Réchauffer les âmes à l’amadou
C’est enflammer les pensées
Pour en faire des feux d’artifice de rosée
Retombant en mille éclats de vie.
Eveiller la résistance de ceux qui sommeillent
C’est d’un choc entre silex et silex
Faire naitre l’étincelle ultime
Prête à construire les barricades.
Sortir de l’eau la plume
Offrande d’un petit grèbe
Pas si innocent que cela
La mettre derrière son oreille
Comme une rose fraîchement cueillie
Ou bien la glisser dans l’encrier
Dans lequel dormait l’encre de liberté
Aux senteurs parallèles
C’est la coller sur un dessin furtif
Ou bien en faire un mobile pour chat un peu foufou
Le garder quoi qu’il en soit et de tout temps
……..
La poésie sera le ciment et le liant
Elle colmatera les brèches avec un sonnet
Ou une rime éclairée
La poésie sera l’instigatrice du chamamé
La danseuse de salsa
Celle qui distribuera les tortillas
Et les acarajés
Elle sera grâce et rose cuite
Pour s’insinuer dans les chutes d’Iguaçu
Juste là où résident des martinets
Dispensateurs de plumes de rébellion.
La poésie est fille du silex
Dans ses veines coulent des veines sulfureuses
Riches en éclaboussures et en répartie ;
La poésie est sœur de l’amadou
Car, lorsque le silex a oublié ses fondamentaux
La nature pallie avec d’autres matériaux
Que les hommes, éveillés, développèrent
Au-delà de toute idée d’enrichissement prospère ;
La poésie est une plume-même
Dans chaque fibre elle s’inscrit
Un oiseau en cela est l’être le plus riche en poésie
Elle est en lui
Il ne peut la renier
C’est ainsi que la poésie se préoccupe autant des oiseaux
Pourquoi, dès son réveil, elle songe à eux
Pourquoi dans son sommeil, elle rêve d’eux
Jamais, la poésie n’oubliera les oiseaux
Ce sont ses messagers, ses intimes, ses enfants et ses ancêtres.
Ecrire avec les outils, avec les produits offerts par la Terre-Mère
La poésie sait le faire
Avec ses petites astuces à elle
Ses joies, ses peines et les douleurs qui ne devraient être.
Carole Radureau (11/04/2026)
Inspirée par cette photo de Gianni, grèbe castagneux, Grand Lavier, avril 2026)