genêts

A la senteur de balai, puissante et entêtante

Sans la poussière (c’est un jeu de mot avec genêt à balais).

Je m’égare.

Ma muse a écrit appaloosa, la voilà partie au galop.

Comme vous le savez, les sprints sont courts

La durée provisoire

Rien n’est écrit dans le temps

Juste prendre le fil par la patte quand il se présente

Le tirer délicatement et se dire :

Comme ça fait du bien quand la muse éclate de rire sur une feuille blanche

Quand elle postillonne et s’époumone

Alors qu’elle n’était pas si quiète sous son tas de bûches.

Elle enrichissait son vocabulaire

Fertilisait sa pensée

Affinait son propos tel un fromage vieillissant sur son étagère,

Dans la borie des abeilles

Elle peaufinait sa texture, son verbiage et son entredeux

Puisant des éléments de langage poétique à Pouchkine, Troyat ou Amado :

Ah ! les belles lectures précieuses

Les évasions célestes

Les aventures à travers steppes, pampas et sertão

Que ne puissiez-vous laisser à ma muse un petit quelque chose

Certes pas un roman

Quelques mots, figures de style, idée

Pour qu’elle continue de galoper

Puissiez-vous encore servir au-delà du rêve

Que les oiseaux soient fêtés et chantés comme il se doit

Que les oiseaux soient les rois comme ils se doit

Qu’ils continuent de voler dans la canopée de ma poésie

Qu’ils brillent, chantent et s’égosillent

Car, il n’y a que ça de vrai dans la vie :

Le chant des oiseaux.

 

Carole Radureau (26/05/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni (Freneuse, mai 2026)

 

 

Les hypolaïs du retour

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Publié le 1 Mai 2026

Au loin

…….Fragments de Baie de Somme…..

…………Chant d’amour au cycle de la vie……

 

 

Au loin

Un pèlerin

Enfant de la forêt

Fils de la profondeur des siècles

Petit affût

L’onde a faim de brume

La faim est une épopée

Elle écrit son blabla

Aussi bien sur l’onde

Que dans le ciel

La faim est une habitude

Au loin

Un pèlerin

C’est au moins notre 1er

Roi des airs

De la rapidité

De la précision de tir

Il a mis de côté sa couronne

Roi humble

Sans quiproquo

Juste fidèle à lui-même

De son phare

Dans la canopée

Il observe

La gent à plumes affairée

C’est le déjeuner de soleil sur l’eau

Les queues en l’air

Le self se trouve dans le labyrinthe de la faim

Le rapace, lui

Connaisseur des opportunités

N’a qu’un mot, ce matin à son répertoire :

Patience.

 

Ce qui permet de le voir un peu mieux

Patience

La photo est plus nette

Malgré la distance

On en reconnaît peu à peu les contours

Au loin

Un pèlerin

Le monde ne sera plus jamais le même

A présent.

 

Aperçu, vu, reconnu.

Au loin.

 

Carole Radureau (01/05/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni d’un faucon pèlerin (Parc du Marquenterre, avril 2026)

Au loin

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Publié le 28 Avril 2026

La croisée des chemins

…….Fragments de la pampa freneusienne……

 

 

A droite, canopée obscurcie, ombres perfides

A gauche, nuage étincelant. Fils de l’argent

A droite, rivière aux soubresauts démesurés

A gauche, niche de satiété

A droite, quizz régurgitant les exemples de traversées

A gauche, vert matelas, édredon de chlorophylle

A droite, onomatopée, hoquet, vilaine échancrure, chancre

A gauche, liberté sur son fil anti décadent

A droite, impunité, ingérence, ineptie, injure, incurie, irritation du siège

A gauche, harmonie, volupté de l’être, sieste peut-être

 

 

A gauche, tout va bien, ta voie me dit « viens »

A gauche, ta voix ne me dit pas « peut-être », elle me dit : « Prêt ? »

A gauche, allez, je fonce, je ne peux pas me tromper

Il n’y a qu’une seule voie, la gauche

Je n’ai plus qu’une aile, gauche droite et fière

Elle peut me mener où je veux

Je n’ai plus qu’une seule patte, la gauche

Qui désire s’écrire dans le marbre de la voie

La branche de gauche, c’est mieux

C’est toujours mieux à gauche disent-t-ils

Bien oui, y’a du sentiment

Le sentiment ça comble un vide dans la vie

Le sentiment, ce n’est pas de l’argent

Pour les oiseaux compte aussi le sentiment ?

