Publié le 28 Avril 2026

La croisée des chemins

…….Fragments de la pampa freneusienne……

 

 

A droite, canopée obscurcie, ombres perfides

A gauche, nuage étincelant. Fils de l’argent

A droite, rivière aux soubresauts démesurés

A gauche, niche de satiété

A droite, quizz régurgitant les exemples de traversées

A gauche, vert matelas, édredon de chlorophylle

A droite, onomatopée, hoquet, vilaine échancrure, chancre

A gauche, liberté sur son fil anti décadent

A droite, impunité, ingérence, ineptie, injure, incurie, irritation du siège

A gauche, harmonie, volupté de l’être, sieste peut-être

 

 

A gauche, tout va bien, ta voie me dit « viens »

A gauche, ta voix ne me dit pas « peut-être », elle me dit : « Prêt ? »

A gauche, allez, je fonce, je ne peux pas me tromper

Il n’y a qu’une seule voie, la gauche

Je n’ai plus qu’une aile, gauche droite et fière

Elle peut me mener où je veux

Je n’ai plus qu’une seule patte, la gauche

Qui désire s’écrire dans le marbre de la voie

La branche de gauche, c’est mieux

C’est toujours mieux à gauche disent-t-ils

Bien oui, y’a du sentiment

Le sentiment ça comble un vide dans la vie

Le sentiment, ce n’est pas de l’argent

Pour les oiseaux compte aussi le sentiment ?

Oui, me répond

Gravement

Le grimpereau

Qui

S’

Engage

Sans hésiter

Sur

La

Voie

De

Gauche.

 

Carole Radureau (28/04/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni (Freneuse, avril 2026)

 

La croisée des chemins

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 27 Avril 2026

Hobby et les hannetons

……..Fragments de la pampa freneusienne……

 

 

Si les rapaces savaient chanter

La poésie, tout entière, à eux

S’ouvrirait, plume à la main

Encrier débordant

De cette encre de son et de lumière

Enrichie d’un savoir-faire puisé dans le granite.

Mais les rapaces ne savent pas chanter

De plus, ils déchiquettent leurs proies en vol

La poésie en est tout offusquée

Elle se range, d’un trait à l’encre de Chine

Du côté des victimes

Si ce sont des hannetons

D’autant plus.

Les hannetons sont les fils de la poésie

Elle aime entendre crisser leurs pattes sur le papier d’amate

Parfois ils se prennent une patte entre les fibres

Surgissant comme d’un champ d’agave.

Pourtant les rapaces aussi sont fils de la poésie

Un éclat de leur œil noir et vif l’a fait fondre

Elle voit en eux la puissance

Aussi, la tendresse

Elle reconnaît en eux l’adresse

Aussi, la nécessité.

Tous les enfants de la Terre Mère sont enfants de la poésie.

Parfois, elle l’oublie

Toute à son émotion

Toute à sa narration du moment présent :

Le chasseur chasse

La proie se fait chasser

Elle n’est pas condamnée, la proie

Ainsi qu’un agneau attaché au bout d’une corde ou

D’un prisonnier qui attend sa sentence voyant par les barreaux de sa fenêtre

La guillotine qui lui cligne de l’œil

Le hanneton peut voler lui aussi

Il peut feinter

Il peut se cacher peut-être.

Les chasseurs n’ont que peu de réussites

Les chasseurs ont souvent le ventre creux

C’est le jeu de la vie

La poésie doit le respecter

Avant de sortir sur son bureau

Le papier d’amate,

La plume de faucon hobereau,

L’encre de résilience des hannetons,

Et le petit duvet rempli d’amour

Tombé du nid de freux

Habité par les BB hobereaux

Occupants momentanés d’un monde

En instantané.

 

Carole Radureau (27/04/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni (Freneuse, avril 2026)

 

Hobby et les hannetons
Hobby et les hannetons

Voir les commentaires

Repost1

Publié le 26 Avril 2026

Oscar le brocard : Frotti-frotta
Oscar le brocard : Frotti-frotta

……..Fragments de la pampa freneusienne……

 

 

Je vais marquer mon territoire.

