Publié le 16 Février 2024

Gardien de l’espace protégé

 

J’ai mis mon habit de poudre

De poudre de couleur jaune

Je suis le fils du mimosa

Je n’embaume pas, je garde

Je suis le gardien des lieux

Il faut les garder les lieux

Les surveiller car souvent

Ça fait n’importe quoi

Quand je le constate

Je glisse sur mon habit de mimosa

Un regard de circonstance

Derrière de grosses lunettes de fer

Je gronde et je gronde et je gronde

Parfois je grogne et grogne

Nul ne m’entend !

C’est désespérant !

Est-ce parce que je suis de la couleur du mimosa ?

Est-ce parce que le jaune est la couleur de la tendresse ?

Je fais les gros yeux rien ne se passe

Je suis tout-à-coup couleur-détresse

Personne ne le voit, dites-moi que vous, vous le voyez !

Je veux briller comme Dame Soleil

Porteur de son message et de sa lettre aux hommes

Je veux devenir citron, avec un petit peu plus de piquant

Une dose d’histamine qui hérisse les poils sur le dos des mains

Quand je serais jaune citron

Je chausserais des lunettes d’obsidienne

Personne ne dira : Je ne t’ai pas vu, Citron

Avec tes gros yeux de circonstances

Mais j’ai entendu la sentence, PROMIS !

Je ferais attention, attention, attention.......

 

Foi de papillon-gardien, gare à vous !

Soyez respectueux, que diable !

 

Carole Radureau (16/02/2024)

 

Inspirée par ces photos de Gianni

Gardien de l’espace protégé

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Gianni ou fragments de vie sauvage

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Publié le 16 Février 2024

 

Moque, moque-toi

Moque

Que tu te moques

Que tu rigoles

Fort

Que tu ricanes

Moque, moque-toi

De nous ?

 

Nous marchons sur les pas de tes vols

Nous déambulons sur ton territoire

Nous le violons peut-être

Moque, moque-toi

Ou bien tu chantes ton cri d’amour peut-être

Sur un ton un petit peu railleur

Moque, moque-toi

De tout.

 

Le chemin est parsemé de rires.

Le chemin est un grand éclat de rire.

Les oiseaux s’envolent sous tes rires

Traversent le chemin

Je les prends pour toi (sans mes lunettes)

Je les prends pour le geai (car le geai sait imiter)

De toi nulle trace sinon le rire

Le rire qui fait tache d’huile

Le ricanement accompagnant

Le guide-rire, le guide-rigolo, le guide-ornitho-rire

Le guide dans le bois

Moque, moque-toi

De nous ?

 

Carole Radureau (16/02/2024)

 

L’oiseau moqueur de Magnanville

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Oiseaux muses

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Publié le 14 Février 2024

 

 

Tout notre amour

Dans la lutte pour la terre

Tout notre amour

Flottant sur la masse fragile des rivières

Tout notre amour dans le cœur asséché des zones humides

Tout notre amour pour reconstituer les frailejones

Beaucoup de force et de tendresse

A lever le poing face à la fonte des glaces

Nous ne stopperons pas l’échéance

Peut-être la ralentirons-nous si nous unissons

Notre amour

Pour tout ce qui est vivant

Si nous tissons notre amour

Pour tout ce qui fait de nous des êtres vivants

Si nous chantons notre amour

Pour tout ce que nous apporte la Terre-Mère

 

Tout notre amour

Pour voler avec vigueur auprès des oiseaux menacés

Tout notre amour

Pour les nettoyer des marées noires

Tout notre amour pour éviter que les océans

Deviennent des marmites bouillonnantes

Dans lesquelles la vie s’enfuit, la vie s’éteint

Tout notre amour pour un air plus pur

Pour que la vie puisse, sans masque aucun

Respirer à plein poumon

Tout notre amour pour créer des espaces vivifiants

Lutter contre la bétonisation, lutter

Contre toujours plus de prisons

Au lieu de champs à cultiver

Tout notre amour pour une agriculture saine

Pour que les fruits de la vie soient des fruits de santé

Non de mort

Tout notre amour pour comprendre les enjeux

Pour entendre les lanceurs d’alerte (dont je fais partie malgré moi)