Oui, me répond

Gravement

Le grimpereau

Qui

S’

Engage

Sans hésiter

Sur

La

Voie

De

Gauche.

 

Carole Radureau (28/04/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni (Freneuse, avril 2026)

 

La croisée des chemins

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Publié le 27 Avril 2026

Hobby et les hannetons

……..Fragments de la pampa freneusienne……

 

 

Si les rapaces savaient chanter

La poésie, tout entière, à eux

S’ouvrirait, plume à la main

Encrier débordant

De cette encre de son et de lumière

Enrichie d’un savoir-faire puisé dans le granite.

Mais les rapaces ne savent pas chanter

De plus, ils déchiquettent leurs proies en vol

La poésie en est tout offusquée

Elle se range, d’un trait à l’encre de Chine

Du côté des victimes

Si ce sont des hannetons

D’autant plus.

Les hannetons sont les fils de la poésie

Elle aime entendre crisser leurs pattes sur le papier d’amate

Parfois ils se prennent une patte entre les fibres

Surgissant comme d’un champ d’agave.

Pourtant les rapaces aussi sont fils de la poésie

Un éclat de leur œil noir et vif l’a fait fondre

Elle voit en eux la puissance

Aussi, la tendresse

Elle reconnaît en eux l’adresse

Aussi, la nécessité.

Tous les enfants de la Terre Mère sont enfants de la poésie.

Parfois, elle l’oublie

Toute à son émotion

Toute à sa narration du moment présent :

Le chasseur chasse

La proie se fait chasser

Elle n’est pas condamnée, la proie

Ainsi qu’un agneau attaché au bout d’une corde ou

D’un prisonnier qui attend sa sentence voyant par les barreaux de sa fenêtre

La guillotine qui lui cligne de l’œil

Le hanneton peut voler lui aussi

Il peut feinter

Il peut se cacher peut-être.

Les chasseurs n’ont que peu de réussites

Les chasseurs ont souvent le ventre creux

C’est le jeu de la vie

La poésie doit le respecter

Avant de sortir sur son bureau

Le papier d’amate,

La plume de faucon hobereau,

L’encre de résilience des hannetons,

Et le petit duvet rempli d’amour

Tombé du nid de freux

Habité par les BB hobereaux

Occupants momentanés d’un monde

En instantané.

 

Carole Radureau (27/04/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni (Freneuse, avril 2026)

 

Hobby et les hannetons
Hobby et les hannetons

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Publié le 26 Avril 2026

Oscar le brocard : Frotti-frotta
Oscar le brocard : Frotti-frotta

……..Fragments de la pampa freneusienne……

 

 

Je vais marquer mon territoire.

 

Oh ! c’est facile, on fait :

 

Comme-ci,

Comme-ça

Frotti-

Frotta

Couçi-

Couça

(ah non, c’est pas d’actualité !).

 

C’est pour masquer les odeurs des gens.

 

Ça vous choque ?

 

Bah oui, nous ici on n’aime pas trop les odeurs des gens

Ça nous fait de la concurrence, quoi !

Ça nous emberlificote les narines

On ne sait plus à qui l’on a affaire.

Ce n’est pas l’odeur des gens qui se promènent sur les sentiers

Non, ça serait plutôt celle des chasseurs

Car, eux, ils vont et viennent

En dehors des sentiers

Pour nous débusquer

Pensez : au cas où ils débusqueraient Bambi

Tout mimi, caché dans un buisson :

Pan et pan !!