 

Oh ! c’est facile, on fait :

 

Comme-ci,

Comme-ça

Frotti-

Frotta

Couçi-

Couça

(ah non, c’est pas d’actualité !).

 

C’est pour masquer les odeurs des gens.

 

Ça vous choque ?

 

Bah oui, nous ici on n’aime pas trop les odeurs des gens

Ça nous fait de la concurrence, quoi !

Ça nous emberlificote les narines

On ne sait plus à qui l’on a affaire.

Ce n’est pas l’odeur des gens qui se promènent sur les sentiers

Non, ça serait plutôt celle des chasseurs

Car, eux, ils vont et viennent

En dehors des sentiers

Pour nous débusquer

Pensez : au cas où ils débusqueraient Bambi

Tout mimi, caché dans un buisson :

Pan et pan !!

Voilà Bambi taché de miettes de sang

Au lieu de ses tâches de lait.

 

A quoi pensent-ils ?

C’est de la folie

Toujours tuer, tuer, tuer et re-tuer.

 

Alors nous, ça nous donne du boulot

On tague les troncs d’arbres

Que certains disent qu’on les fait crever

Mais moi qui vous parle par l’intermédiaire de ce média

Je vous le dis, croyez-moi

La nature-même de nos tags

C’est la première, ici, dénoncée

N’en voyez pas une autre

Car tout, je dis bien, tout

Dans la nature

Est bien pensé

Dès qu’il y a déséquilibre systémique

Il faut y voir la main de l’homme.

Je sais, ça ne vous fait pas plaisir d’entendre cela

Mais, la voix de la sagesse

C’est celle de la forêt.

C’est ainsi :

Il faut l’accepter.

 

Carole Radureau (26/04/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni (Freneuse, avril 2026)

 

Oscar le brocard : Frotti-frotta
Oscar le brocard : Frotti-frotta
Oscar le brocard : Frotti-frotta
Oscar le brocard : Frotti-frotta

Voir les commentaires

Repost1

Publié le 25 Avril 2026

Celui aux ailes effilées
Celui aux ailes effilées
Celui aux ailes effilées

……..fragments de la pampa freneusienne…….

 

« Petits hobiers audacieux, petits mouchets ambitieux, le héron n’est pas votre chasse » (un poète en 1627)

 

 

Ce nouvel oiseau dans le ciel de la pampa freneusienne

Serait-ce un martinet ?

Il en a les ailes effilées

Vif et bondissant, il l’est

Comme le martinet

Seulement, en regardant de plus près :

C’est d’un rapace dont il s’agit

Peut-être un faucon crécerelle ?

Sa taille correspond.

Non, c’est un autre oiseau

Un nouvel ami qui se profile à l’horizon.

Qui es-tu bel oiseau

Conquérant du ciel ?

 

C’est un prédateur puissant

Il ne fait pas bon être, par lui,

Repéré lors de ses courses matinales.

Sa redingote est toute rayée

Finement rayée et son croupion

Est couleur de châtaigne ou de marron d’inde

Il a belle allure

C’est un voltigeur

Sans doute un cascadeur

En tout cas, solitaire

Il chasse et mange ses proies dans les airs

Du coup nos amis martinets ne sont pas à la noce

Ni les hirondelles

Ni les autres compagnons à plume

Et les insectes et les libellules sont de la partie

Cette année, il y a beaucoup de hannetons

C’est sans doute pour cette raison qu’on le voit

C’est un oiseau encore jamais vu ici.

Les hannetons ont des cycles

Une année, quand j’étais enfant, chez mes grands-parents

Il y avait eu un nuage de hannetons

J’en avais ramassé par poignées, le soir, sur la colline

Placés dans 2 boîtes à sucre, je les avais étudiés et relâchés

J’aime leurs pattes velcro qui grattent et s’accrochent sur tout

J’imagine le festin de hannetons par ce chasseur

Je n’aimerais pas le voir

Déchiqueter en vol un oiseau

Seulement chacun doit manger

D’autant plus quand c’est la saison des nids

Lui ne fabrique pas de nid

Il réutilise les anciens nids

Ceux qu’il préfère sont ceux des corvidés, des freux en particulier

La femelle y dépose 2 à 4 œufs

Très vite, après le départ des petits

Ils migreront vers l’Afrique australe.