Tout notre amour pour danser sur les volcans

Pour crier du toit des montagnes

Pour voler, majestueux avec le condor

Tout notre amour pour tout ce qu’il reste à faire

Pour l’immense tache, pour le devoir essentiel

Il ne faut pas tergiverser

Le jour des amoureux n’est-il pas ce jour

Où ce célèbre tout cet amour

Non pas égoïste et consommateur

Mais pluriel, empathique et militant ?

 

Tout cet amour, je le dépose dans le paquet commun

En attendant, patiemment

Vos dons.

 

Carole Radureau (14/02/2024)

 

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Terre-mère

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Publié le 7 Février 2024

Par Brücke-Osteuropa — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7659309

 

Vibre, la corde sensible

Quand l’histoire est bien racontée :

Le petit cheval est mort !

Sa tête repose contre son ami

Qui recueille mot à mot son dernier souffle :

« Ami, de mes crins, de ma peau,

De mes boyaux, de mes os

Fabrique le Morin Khuur :

L’archer magique nous emmènera galoper de nouveau

Toi et moi dans la steppe ».

 

Pleure, pleure, pleure !

 

27.000 morts.

Gaza, l’abandonnée.

Non, Ziad, ici, pas de corde sensible.

Ici, la masse ne vibre pas.

Insensibilisation ? De morts,

N’y en a-t-il pas assez ?

A partir de quel nombre ?

A partir de combien d’images ?

Les images ? Elles n’existent pas.

Les visages ? Ils n’existent pas.

Les noms ? Ils sont inconnus (probablement

N’en ont-ils pas) :

Sauf quelques corps invisibles

Dans des linceuls, sacs plastique

Emballés face au trou, anonymes

En masse, dans

Le trou.

 

Seuls quelques-uns, ici (mais ne sont-ils pas des soutiens du Hamas ?)

Glissent sans effort l’archer

De l’empathie et de la compassion

Sur le corps vibrant du Morin Khuur :

 

Pleurent, pleurent, pleurent !

Crient, crient, crient !

Agissent, agissent, agissent !

 

…..pour que vibrent les cordes sensibles.

 

Combien de Morin Khuur

Pour que s’éveillent les consciences ?

Un orchestre, deux, trois,

Cent, mille ?

Nous vibrons peut-être aussi

A géométrie variable

L’histoire, peut-être

Est très mal racontée

Nous avons, peut-être chaussés

Les lunettes de l’inconscience

A défaut de monter sur le cheval

De la liberté au galop

Sur le cheval, le vent glisse avec lui,

Glissent les mots d’amour,

Glissent les paroles belles qui font pleurer

Face à l’injustice, face à l’innommable …..

 

« ….. »

 

Je me réfugie dans le bois du pic quand j’ai froid

J’y vais en volant,

J’y vais en me promenant :

Parfois son accès m’est interdit :

 

Pleure, pleure, pleure !

 

Ici, c’est mon refuge à moi

Je l’ai choisi (je le partage aussi sur le terrain, que sur le terrain)

Chacun le voit comme il veut.

 

J’aimerais que chacun ne nous ait un tel refuge

Y aller par le chemin

Y aller par la pensée

Où tu entres dans un lieu merveilleux

Où tout est calme, paix et source de vie

Se reconnecter à son moi profond

Laisser libre cours à sa propre vérité :

Oui, la corde sensible, chacun de nous l’a

Il suffit de la révéler

Afin de pouvoir enfin s’en servir :

 

Pleure, pleure, pleure, Morin Khuur !

Crie, crie, crie, mon cheval est toujours vivant !

Agit, agit, agit car

Là où s’étale la souffrance,

Là où règne l’injustice,

Là où se déroule l’intolérable :

Vibre, corde !!

