Publié le 15 Avril 2026

…….les Moisson de l’eau……

 

 

Le chant du rossignol est un abri contre les tempêtes

C’est un sucre

Gardé en bouche

Sur lequel on fait glisser le thé

Feuille à feuille

Le chant du rossignol est un paratonnerre

Il combat sans mal

Toutes les misères

S’offrant,

Généreux,

Aux oubliés de l’humanité.

 

Carole Radureau (15/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni (Moisson, avril 2026)

 

 

Philomèle provient de la légende grecque de Philomèle changée en rossignol ou en hirondelle selon les auteurs. Cela veut dire aussi "ami du chant".

Le rossignol quand il chant gringotte, quiritte ou trille.

Le chant du rossignol

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Publié le 14 Avril 2026

Bergeronnette – Cachette
Bergeronnette – Cachette

………Les Moisson de l’eau……

 

 

Plus blanc que blanc

Mon bandeau blanc

Comme une permission de regarder

Dans lequel

Se sont glissés

Deux olives noires pétillantes

Je suis la reine de beauté

De ce coin de Moisson sans équivoque

Reine, je suis

Quand je me promène

Chaque matin

Au fil de l’eau

Arpenteuse de plages désertes

Non pas à la recherche de bijoux enterrés

Arpenteuse et riveReine

Moi, avec mon bandeau blanc.

 

Parfois je joue à cache-cache

Je ne suis plus

Tout à coup

Disponible

Celle qui prend des poses

A l’affût des photographes

Je suis dans ma passe timide

Me dévoilant à peine

Jouant avec les croisillons des barrières

Les ombres et les lumières

Je suis encore plus belle

On peut admirer mes contrastes

Ce délicat noir et blanc

Qui ne fait jamais préférer les couleurs

Quand il s’agit d’oiseaux

Je suis encore plus belle

Encore plus tendre

Jusqu’à me faire surprendre :

Moi, comme sur un plateau !

 

Carole Radureau (14/04/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni d’une bergeronnette grise (Moisson, avril 2026)

Bergeronnette – Cachette
Bergeronnette – Cachette

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Publié le 14 Avril 2026

Fils de dame Soleil

 

……..Fragments de Baie de Somme……

                Chant d’amour au cycle de la vie……

 

 

Il avait envoyé

Au soleil

Un clin d’œil un peu poussé

Il avait osé

Pris par je ne sais quelle idée d’entreprise

Lui dire, à cette étoile

« Je te provoque,

Moi, petit oiseau

Sur l’eau, posé

Comme un conquérant ».

 

Dame Soleil

En rien

Ne s’était offusquée

Elle était mère en vérité

Les oiseaux étaient ses enfants, aussi

Sans barguigner

Elle avait dit :

« A toi, petit garrot

Je te renvoie ton clin d’œil

Avec toute ma puissance

Avec toute ma tendresse

Avec grande élégance

Tu auras désormais un œil

Ouvert sur le monde

De façon éclairée

Et on te donnera ce nom que j’ai choisi, moi Dame Soleil :

Garrot à œil d’or."

 

Et c’est ainsi que tout a commencé.

 

Carole Radureau (14/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni d’un garrot à œil d’or (Parc du Marquenterre, avril 2026)

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Publié le 12 Avril 2026

Bruant-cerise

…….les Moisson de l’eau……

 

Les petits bijoux

Devront naître

Ici même dans cette campagne de rosée

Ils arrondissent doucement leur propos

Verte est leur demeure

Encore en fleur est leur pensée

Aucun ne doit tomber

Nulle sélection naturelle

Je veux pouvoir compter sur tous ces bijoux

Quand ils auront piqué leur fard

Face à l’inconnu

Quand ils auront sucré leur talent

A l’infini d’un soleil généreux.

 

Carole Radureau (12/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni d’un bruant zizi (avril 2026, Moisson)

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Publié le 12 Avril 2026

 

…….Les Moisson de l’eau…..