Voilà Bambi taché de miettes de sang

Au lieu de ses tâches de lait.

 

A quoi pensent-ils ?

C’est de la folie

Toujours tuer, tuer, tuer et re-tuer.

 

Alors nous, ça nous donne du boulot

On tague les troncs d’arbres

Que certains disent qu’on les fait crever

Mais moi qui vous parle par l’intermédiaire de ce média

Je vous le dis, croyez-moi

La nature-même de nos tags

C’est la première, ici, dénoncée

N’en voyez pas une autre

Car tout, je dis bien, tout

Dans la nature

Est bien pensé

Dès qu’il y a déséquilibre systémique

Il faut y voir la main de l’homme.

Je sais, ça ne vous fait pas plaisir d’entendre cela

Mais, la voix de la sagesse

C’est celle de la forêt.

C’est ainsi :

Il faut l’accepter.

 

Carole Radureau (26/04/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni (Freneuse, avril 2026)

 

Oscar le brocard : Frotti-frotta
Oscar le brocard : Frotti-frotta
Oscar le brocard : Frotti-frotta
Oscar le brocard : Frotti-frotta

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Publié le 25 Avril 2026

Celui aux ailes effilées
Celui aux ailes effilées
Celui aux ailes effilées

……..fragments de la pampa freneusienne…….

 

« Petits hobiers audacieux, petits mouchets ambitieux, le héron n’est pas votre chasse » (un poète en 1627)

 

 

Ce nouvel oiseau dans le ciel de la pampa freneusienne

Serait-ce un martinet ?

Il en a les ailes effilées

Vif et bondissant, il l’est

Comme le martinet

Seulement, en regardant de plus près :

C’est d’un rapace dont il s’agit

Peut-être un faucon crécerelle ?

Sa taille correspond.

Non, c’est un autre oiseau

Un nouvel ami qui se profile à l’horizon.

Qui es-tu bel oiseau

Conquérant du ciel ?

 

C’est un prédateur puissant

Il ne fait pas bon être, par lui,

Repéré lors de ses courses matinales.

Sa redingote est toute rayée

Finement rayée et son croupion

Est couleur de châtaigne ou de marron d’inde

Il a belle allure

C’est un voltigeur

Sans doute un cascadeur

En tout cas, solitaire

Il chasse et mange ses proies dans les airs

Du coup nos amis martinets ne sont pas à la noce

Ni les hirondelles

Ni les autres compagnons à plume

Et les insectes et les libellules sont de la partie

Cette année, il y a beaucoup de hannetons

C’est sans doute pour cette raison qu’on le voit

C’est un oiseau encore jamais vu ici.

Les hannetons ont des cycles

Une année, quand j’étais enfant, chez mes grands-parents

Il y avait eu un nuage de hannetons

J’en avais ramassé par poignées, le soir, sur la colline

Placés dans 2 boîtes à sucre, je les avais étudiés et relâchés

J’aime leurs pattes velcro qui grattent et s’accrochent sur tout

J’imagine le festin de hannetons par ce chasseur

Je n’aimerais pas le voir

Déchiqueter en vol un oiseau

Seulement chacun doit manger

D’autant plus quand c’est la saison des nids

Lui ne fabrique pas de nid

Il réutilise les anciens nids

Ceux qu’il préfère sont ceux des corvidés, des freux en particulier

La femelle y dépose 2 à 4 œufs

Très vite, après le départ des petits

Ils migreront vers l’Afrique australe.

Ce faucon est le hobereau

Quand on y réfléchit bien

On a peu d’occasion de le voir dans l’année

Tout comme les martinets qui sont arrivés eux aussi,

Un seul trimestre, à la belle saison

C’est vite passé.

Demain, j’y reviendrais avec d’autres photos

D’autres photos de ce bel hobereau.