 

Carole Radureau (07/02/2024)

 

 

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Lance-pierre, #Agate mousse

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Publié le 3 Février 2024

Sixième sens

 

J’ai vu tant de fois

Une burle soudaine

Et des pins trémoussant

Sortir des torpeurs estivales

Des flots de fresnes

dévallant dans la combe

sous le regards de châtaigniers

aux épaules impassibles

 

j’ai goûté souvent

le roulis de la nuit

son miel de silence  à l’ombre

d’une chouette sous la lune penchée

un sentiment de renard

élégant et discret

le souffle d’un blaireau

demandeur de parfum

 

j’ai senti les yeux fermés

tout le peuple de l’herbe

des fourmis clandestines

aux épeires monte en l’air

des araignées sauteuses

et leur jeu de marelle

juste pour faire la nique

aux puissantes sauterelles

 

j’ai saisi dans mes doigts

l’éphémère du ruisseau

le septembre cévenol

qui coule sur mes épaules

la brume d’automne

qui s’accroche à mes lèvres

la neige du coucou

qui me brule les joues

 

j’entends dans les sous-bois

la course des giroles

la ronde des feuilles mortes

qui se tiennent la main

le saut d’un écureuil

et le chant du rouge gorge

complices de l’aube

fanfarons du matin

 

je te ressens si fort

tu es mon sixième sens

je te butine comme une abeille amoureuse

toi qui répond présent au bonheur

inlassablement

éternellement

Vivarais d’hier

Vivarais de demain

 

Hobo Lullaby

Sixième sens

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Fragments de Vivarais, #Terre-mère

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Publié le 2 Février 2024

La couronne parfaite

Parfaite pour la jolie tite’tête à couronner
Parfait éventail pour climatosceptique acharné
Parfaitement bleue et parfaitement jaune
Avec au milieu cette bouille de tendresse
Au bec-à-bisou libre de droit

Tite’bleue, nous te voulons reine
Nous voulons faire de toi notre chère souveraine
Que tu sois dure avec les durs
Douce avec les faibles
Que tu fasses régner la paix d’un énergique battement
De ton éventail à rêves.

Tite’bleue nous te désignons le trône
Fais-en ce que tu veux
Avec toi de toute façon
La magie sera chaque matin au rendez-vous.

Carole Radureau (02/02/2024)

Inspirée par cette photo de Gianni

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Oiseaux muses, #Gianni ou fragments de vie sauvage

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Publié le 31 Janvier 2024

Poète provincial,
oiseleur,
Je vais et je viens à travers le monde,
désarmé,
sans les autres, en sifflant,
soumis
au soleil et à sa certitude,
à la pluie, à son langage de violon,
à la syllabe froide de la rafale.

Oui oui oui oui oui oui 
Je suis un oiseleur désespéré,
je ne peux pas me corriger
et même si je ne suis pas invité
les oiseaux à la tonnelle,
au ciel
ou à l'océan,
à leur conversation, à leur banquet,
je m'invite moi-même
et je les traque
sans préjugés :

chardonnerets jaunes,
grives noires,
sombres cormorans pêcheurs 
ou merles métalliques,
rossignols,
colibris éclatants,
cailles,
aigles inhérents
aux montagnes du Chili,
loicas au poitrail pur
et sanguinolent
condors courroucés
et des merles,

peucos immobiles, suspendus au ciel,
diucas qui m'ont éduqué avec leur trille,
oiseaux de miel et de fourrage,
de velours bleu ou de blancheur,
oiseaux couronnés d'écume
ou simplement vêtus de sable,
oiseaux pensifs qui interrogent
la terre et picorent son secret
ou attaquent l'écorce du géant
ou ouvrent le cœur du bois
ou construisent avec la paille, l'argile et la pluie
la maison de l'amour et du parfum
ou doux jardiniers
ou voleurs
ou inventeurs bleus de la musique
ou témoins tacites de l'aube.