 

 

Un jour, Colvert décida de grimper aux arbres

De la rive et de l’eau

Vraiment, il en avait assez

Colvert voulait voir le monde

Non pas au ras des pâquerettes

Non pas au ras de l’onde

Il voulait prendre de la hauteur

Seulement, Colvert n’était pas équipé

Il avait des souliers bien gênants aux pieds

Il marchait comme cela, cahin-caha

Il était gauche

Pas du tout acrobate

Empoté, quoi !

Un jour, les hommes

Avides de conquérir les arbres

D’y faire grimper leurs marmots (comme

si ceux-là les avaient attendus !)

Inventèrent l’accrobranche

Accrochez-vous, disaient-ils

Etant sûrs d’avoir du succès

Les arbres faisaient grise mine

Finie la quiétude (quoique !)

Finies les petites visites d’oiseaux

Chatouillant doucement l’écorce

Finis les chants d’oiseaux

Les enfants, ça bouge, ça crie, ça gesticule

Les arbres n’avaient pas eu leur mot à dire

Nulle convention 169 de l’OIT pour défendre leurs droits

Nulle concertation

Il faut préciser qu’ils n’ont jamais donné leur accord

(quelle injustice !)

De cela, Colvert n’en avait que faire

Lui, il était heureux

Ceci allait bien dans son sens à lui

Le sens de la grimpette facile

Du promontoire tout trouvé

Du poste d’observation de la vie pour canards en mal de conquête.

Il était ravi, Colvert

Il était devenu l’espion aux pattes de velours palmées.

 

Carole Radureau (12/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni (Moisson, avril 2026)

Le roi de l’accrobranche

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Publié le 11 Avril 2026

……..Fragment de Baie de Somme….
………….Chant d’amour au cycle de la vie………

« Les hommes se refroidissent par manque d’âme. Mais nous sommes là, avec du silex et de l’amadou, des mélodies et des chants, des poèmes et des réflexions, un sommeil profond et des rêves de toutes sortes, pour réchauffer les heures de ceux qui ne veulent pas encore se figer «

Atahualpa Yupanqui

 

Réchauffer les âmes à l’amadou

C’est enflammer les pensées

Pour en faire des feux d’artifice de rosée

Retombant en mille éclats de vie.

 

Eveiller la résistance de ceux qui sommeillent

C’est d’un choc entre silex et silex

Faire naitre l’étincelle ultime

Prête à construire les barricades.

 

Sortir de l’eau la plume

Offrande d’un petit grèbe

Pas si innocent que cela

La mettre derrière son oreille

Comme une rose fraîchement cueillie

Ou bien la glisser dans l’encrier

Dans lequel dormait l’encre de liberté

Aux senteurs parallèles

C’est la coller sur un dessin furtif

Ou bien en faire un mobile pour chat un peu foufou

Le garder quoi qu’il en soit et de tout temps

……..

 

La poésie sera le ciment et le liant

Elle colmatera les brèches avec un sonnet

Ou une rime éclairée

La poésie sera l’instigatrice du chamamé

La danseuse de salsa

Celle qui distribuera les tortillas

Et les acarajés

Elle sera grâce et rose cuite

Pour s’insinuer dans les chutes d’Iguaçu

Juste là où résident des martinets

Dispensateurs de plumes de rébellion.

 

La poésie est fille du silex

Dans ses veines coulent des veines sulfureuses

Riches en éclaboussures et en répartie ;

La poésie est sœur de l’amadou

Car, lorsque le silex a oublié ses fondamentaux

La nature pallie avec d’autres matériaux

Que les hommes, éveillés, développèrent

Au-delà de toute idée d’enrichissement prospère ;

La poésie est une plume-même

Dans chaque fibre elle s’inscrit

Un oiseau en cela est l’être le plus riche en poésie

Elle est en lui

Il ne peut la renier

C’est ainsi que la poésie se préoccupe autant des oiseaux

Pourquoi, dès son réveil, elle songe à eux

Pourquoi dans son sommeil, elle rêve d’eux

Jamais, la poésie n’oubliera les oiseaux

Ce sont ses messagers, ses intimes, ses enfants et ses ancêtres.

