Publié le 26 Octobre 2021

La châtaigne

Dans le filet

A chu

Sans trébucher

Ni bosses

Ni bleus

Sur la peau luisante et

Veloutée

De la châtaigne

Si tôt

Pêchée

 

Il est là

Tendu

Détendu

Sans violence

Si ce n’est la théorie de la maille

Qui détaille à tout moment

L’élasticité de sa puissance

Il est là

Le filet

Prêt à s’étirer

Prêt à étourdir la châtaigne

Prise dans son rets

Son évidence

Mais elle est prisonnière

Celui-ci ce n’est pas un berceau

Mais un attrapeur

Non pas de rêves si tant est que la châtaigne

En sa chair

En est un concentré

 

Nul espoir pour elle

De toucher la terre

Ferme et douce avec son entrefilet

De vie et de songes

Avec sa dialectique

Nul espoir pour elle

D’entendre

L’oreille

Postée sur le ventre de la terre-mère

Son étourdissant borborygme

Le filet a tout pris

 

La dame châtaigne

Son rêve

Et son fruit.

 

Carole Radureau (26/10/2021)

 

Inspirée par cette photo de Serge

 

La pêche à la châtaigne

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème

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Publié le 25 Octobre 2021

 

Penchées sur le berceau de la vie, les pierres

Ces fées minérales convoquées

Sont comme des dents qui sourient sur une langue

 

Cette nacelle de la naissance

Là où un tout petit prend l’air

Qui le portera quoi qu’il en soit

Tant qu’il en soit

 

Les pierres ?

Mais ce sont elles nos marraines !

 

Qu’elles soient par la nature

Pressées

Ou par la main de l’homme

Arrangées

Dans un ordre que seul l’homme connaît

Dont la pierre se soumet

De bonne grâce

 

Parfois cela n’empêche pas les pierres de sourire

De ce petit sourire que l’on nomme ici, rictus

Qui veut dire : voyez quelle innocence est la leur

Aux hommes prêts à gober la lune

Toute crue

Sans sel

Ni béchamel

A la croque-dure

 

Penchées sur le berceau de la vie, les pierres

Se posent des questions

Parfois leurs expressions sur leurs joues

Restent figées

Et l’homme leur prête des noms

C’est encore un gobe-lune de l’homme que cela

Quelle naïveté !

Comme si les pierres pensaient, avaient des joues,

Des dents, des idées à partager, des critiques à faire !!

 

Cela n’empêche que la plume se sent prête à gravir

L’échelon de pierre des ans

A y laisser quelques grammes de chair histoire de déposer ses marques

La plume est prête à écrire selon le vent bon

Le vent mauvais et les pierres savent très justement

Combien de vents mauvais existent

Précisément

 

Il faudrait se rendre sur le berceau de la vie

Là où les pierres sourient

Se tapir dans ce nid

Relever la tête, doucement

Leur demander aux pierres nos sœurs, nos mères

Nos aïeules récompensées par le fruit du granite et l’à-propos du calcaire

Combien sont les vents, pierres, combien sont-ils furieux

Combien compatissants combien arrangeants ?

 

J’aimerais le savoir.

 

Non pas pour les combattre, les valeureux.

 

Non. Pour m’organiser.

 

Que mon organisme tienne compte du flux à venir

Se ménage

Se fortifie

Afin de ne pas laisser aux vents

La petite pierre ratatinée et trop caressée

De la vie.

 

Carole Radureau (25/10/2021)

 

Inspirée par cette photo de Serge

 

Penchées sur le berceau de la vie

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème, #Berceau de pierre

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Publié le 24 Octobre 2021

 

J’ai ouvert ma bouche

Sur la tendresse de l’air

Et nulle dent pour croquer

Juste le fruit

Né de la passion d’Eros

Et qui

Sous sa flèche

A gardé le piquant

 

J’ai fait blondir ma perruque

Juste à point pour écarter les yeux

Vous ne devinez pas la grâce

De ma naissance

 

Bien serrés mes fruits se lovent

Dans le porte-monnaie de l’évidence

Et leur velours de châtaignée

S’est paré

Et de vernis naturel leur peau

S’est doté comme pour signifier aux êtres :

Nous sommes les fruits du soleil.