Moi, poète
populaire, provincial, oiseleur,
j'ai fait le tour du monde à la recherche de la vie :
d'oiseau en oiseau, j'ai connu la terre ;
j'ai reconnu où volait le feu :
la précipitation de l'énergie
et mon désintérêt a été récompensé
car, bien que personne ne m'ait payé pour cela
j'ai reçu ces ailes dans mon âme
et l'immobilisme ne m'a pas arrêté.

Pablo Neruda (Arte de pájaros) traduction carolita

 

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Aragonite

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Publié le 29 Janvier 2024

Par Yathin sk sur Wikipédia anglais, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2437734

 

Quand les femmes s’unissent

C’est la terre, la fleur et l’eau

C’est la pierre, la fougère et Dame Lune

Qui dansent la gigue au milieu de l’étang.

 

Elles se lèvent contre les injustices

Elles s’indignent de ne jamais voir un doigt dressé

Pour dire stop (et encore moins un poing)

Elles se mettent en route et marchent

Avec la joie, le chant et la beauté

Le casque sur la tête

Le grand oiseau qui se pare de mille couleurs.

 

C’est très injuste et parfaite cette unité pour le crier

C’est très bien fait comme mode d’action

Créatif, ludique, lutte aux deux têtes

Dont l’une n’était pas voulue au départ

L’oiseau disparaît, ce grand oiseau souffrant

Discriminé, rejeté, auquel l’on prête les maux

Prêtés aux charognards de ce monde

Auquel on prête les préjugés anciens

Certes il n’est pas populaire

L’injustice est là

Là où l’argent et les mobilisations se portent

Pour le tigre ou le rhino

Aucun effort n’est fait pour le marabout.

 

Ça bout, ça bout, la colère qui puise son encre

Dans la zone humide asséchée

Qui tire sa plume de la décharge

Il faut se montrer avec l’oiseau, l’effigie

Partout sur nous, affichée

Et c’est le travail des tisseuses qui deviennent

Créatrices de modèles

Et c’est le travail des brodeuses qui tirent leur talent

D’un éclat de rire

Chacune y trouve son compte

Ceci nous ravit et enchante nos cœurs

La lutte se diffuse fait le tour du monde

Plus personne, jamais, sur terre

Ignorera le grand adjudant.

 

Carole Radureau (29/01/2024)

Marabout argala (leptoptilos dubius) 

Inspirée par le docu arte La brigade des cigognes

 

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Oiseaux muses

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Publié le 26 Janvier 2024

Une petite mousse

 

Une petite mousse dans la chopine

A ras-bord, sans déborder

Petite mousse contrôlée

Non, rien à déclarer.

 

Une petite mousse dans laquelle

On a envie de plonger, délicatement

La bouche, comme pour éviter

Que tout-à-coup, elle s’évapore,

Furtive.

 

La mousse cache l’ambre et l’amble

Qui galope au-delà du temps

Dans la grande prairie parsemée de fleurs

La mousse est la porte camouflée des sens.

 

Elle irrigue et ensemence les pensées.

Elle met en avant ce qui ne veut pas être révélé

Diffuseuse d’arômes, de pétillement, de sincérité

Quand la bulle sous la mousse éclate

C’est la forêt tout entière qui éclate de rire.

 

Carole Radureau (26/01/2024)

 

Inspirée par ces photos de Gianni

Une petite mousse

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Gianni ou fragments de vie sauvage

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Publié le 24 Janvier 2024

Sous le tapis

Nuages qui semblent établis
Dans la grande demeure du ciel
Nuages probablement essentiels
Au fard gelé à l’haleine embrumée
Nuages au sol,
Tombés :

Pluie battue,

Sous le tapis

Sous votre tapis qui git ?
Sous votre moquette, qui végète ?
Qui grandit, qui croît sans bruit ?

Sous le tapis

Il nous faut grandir aller droit devant
Jusqu’à l’avènement de la lumière
Y compris sous la couchette frigorifique
Il nous faut verdir, remplir la feuille de route
De la chlorophylle
Coûte que coûte, surgir
Promesse du printemps précoce.



Carole Radureau (24/01/2024)



Inspirée par ces photos de Gianni

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Gianni ou fragments de vie sauvage

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