Ce faucon est le hobereau

Quand on y réfléchit bien

On a peu d’occasion de le voir dans l’année

Tout comme les martinets qui sont arrivés eux aussi,

Un seul trimestre, à la belle saison

C’est vite passé.

Demain, j’y reviendrais avec d’autres photos

D’autres photos de ce bel hobereau.

 

Carole Radureau (25/04/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni (Freneuse, avril 2026)

 

Avec l’étymologie, on comprend mieux à qui l’on a affaire :

 

Faucon hobereau

Falco subbuteo

 

Subbuteo : du latin sub = en-dessous et buteo = buse : plus petit qu’une buse

Hobereau : XIVe siècle, provient de noms anciens comme hobel et hobier dérivés du verbe hobeler = piller, harceler, emprunté au néerlandais hob(b)elent = bouger, se démener.

Selon P. Géroudet « ce corsaire est en somme un pèlerin en réduction ».

Hobereau au XVIe siècle signifie « petite seigneur » dans le sens de « rustre », c'est donc un gentilhomme de petite noblesse campagnarde avec peu de moyens par opposition au grand seigneur (tout comme le faucon est un hobereau par rapport à l’aigle).

Son nom en provençal et en catalan : foúcoun moustachu/falcó mostatxut = faucon moustachu (en raison des 2 zones noires obliques au-dessus des yeux).

En espagnol : alcotán

En italien : lodolaio = l’alouetteur (mangeur d’alouette)

 

Celui aux ailes effilées
Celui aux ailes effilées
Celui aux ailes effilées

Voir les commentaires

Repost1

Publié le 17 Avril 2026

Ma commère aux grands pieds
Ma commère aux grands pieds

………Fragments de Baie de Somme…..

                  Chant d’amour au cycle de la vie……

 

 

Ma commère jamais

N’a pu trouver

Chaussure à son pied

Elle l’avait trop large

Elle l’avait trop long

Elle l’avait trop plat

Quelle difficulté !

De chaussure, direz-vous

Elle n’avait point besoin

Pourquoi faire ?

Ma commère en avait juste envie

Elle avait envie d’avancer

Sans pour autant

Sous son nez

Perpétuellement

Avoir ses grands pieds.

Parfois, c’est vrai

Elle en avait honte

La Terre-Mère, décidément

Ne l’avait pas gâtée

Pourquoi est-ce que c’était tombé sur elle ?

Ma commère ne comprenait pas.

La Terre-Mère avait toujours ses raisons

Rien dans sa création

N’était fait à l’emporte-pièce

Non !

Même pas les pieds de ma commère.

Ceux-ci avaient une grande utilité

Et quand elle était sur l’eau

Ma commère

Ne s’en plaignait plus

Elle avait une bonne utilisation de ces extrémités

Certes disgracieuses au sol

Et quand il fallait

Sur la végétation aquatique

Se déplacer

Ma commère était alors la reine :

Certes, elle n’avait pas de couronne

Quoique son front était tout auréolé d’argent sacré.

En y réfléchissant

Ma commère avait croisé ses pieds

Elle avançait comme ça

D’une allure gracieuse, comme sur un podium

Son auréole argentée tout à coup

D’un éclaboussant message

Avait rayé d’un trait

Le handicap des pieds

Alors qu’en vérité, ma commère

N’était-elle pas sublime

De la tête aux pieds ?

 

Carole Radureau (15/04/2026)

 

 

Inspirée par ces photos de Gianni (Marquenterre, avril 2026)

Ma commère aux grands pieds
Ma commère aux grands pieds

Voir les commentaires

Repost1

Publié le 15 Avril 2026

Natation synchronisée

……..Fragments de Baie de Somme…..

                Chant d’amour au cycle de la vie…….

 

 

Nulle musique

Nulle cadence

Même pas un coup de sifflet

Tout à coup

Sans se concerter

Ils plongent au même moment :

Alignés

Identiques

Dans le prolongement.

C’est sous l’eau que cela se passe

Ce que l’on n’entend pas d’ici :

Les chansons

L’opéra des oiseaux

Les rires et les sourires en coin

Les clins d’yeux

La complicité

Les palabres.