 

Ecrire avec les outils, avec les produits offerts par la Terre-Mère

La poésie sait le faire

Avec ses petites astuces à elle

Ses joies, ses peines et les douleurs qui ne devraient être.

 

Carole Radureau (11/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni, grèbe castagneux, Grand Lavier, avril 2026)

 

La poésie, le silex, l’amadou et la plume

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Publié le 9 Avril 2026

 

…….Fragments de Baie de Somme…..

               Chant d’amour au cycle de la vie……..

 

 

Il y a toujours un lapin

Au bout du chemin

Un lapin tendre et doux

Qui s’arrête

Tout soudain et

Prend un risque

Pour t’envoyer

Son regard

Tendre et doux

 

Il a de petites oreilles

Ce n’est donc pas un lièvre

Celui qui a de grandes pattes

Et saute

Par-dessus tout

Lui, ce petit mignon

Avec son air timide

On lui offrirait la lune

Ne l’a-t-il pas déjà ?

Il semblerait qu’ils sont au moins 400 sur la lune

Si j’en crois les Aztèques

Ils dansent et ils chantent

Trémoussent leur petite queue

Au son des maracas

C’est la belle vie des lapins

Sur la lune

Les autres, les hommes

N’en ont pas fini de faire le tour de lune

Pour y voir les lapins

Trop malins, ils sont si bien cachés

D’ailleurs ce petit-là, c’est un lapin lunien

Il a l’air terrien

Ne vous y trompez pas

Quand il aura bu son compte de pulque

Il grimpera dans son domaine la lune

Tant pis pour les autres qui auront dépensé des tunes pour rien

Nous, on l’aura vu, ici dans son herbe tendre

Avec son petit air de ne pas y toucher

Son adorable frimousse

Sa petite vie de lapin

(ne vous amusez pas à me dire qu’il ferait un bon civet, lui, c’est un lapin sacré).

 

Carole Radureau (08/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni (Grand Lavier, avril 2026)

 

Il y a toujours un lapin

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Publié le 8 Avril 2026

…….Fragments de Baie de Somme…..

               Chant d’amour au cycle de la vie……..

 

 

Perles

Tombées en disgrâce

Par la mer

Ballotées

Au gré des vagues ;

Perles

Toutes retournées

Vos nacres s’interceptent

Elles se caressent

Se violentent

Elles hissent leurs espérances

Crient

Et puis

Chantent

Crient

Et

Puis

Chantent

 

Perles

Collées

Enlacées

Les unes contre les autres

Filles d’une mer

Filles prospères

Perles enchantées

Qui rêvaient

De finir

En colliers

Fruits bénis par les doigts gourds

De Neptune

Vous vous échouez

 

Vous vous échouez

Offrande

Vous vous reposez

Offrande

D’un voyage si long

Qu’il a entrepris de vous briser les os

De vous ronger les ongles

De vous déminéraliser

Vous, perles

Avez résisté

Et c’est unies

Embrassées, solidaires

Que, d’un amalgame fier

Vous avez remultiplié

La matière

Pour en faire, in fine

Une offrande.

 

Carole Radureau (07/04/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni (Baie de Somme, avril 2026)

 

Une offrande sur la plage
Une offrande sur la plage

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Publié le 7 Avril 2026

Un – Deux

…….Fragments de Baie de Somme…..

……….Chant d’amour au cycle de la vie……..

 

 

 

Un.

 

J’ai sorti mes plumes jaunes

Là, derrière mes oreilles

C’est mon plumage nuptial

C’est de saison

Je sais ce qu’il me reste à faire

Aucune question ?

