Publié le 26 Avril 2026

Oscar le brocard : Frotti-frotta
Oscar le brocard : Frotti-frotta

……..Fragments de la pampa freneusienne……

 

 

Je vais marquer mon territoire.

 

Oh ! c’est facile, on fait :

 

Comme-ci,

Comme-ça

Frotti-

Frotta

Couçi-

Couça

(ah non, c’est pas d’actualité !).

 

C’est pour masquer les odeurs des gens.

 

Ça vous choque ?

 

Bah oui, nous ici on n’aime pas trop les odeurs des gens

Ça nous fait de la concurrence, quoi !

Ça nous emberlificote les narines

On ne sait plus à qui l’on a affaire.

Ce n’est pas l’odeur des gens qui se promènent sur les sentiers

Non, ça serait plutôt celle des chasseurs

Car, eux, ils vont et viennent

En dehors des sentiers

Pour nous débusquer

Pensez : au cas où ils débusqueraient Bambi

Tout mimi, caché dans un buisson :

Pan et pan !!

Voilà Bambi taché de miettes de sang

Au lieu de ses tâches de lait.

 

A quoi pensent-ils ?

C’est de la folie

Toujours tuer, tuer, tuer et re-tuer.

 

Alors nous, ça nous donne du boulot

On tague les troncs d’arbres

Que certains disent qu’on les fait crever

Mais moi qui vous parle par l’intermédiaire de ce média

Je vous le dis, croyez-moi

La nature-même de nos tags

C’est la première, ici, dénoncée

N’en voyez pas une autre

Car tout, je dis bien, tout

Dans la nature

Est bien pensé

Dès qu’il y a déséquilibre systémique

Il faut y voir la main de l’homme.

Je sais, ça ne vous fait pas plaisir d’entendre cela

Mais, la voix de la sagesse

C’est celle de la forêt.

C’est ainsi :

Il faut l’accepter.

 

Carole Radureau (26/04/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni (Freneuse, avril 2026)

 

Oscar le brocard : Frotti-frotta
Oscar le brocard : Frotti-frotta
Oscar le brocard : Frotti-frotta
Oscar le brocard : Frotti-frotta

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Publié le 25 Avril 2026

Celui aux ailes effilées
Celui aux ailes effilées
Celui aux ailes effilées

……..fragments de la pampa freneusienne…….

 

« Petits hobiers audacieux, petits mouchets ambitieux, le héron n’est pas votre chasse » (un poète en 1627)

 

 

Ce nouvel oiseau dans le ciel de la pampa freneusienne

Serait-ce un martinet ?

Il en a les ailes effilées

Vif et bondissant, il l’est

Comme le martinet

Seulement, en regardant de plus près :

C’est d’un rapace dont il s’agit

Peut-être un faucon crécerelle ?

Sa taille correspond.

Non, c’est un autre oiseau

Un nouvel ami qui se profile à l’horizon.

Qui es-tu bel oiseau

Conquérant du ciel ?

 

C’est un prédateur puissant

Il ne fait pas bon être, par lui,

Repéré lors de ses courses matinales.

Sa redingote est toute rayée

Finement rayée et son croupion

Est couleur de châtaigne ou de marron d’inde

Il a belle allure

C’est un voltigeur

Sans doute un cascadeur

En tout cas, solitaire

Il chasse et mange ses proies dans les airs

Du coup nos amis martinets ne sont pas à la noce

Ni les hirondelles

Ni les autres compagnons à plume

Et les insectes et les libellules sont de la partie

Cette année, il y a beaucoup de hannetons

C’est sans doute pour cette raison qu’on le voit

C’est un oiseau encore jamais vu ici.

Les hannetons ont des cycles

Une année, quand j’étais enfant, chez mes grands-parents

Il y avait eu un nuage de hannetons

J’en avais ramassé par poignées, le soir, sur la colline

Placés dans 2 boîtes à sucre, je les avais étudiés et relâchés

J’aime leurs pattes velcro qui grattent et s’accrochent sur tout

J’imagine le festin de hannetons par ce chasseur

Je n’aimerais pas le voir

Déchiqueter en vol un oiseau

Seulement chacun doit manger

D’autant plus quand c’est la saison des nids

Lui ne fabrique pas de nid

Il réutilise les anciens nids

Ceux qu’il préfère sont ceux des corvidés, des freux en particulier

La femelle y dépose 2 à 4 œufs

Très vite, après le départ des petits

Ils migreront vers l’Afrique australe.