Ils sont timides.

C’est pour ça.

 

Carole Radureau (15/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni (je dirais que ce sont des tadornes, Marquenterre, avril 2026)

Voir les commentaires

Repost1

Publié le 15 Avril 2026

…….les Moisson de l’eau……

 

 

Le chant du rossignol est un abri contre les tempêtes

C’est un sucre

Gardé en bouche

Sur lequel on fait glisser le thé

Feuille à feuille

Le chant du rossignol est un paratonnerre

Il combat sans mal

Toutes les misères

S’offrant,

Généreux,

Aux oubliés de l’humanité.

 

Carole Radureau (15/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni (Moisson, avril 2026)

 

 

Philomèle provient de la légende grecque de Philomèle changée en rossignol ou en hirondelle selon les auteurs. Cela veut dire aussi "ami du chant".

Le rossignol quand il chant gringotte, quiritte ou trille.

Le chant du rossignol

Voir les commentaires

Repost1

Publié le 14 Avril 2026

Bergeronnette – Cachette
Bergeronnette – Cachette

………Les Moisson de l’eau……

 

 

Plus blanc que blanc

Mon bandeau blanc

Comme une permission de regarder

Dans lequel

Se sont glissés

Deux olives noires pétillantes

Je suis la reine de beauté

De ce coin de Moisson sans équivoque

Reine, je suis

Quand je me promène

Chaque matin

Au fil de l’eau

Arpenteuse de plages désertes

Non pas à la recherche de bijoux enterrés

Arpenteuse et riveReine

Moi, avec mon bandeau blanc.

 

Parfois je joue à cache-cache

Je ne suis plus

Tout à coup

Disponible

Celle qui prend des poses

A l’affût des photographes

Je suis dans ma passe timide

Me dévoilant à peine

Jouant avec les croisillons des barrières

Les ombres et les lumières

Je suis encore plus belle

On peut admirer mes contrastes

Ce délicat noir et blanc

Qui ne fait jamais préférer les couleurs

Quand il s’agit d’oiseaux

Je suis encore plus belle

Encore plus tendre

Jusqu’à me faire surprendre :

Moi, comme sur un plateau !

 

Carole Radureau (14/04/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni d’une bergeronnette grise (Moisson, avril 2026)

Bergeronnette – Cachette
Bergeronnette – Cachette

Voir les commentaires

Repost1

Publié le 14 Avril 2026

Fils de dame Soleil

 

……..Fragments de Baie de Somme……

                Chant d’amour au cycle de la vie……

 

 

Il avait envoyé

Au soleil

Un clin d’œil un peu poussé

Il avait osé

Pris par je ne sais quelle idée d’entreprise

Lui dire, à cette étoile

« Je te provoque,

Moi, petit oiseau

Sur l’eau, posé

Comme un conquérant ».

 

Dame Soleil

En rien

Ne s’était offusquée

Elle était mère en vérité

Les oiseaux étaient ses enfants, aussi

Sans barguigner

Elle avait dit :

« A toi, petit garrot

Je te renvoie ton clin d’œil

Avec toute ma puissance

Avec toute ma tendresse

Avec grande élégance

Tu auras désormais un œil

Ouvert sur le monde

De façon éclairée

Et on te donnera ce nom que j’ai choisi, moi Dame Soleil :

Garrot à œil d’or."

 

Et c’est ainsi que tout a commencé.

 

Carole Radureau (14/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni d’un garrot à œil d’or (Parc du Marquenterre, avril 2026)

Voir les commentaires

Repost1

Publié le 12 Avril 2026

Bruant-cerise

…….les Moisson de l’eau……

 

Les petits bijoux

Devront naître

Ici même dans cette campagne de rosée

Ils arrondissent doucement leur propos

Verte est leur demeure

Encore en fleur est leur pensée

Aucun ne doit tomber

Nulle sélection naturelle

Je veux pouvoir compter sur tous ces bijoux

Quand ils auront piqué leur fard

Face à l’inconnu

Quand ils auront sucré leur talent

A l’infini d’un soleil généreux.

 

Carole Radureau (12/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni d’un bruant zizi (avril 2026, Moisson)

Voir les commentaires

Repost1