Je sais tout faire, sans guide aucun

Tout est là dans ma petite tête

Livré dès le séjour dans l’œuf

La perfection.

 

 

Deux.

 

Ça y est, j’ai une conquête

Une conquise, quoi !

C’est grâce aux plumets jaunes :

Je les avais bien astiqués

Vernis, lissés, ils éclaboussaient l’alentour.

Elle a aimé.

Je le sais, elle me l’a dit ainsi :

« Quels beaux plumets », je suis ravie !

(pas folle, elle sait bien que je transmettrais ça a sa progéniture).

Je lui ai envoyé un clin d’œil rouge

Elle a été éblouie

Et hop ! l’affaire était réglée, haut la patte !

Suite au prochain numéro.

 

Carole Radureau (06/04/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni de grèbes à cou noir (Grand Lavier avril 2026)

Un – Deux

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Publié le 6 Avril 2026

Comment dire comme cette photo est touchante ?

………Fragments de Baie de Somme…..

……………Chant d’amour au cycle de la vie……..

 

 

Poésie !

Fait sortir les mots de ton sac à magie

Aide-moi à exprimer

Un ressenti.

Toi, tu peux tout faire

Et tout nous faire dire

Si tu le veux, poésie

Presente !

 

Ce ne sont que 2 cigognes

Perchées dans leur nid

L’une d’entre elle est couchée

Peut-être qu’elle commence à couver

L’autre, le mâle ?

Est debout à côté d’elle

Comme une vigie

Un gardien

Un amoureux

Un phare.

 

Elles sont belles et blanches

Leur bec et leurs pattes

Rouge orangé

Leurs yeux sont effilés comme des amandes

Noires comme l’ébène

Leur regard est doux.

 

Le nid est une plateforme bien construite

Il semble accueillant

Peut-être que le mâle le bricole

Le répare, le rénove

Lui donne un petit coup de frais.

 

A quoi pensais-je en voyant ces photos ?

A une promesse de naissance, promesse de vie

Renouvellement de la vie

Comme un contrecoup aux images quotidiennes de mort

D’enfants morts, de femmes mortes, d’hommes morts

De prisonniers exécutés

D’anciens et d’anciennes morts

D’animaux morts

D’arbres morts et de nature morte

Je pensais ensuite aux broderies de naissance représentant des cigognes

Que je faisais autrefois

Car la broderie comme le dessin nous permet de bien connaître

L’anatomie, les formes et les contours

D’analyser les détails et de se les approprier

Je pensais enfin à ces histoires d’enfance

De la cigogne livreuse d’enfants

Contes qui nous rendent la cigogne si attachante

Si précieuses

Comme une qui annonce, une qui promet

Et puis je pensais à sa rareté, sa presque extinction promise

Dans notre enfance

Gianni en a vu une à Freneuse l’année dernière

Autrefois, la cigogne n’était plus présente que dans les Vosges

J’image l’émotion représentée à la vue d’un nid de cigognes sur une cheminée

Emotion autrement plus grande

Que celle de l’idée d’un père noël qui sort d’une cheminée.

 

Cette photo est très émouvante.

Elle est une image géante de ce qui rend la vie si aimable :

Sa simplicité

Son authenticité

Sa nature propre

La nature propre.

 

Contrepoids.

Contretemps.

Contre – attaque.

Contrée précieuse où l’eau et les arbres hébergent et abritent ce qui fait la vie.

Contre vérité officielle.

Contrepartie d’un cœur pur.

Contre-alto.

Contre-société.

Contre-pouvoir.

 

Carole Radureau (05/04/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni (Baie de Somme, avril 2026)

 

On prête à ces oiseaux une forte piété filiale, avec la réputation de prendre soin de leurs vieux parents, de les nourrir et même de les transporter. Une loi grecque appelée Pelargikoi nomoi (loi « cigognesque » désignait cette cigogne et imposa aux athéniens de nourrir leurs vieux parents.

Comment dire comme cette photo est touchante ?

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