Ce faucon est le hobereau

Quand on y réfléchit bien

On a peu d’occasion de le voir dans l’année

Tout comme les martinets qui sont arrivés eux aussi,

Un seul trimestre, à la belle saison

C’est vite passé.

Demain, j’y reviendrais avec d’autres photos

D’autres photos de ce bel hobereau.

 

Carole Radureau (25/04/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni (Freneuse, avril 2026)

 

Avec l’étymologie, on comprend mieux à qui l’on a affaire :

 

Faucon hobereau

Falco subbuteo

 

Subbuteo : du latin sub = en-dessous et buteo = buse : plus petit qu’une buse

Hobereau : XIVe siècle, provient de noms anciens comme hobel et hobier dérivés du verbe hobeler = piller, harceler, emprunté au néerlandais hob(b)elent = bouger, se démener.

Selon P. Géroudet « ce corsaire est en somme un pèlerin en réduction ».

Hobereau au XVIe siècle signifie « petite seigneur » dans le sens de « rustre », c'est donc un gentilhomme de petite noblesse campagnarde avec peu de moyens par opposition au grand seigneur (tout comme le faucon est un hobereau par rapport à l’aigle).

Son nom en provençal et en catalan : foúcoun moustachu/falcó mostatxut = faucon moustachu (en raison des 2 zones noires obliques au-dessus des yeux).

En espagnol : alcotán

En italien : lodolaio = l’alouetteur (mangeur d’alouette)

 

Celui aux ailes effilées
Celui aux ailes effilées
Celui aux ailes effilées

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Publié le 17 Avril 2026

Ma commère aux grands pieds
Ma commère aux grands pieds

………Fragments de Baie de Somme…..

                  Chant d’amour au cycle de la vie……

 

 

Ma commère jamais

N’a pu trouver

Chaussure à son pied

Elle l’avait trop large

Elle l’avait trop long

Elle l’avait trop plat

Quelle difficulté !

De chaussure, direz-vous

Elle n’avait point besoin

Pourquoi faire ?

Ma commère en avait juste envie

Elle avait envie d’avancer

Sans pour autant

Sous son nez

Perpétuellement

Avoir ses grands pieds.

Parfois, c’est vrai

Elle en avait honte

La Terre-Mère, décidément

Ne l’avait pas gâtée

Pourquoi est-ce que c’était tombé sur elle ?

Ma commère ne comprenait pas.

La Terre-Mère avait toujours ses raisons

Rien dans sa création

N’était fait à l’emporte-pièce

Non !

Même pas les pieds de ma commère.

Ceux-ci avaient une grande utilité

Et quand elle était sur l’eau

Ma commère

Ne s’en plaignait plus

Elle avait une bonne utilisation de ces extrémités

Certes disgracieuses au sol

Et quand il fallait

Sur la végétation aquatique

Se déplacer

Ma commère était alors la reine :

Certes, elle n’avait pas de couronne

Quoique son front était tout auréolé d’argent sacré.

En y réfléchissant

Ma commère avait croisé ses pieds

Elle avançait comme ça

D’une allure gracieuse, comme sur un podium

Son auréole argentée tout à coup

D’un éclaboussant message

Avait rayé d’un trait

Le handicap des pieds

Alors qu’en vérité, ma commère

N’était-elle pas sublime

De la tête aux pieds ?

 

Carole Radureau (15/04/2026)

 

 

Inspirée par ces photos de Gianni (Marquenterre, avril 2026)

Ma commère aux grands pieds
Ma commère aux grands pieds

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Publié le 15 Avril 2026

Natation synchronisée

……..Fragments de Baie de Somme…..

                Chant d’amour au cycle de la vie…….

 

 

Nulle musique

Nulle cadence

Même pas un coup de sifflet

Tout à coup

Sans se concerter

Ils plongent au même moment :

Alignés

Identiques

Dans le prolongement.

C’est sous l’eau que cela se passe

Ce que l’on n’entend pas d’ici :

Les chansons

L’opéra des oiseaux

Les rires et les sourires en coin

Les clins d’yeux

La complicité

Les palabres.

Ils sont timides.