 

Carole Radureau (25/04/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni (Freneuse, avril 2026)

 

Avec l’étymologie, on comprend mieux à qui l’on a affaire :

 

Faucon hobereau

Falco subbuteo

 

Subbuteo : du latin sub = en-dessous et buteo = buse : plus petit qu’une buse

Hobereau : XIVe siècle, provient de noms anciens comme hobel et hobier dérivés du verbe hobeler = piller, harceler, emprunté au néerlandais hob(b)elent = bouger, se démener.

Selon P. Géroudet « ce corsaire est en somme un pèlerin en réduction ».

Hobereau au XVIe siècle signifie « petite seigneur » dans le sens de « rustre », c'est donc un gentilhomme de petite noblesse campagnarde avec peu de moyens par opposition au grand seigneur (tout comme le faucon est un hobereau par rapport à l’aigle).

Son nom en provençal et en catalan : foúcoun moustachu/falcó mostatxut = faucon moustachu (en raison des 2 zones noires obliques au-dessus des yeux).

En espagnol : alcotán

En italien : lodolaio = l’alouetteur (mangeur d’alouette)

 

Celui aux ailes effilées
Celui aux ailes effilées
Celui aux ailes effilées

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Publié le 17 Avril 2026

Ma commère aux grands pieds
Ma commère aux grands pieds

………Fragments de Baie de Somme…..

                  Chant d’amour au cycle de la vie……

 

 

Ma commère jamais

N’a pu trouver

Chaussure à son pied

Elle l’avait trop large

Elle l’avait trop long

Elle l’avait trop plat

Quelle difficulté !

De chaussure, direz-vous

Elle n’avait point besoin

Pourquoi faire ?

Ma commère en avait juste envie

Elle avait envie d’avancer

Sans pour autant

Sous son nez

Perpétuellement

Avoir ses grands pieds.

Parfois, c’est vrai

Elle en avait honte

La Terre-Mère, décidément

Ne l’avait pas gâtée

Pourquoi est-ce que c’était tombé sur elle ?

Ma commère ne comprenait pas.

La Terre-Mère avait toujours ses raisons

Rien dans sa création

N’était fait à l’emporte-pièce

Non !

Même pas les pieds de ma commère.

Ceux-ci avaient une grande utilité

Et quand elle était sur l’eau

Ma commère

Ne s’en plaignait plus

Elle avait une bonne utilisation de ces extrémités

Certes disgracieuses au sol

Et quand il fallait

Sur la végétation aquatique

Se déplacer

Ma commère était alors la reine :

Certes, elle n’avait pas de couronne

Quoique son front était tout auréolé d’argent sacré.

En y réfléchissant

Ma commère avait croisé ses pieds

Elle avançait comme ça

D’une allure gracieuse, comme sur un podium

Son auréole argentée tout à coup

D’un éclaboussant message

Avait rayé d’un trait

Le handicap des pieds

Alors qu’en vérité, ma commère

N’était-elle pas sublime

De la tête aux pieds ?

 

Carole Radureau (15/04/2026)

 

 

Inspirée par ces photos de Gianni (Marquenterre, avril 2026)

Ma commère aux grands pieds
Ma commère aux grands pieds

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Publié le 15 Avril 2026

Natation synchronisée

……..Fragments de Baie de Somme…..

                Chant d’amour au cycle de la vie…….

 

 

Nulle musique

Nulle cadence

Même pas un coup de sifflet

Tout à coup

Sans se concerter

Ils plongent au même moment :

Alignés

Identiques

Dans le prolongement.

C’est sous l’eau que cela se passe

Ce que l’on n’entend pas d’ici :

Les chansons

L’opéra des oiseaux

Les rires et les sourires en coin

Les clins d’yeux

La complicité

Les palabres.

Ils sont timides.

C’est pour ça.

 

Carole Radureau (15/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni (je dirais que ce sont des tadornes, Marquenterre, avril 2026)

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