 

Carole Radureau (24/10/2021)

 

Inspirée par cette superbe photo de Serge

Châtaignée

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème

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Publié le 23 Octobre 2021

Par JJ Harrison (https://www.jjharrison.com.au/) — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26043572

Par JJ Harrison (https://www.jjharrison.com.au/) — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26043572

J’ai oublié la suie dit-il

Sinon le suint du propos

Pour à la soie rouge

Me consacrer

Je n’ai pas le monopole des sens

 

J’ai oublié que le noir est seyant

Que le kaki est confondant

Et que le gris s’anthracite

Pour préférer la palette du peintre

Une à une mes plumes dans la palette

Sont tombées comme des à propos

 

Si la parure est seyante

Si les couleurs vous semblent lumineuses

Si j’ai l’air d’un arc-en-ciel volant

Ma dame à moi est comme il se doit

Plus classique

Il n’empêche

Lorsque ma dulcinée pose son plumetis de camouflage

Dans un arbuste aux parures d’ors et de nacres

Elle aussi resplendit

Et elle me plaît à moi

Fils de palette

 

J’ai oublié la suie

Pour à la suite

Me consacrer

Je n’ai pas le monopole des ans

 

En fils de troubadour

Mes jours

Je veux terminer

Pour la nature, haut et fort

Chanter comme chante

Ma glotte dans les moments chauds

De mon existence.

 

Carole Radureau (23/10/2021)

 

Souimanga de Gould (aethopyga gouldiae)

 

Madame Par Jason Thompson — Flickr: Mrs Gould's Sunbird (Female), CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=30815863

Madame Par Jason Thompson — Flickr: Mrs Gould's Sunbird (Female), CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=30815863

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème, #Oiseaux muses

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Publié le 22 Octobre 2021

 

Il faut juste regarder

Telle la brume qui s’échappe

Peu à peu des hautes herbes en ce petit matin

Ceci est un TOUT

Dans lequel chacun a une place

Ne se pose pas de question

Vivant ce qu’il faut vivre

Sachant comment le vivre

Avec passion sans espérance sans nulle autre attente

Que ce moment présent où le faon se lève

Où l’arc-en-ciel vient éterniser l’espace

Avec son arche de bienveillance

 

Il faut juste contempler

Car on nous en donne l’occasion

Même si manquent les sensations naturelles

Prendre la force et la magie

Lâcher prise sur tous les drames fomentés par des egos révoltés

Prendre la force

Prendre la vie

 

Et sourire au poussin

Et sourire aux langues roses aux dentures neuves

Aux premiers faux-pas

Aux délicates envolées

 

Et dans un souffle de sourire

S’émouvoir de ce vert qui encore perdure

Debout sur son tronc même si l’espace est clairsemé

Se féliciter que ce TOUT tienne encore debout

Sans se demander jusqu’à quand

Car la nature

Elle

Ne se le demande pas.

 

Carole Radureau (22/10/2021)

 

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème

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Publié le 21 Octobre 2021

 

Moitié cigogne à l’œil errant

Quand le rimmel sur la face

Tire le trait aux larmes

Moitié poisson-volant

Un gouvernail bat l’entrain de l’air

Quand les ailes sont deux chapes de plumes

 

Bécassine ton chant m’enferme

En un calcul bien campé

Sur l’horizon des additions

 

Mon ego est trompé et se trompe

D’air subliminal quand il est sensé

Envoyer la musique du soir

(mon ego aime les disques rayés, les

Juke box non rechargés et les airs démodés)

 

Bécassine qui chante et qui rime

Deux brins de sainfoin entre la glotte et la commissure

Du bec

Ce long bec dans le prolongement des larmes

Comme pour tirer un trait sous l’addition.

 

Carole Radureau (21/10/2021)

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème, #Oiseaux muses

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Publié le 20 Octobre 2021

 

Elle n’embrasera jamais le ciel

Dans des tons de pourpre rosé

La lumière synthétique

Sortant de ses globes

Comme d’une fourmilière

 

Au contraire, elle jette sur le feu

Une huile calcaire dont la vue

En des dégradés précieux soumis à sa conscience

Ne veux pas

 

Le peintre n’y est pas allé de main morte ce soir

La palette a débordé et le vent est content

Au 20 heures on a prévenu que demain, c’est certain

Le vent aurait le monopole de la vertu

(Comme tous les 2 jours cette année)

 

Il faisait un temps à s’y méprendre à s’y surprendre

Et à s’y prendre

C’est clair après l’embrasement du ciel ma gorge

A son tour s’embrasa comme par un miracle du ciel

 