C’est pour ça.

 

Carole Radureau (15/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni (je dirais que ce sont des tadornes, Marquenterre, avril 2026)

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Publié le 15 Avril 2026

…….les Moisson de l’eau……

 

 

Le chant du rossignol est un abri contre les tempêtes

C’est un sucre

Gardé en bouche

Sur lequel on fait glisser le thé

Feuille à feuille

Le chant du rossignol est un paratonnerre

Il combat sans mal

Toutes les misères

S’offrant,

Généreux,

Aux oubliés de l’humanité.

 

Carole Radureau (15/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni (Moisson, avril 2026)

 

 

Philomèle provient de la légende grecque de Philomèle changée en rossignol ou en hirondelle selon les auteurs. Cela veut dire aussi "ami du chant".

Le rossignol quand il chant gringotte, quiritte ou trille.

Le chant du rossignol

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Publié le 14 Avril 2026

Bergeronnette – Cachette
Bergeronnette – Cachette

………Les Moisson de l’eau……

 

 

Plus blanc que blanc

Mon bandeau blanc

Comme une permission de regarder

Dans lequel

Se sont glissés

Deux olives noires pétillantes

Je suis la reine de beauté

De ce coin de Moisson sans équivoque

Reine, je suis

Quand je me promène

Chaque matin

Au fil de l’eau

Arpenteuse de plages désertes

Non pas à la recherche de bijoux enterrés

Arpenteuse et riveReine

Moi, avec mon bandeau blanc.

 

Parfois je joue à cache-cache

Je ne suis plus

Tout à coup

Disponible

Celle qui prend des poses

A l’affût des photographes

Je suis dans ma passe timide

Me dévoilant à peine

Jouant avec les croisillons des barrières

Les ombres et les lumières

Je suis encore plus belle

On peut admirer mes contrastes

Ce délicat noir et blanc

Qui ne fait jamais préférer les couleurs

Quand il s’agit d’oiseaux

Je suis encore plus belle

Encore plus tendre

Jusqu’à me faire surprendre :

Moi, comme sur un plateau !

 

Carole Radureau (14/04/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni d’une bergeronnette grise (Moisson, avril 2026)

Bergeronnette – Cachette
Bergeronnette – Cachette

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Publié le 14 Avril 2026

Fils de dame Soleil

 

……..Fragments de Baie de Somme……

                Chant d’amour au cycle de la vie……

 

 

Il avait envoyé

Au soleil

Un clin d’œil un peu poussé

Il avait osé

Pris par je ne sais quelle idée d’entreprise

Lui dire, à cette étoile

« Je te provoque,

Moi, petit oiseau

Sur l’eau, posé

Comme un conquérant ».

 

Dame Soleil

En rien

Ne s’était offusquée

Elle était mère en vérité

Les oiseaux étaient ses enfants, aussi

Sans barguigner

Elle avait dit :

« A toi, petit garrot

Je te renvoie ton clin d’œil

Avec toute ma puissance

Avec toute ma tendresse

Avec grande élégance

Tu auras désormais un œil

Ouvert sur le monde

De façon éclairée

Et on te donnera ce nom que j’ai choisi, moi Dame Soleil :

Garrot à œil d’or."

 

Et c’est ainsi que tout a commencé.

 

Carole Radureau (14/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni d’un garrot à œil d’or (Parc du Marquenterre, avril 2026)

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Publié le 12 Avril 2026

Bruant-cerise

…….les Moisson de l’eau……

 

Les petits bijoux

Devront naître

Ici même dans cette campagne de rosée

Ils arrondissent doucement leur propos

Verte est leur demeure

Encore en fleur est leur pensée

Aucun ne doit tomber

Nulle sélection naturelle

Je veux pouvoir compter sur tous ces bijoux

Quand ils auront piqué leur fard

Face à l’inconnu

Quand ils auront sucré leur talent

A l’infini d’un soleil généreux.

 

Carole Radureau (12/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni d’un bruant zizi (avril 2026, Moisson)

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Publié le 12 Avril 2026

 

…….Les Moisson de l’eau…..

 

 

Un jour, Colvert décida de grimper aux arbres

De la rive et de l’eau

Vraiment, il en avait assez

Colvert voulait voir le monde

Non pas au ras des pâquerettes

Non pas au ras de l’onde

Il voulait prendre de la hauteur

Seulement, Colvert n’était pas équipé

Il avait des souliers bien gênants aux pieds

Il marchait comme cela, cahin-caha

Il était gauche

Pas du tout acrobate

Empoté, quoi !

Un jour, les hommes

Avides de conquérir les arbres

D’y faire grimper leurs marmots (comme

si ceux-là les avaient attendus !)

Inventèrent l’accrobranche

Accrochez-vous, disaient-ils

Etant sûrs d’avoir du succès

Les arbres faisaient grise mine

Finie la quiétude (quoique !)

Finies les petites visites d’oiseaux

Chatouillant doucement l’écorce

Finis les chants d’oiseaux

Les enfants, ça bouge, ça crie, ça gesticule

Les arbres n’avaient pas eu leur mot à dire

Nulle convention 169 de l’OIT pour défendre leurs droits

Nulle concertation

Il faut préciser qu’ils n’ont jamais donné leur accord

(quelle injustice !)

De cela, Colvert n’en avait que faire

Lui, il était heureux

Ceci allait bien dans son sens à lui

Le sens de la grimpette facile

Du promontoire tout trouvé

Du poste d’observation de la vie pour canards en mal de conquête.

Il était ravi, Colvert

Il était devenu l’espion aux pattes de velours palmées.

 

Carole Radureau (12/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni (Moisson, avril 2026)

Le roi de l’accrobranche

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Publié le 11 Avril 2026

……..Fragment de Baie de Somme….
………….Chant d’amour au cycle de la vie………

« Les hommes se refroidissent par manque d’âme. Mais nous sommes là, avec du silex et de l’amadou, des mélodies et des chants, des poèmes et des réflexions, un sommeil profond et des rêves de toutes sortes, pour réchauffer les heures de ceux qui ne veulent pas encore se figer «

Atahualpa Yupanqui

 

Réchauffer les âmes à l’amadou

C’est enflammer les pensées

Pour en faire des feux d’artifice de rosée

Retombant en mille éclats de vie.

 

Eveiller la résistance de ceux qui sommeillent

C’est d’un choc entre silex et silex

Faire naitre l’étincelle ultime

Prête à construire les barricades.

 

Sortir de l’eau la plume

Offrande d’un petit grèbe

Pas si innocent que cela

La mettre derrière son oreille

Comme une rose fraîchement cueillie

Ou bien la glisser dans l’encrier

Dans lequel dormait l’encre de liberté

Aux senteurs parallèles

C’est la coller sur un dessin furtif

Ou bien en faire un mobile pour chat un peu foufou

Le garder quoi qu’il en soit et de tout temps

……..

 

La poésie sera le ciment et le liant

Elle colmatera les brèches avec un sonnet

Ou une rime éclairée

La poésie sera l’instigatrice du chamamé

La danseuse de salsa

Celle qui distribuera les tortillas

Et les acarajés

Elle sera grâce et rose cuite

Pour s’insinuer dans les chutes d’Iguaçu

Juste là où résident des martinets

Dispensateurs de plumes de rébellion.

 

La poésie est fille du silex

Dans ses veines coulent des veines sulfureuses

Riches en éclaboussures et en répartie ;

La poésie est sœur de l’amadou

Car, lorsque le silex a oublié ses fondamentaux

La nature pallie avec d’autres matériaux

Que les hommes, éveillés, développèrent

Au-delà de toute idée d’enrichissement prospère ;

La poésie est une plume-même

Dans chaque fibre elle s’inscrit

Un oiseau en cela est l’être le plus riche en poésie

Elle est en lui

Il ne peut la renier

C’est ainsi que la poésie se préoccupe autant des oiseaux

Pourquoi, dès son réveil, elle songe à eux

Pourquoi dans son sommeil, elle rêve d’eux

Jamais, la poésie n’oubliera les oiseaux

Ce sont ses messagers, ses intimes, ses enfants et ses ancêtres.

 

Ecrire avec les outils, avec les produits offerts par la Terre-Mère

La poésie sait le faire

Avec ses petites astuces à elle

Ses joies, ses peines et les douleurs qui ne devraient être.

 

Carole Radureau (11/04/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni, grèbe castagneux, Grand Lavier, avril 2026)

 

La poésie, le silex, l’amadou et la plume

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