C’était très joli ce dégradé

Comme un rêve

Mieux que d’habitude

Plus coloré, les joues des nuages plus vives

Avec des virgules de fumée ou de je ne sais quoi

Un mélange de vrai et de faux teinté d’ironie

Comment ne pas croire en l’ironie

Quand elle est là chaque jour inscrite sous nos yeux

 

Ironie d’un confort trop cher payé

Ironie d’une modernité qui tue à petit feu

Ironie des habitudes qui se révèlent contraires

A toute forme de vie

Il fallait choisir entre la lumière et les ténèbres

Entre les Lumières et les ténèbres

Ces ténèbres qui gonflent leurs muscles dans la boue

 

Le ciel lui n’a pas à faire de choix

Il se laisse choyer et se laisse aller et se laisse tomber

Comme une lumière trop pleine d’amour

Qui lâche à nos vues

Sa fumée démultipliée par les sympathiques tendresses des nuages.

 

Carole Radureau (20/10/2021)

 

Compétition pour le clair-obscur
Compétition pour le clair-obscur
Compétition pour le clair-obscur
Compétition pour le clair-obscur
Compétition pour le clair-obscur

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème

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Publié le 19 Octobre 2021

J’ai choisi le jaune dit l’automne

 

J’ai choisi le jaune

Dit l’automne

Et le cavalier automne et son apprenti (Pablo Neruda)

Ne diront pas le contraire

Allumant sur les arbres les poignées d’écus

 

J’ai choisi le jaune

Pour que le soleil ne s’émeuve pas

Pour que le soleil

Trouve encore en ma saison

Le loisir de briller

Et d’allumer sa lampe sur la beauté de ce qui meurt

 

Le jaune c’est la vie dit-il

Car le jaune est né dans un œuf

Je n’ai rien inventé dit l’automne

Sinon le cri de la caille et le cri de la perdrix

Qui cherchent une cache sous les pas funestes du chasseur

Le jaune ne serait pas couleur de camouflage quand

Les arbres se parent de cet or aux multiples résonnances

Pourtant le camouflage n’est pas une affaire d’évidence

Car sans feuilles où se cacher

Où gitent les oiseaux ?

 

Ils gitent dans un espace jaune comme le cœur de la vie

Un crocus d’automne leur offre un abri

Pendant que sur leurs petites têtes

Sous leurs petites pattes le jaune terni

Tombe au gré du vent

 

J’ai choisi ma couleur

Vous l’avais-je dit ?

L’aviez-vous compris ?

L’aviez-vous vue cette couleur accrochée à ma bannière unie ?

 

Carole Radureau (19/10/2021)

 

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème

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Publié le 18 Octobre 2021

Au chat qui dort

 

Au chat qui dort

Il ne fait jamais froid

Les feuilles mortes

Emportées par le vent

Tapent à la fenêtre sans émouvoir aucun

 

Au chat qui dort

La politique sommeille

Nul débat qui ne suscite une paupière

Se soulevant

Par la curiosité

 

Au chat qui dort

La tenue bien brossée

Le poil rangé comme un crayon dans sa boîte

Pas un poil qui ne dépasse au chat

Qui dort

Juste avant le coup de langue

Décoiffage oblige

Juste pour défaire le fer à repasser

 

Au chat qui dort sa bobine

Sa petite bobine de ses propres poils

Tressée

Douce et chaude et légère que, l’alpaga

En serait jaloux pour un peu, au chat qui

Dort

C’est la confection qui ronronne

Bien huilée comme le cycle du chat.

 

Carole Radureau (18/10/2021)

 

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème

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Publié le 17 Octobre 2021

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Valdivia_River?uselang=fr#/media/File:Sunset_at_the_Valdivia_river.jpg

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Valdivia_River?uselang=fr#/media/File:Sunset_at_the_Valdivia_river.jpg

 

Brumes de ce jour

D’innocence et de bruit

Et de calme et d’ennui

Cygne évoluant sur les ondes

En effleurant de pas

La surface de l’eau

Brumes en présence

Non, ce ne sont pas symboles de tristesse

D’ignorance d’ennui surfait

Mais bien des émanations vaporeuses

Et curieuses

Nées

En ce moment

En ce moment-même où tu les vois

Les brumes ne sont pas celles d’hier

Les brumes ne seront plus là demain

Brumes qui ne sont présentes

Que pour te signifier

Oui tu es là toi ici en ce moment-même

A disserter sur la vie de brumes

A être conscient

A les fêter.

 

Carole Radureau (17/10/2021)

 

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pas un jour sans poème

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