agate mousse

Publié le 12 Juillet 2026

J’ai mal à la Terre

 

La terre me fait mal

Quand le soleil

La mord de toutes ses dents

 

J’ai mal à la Terre

Chaleur extrême

Mille tourments

Tournent et virent

Au firmament

 

La nature me fait mal

Chape de plomb

Sur elle, plomb fondu

La Terre a chaud, se fond

La Terre est sèche

Dure son assise

Terre fumante

 

J’ai mal aux arbres

Pourtant, ils ont les pieds

Sous terre

Pourtant, leurs racines

Au frais, dorment

 

Les arbres me font mal

J’ai peur qu’in fine

Ils ne disparaissent :

Feuillage jaunissant

Feuillage sous l’ardeur du soleil

Gémissant

Sans un bruit, sans un cri

Subissant pendant des heures

Plomb qui fond sur les couvertures,

Plomb

Durci

 

J’ai mal à l’eau

Comme elle me fait mal

Eau, s’évanouissant

Eau sacrée dans le plomb

Chauffée à blanc

Chaque goutte de sa matrice

En perles de condensation

Fuitant, s’enfuyant :

Eau sèche, eau disparue

Gorge sèche, gorge nue

Gorge : à quoi penses-tu ?

 

Les animaux me font mal

Du plus petit au plus grand

Ils subissent avec peine

Ils meurent sans un cri

Ils disparaissent sans un bruit :

La vie s’enfuit

 

Animaux, tombés au combat

Inégal et ardent

Espèces par la faute des hommes (des gouvernants)

La mort, subissant

 

J’ai mal aux insectes qui courent

À la recherche de la moindre goutte d’eau

 

J’ai mal aux oiseaux qui se terrent

Nul abri

 

J’ai mal aux espèces

Qui cumulent les sources de chaos

Les innocentes victimes

Me font mal et je crie

(avec les yeux), je crie

Car mon coeur, telle la Terre

Est sec, fruit trop mûr

 

J’ai mal aux gens

À qui l’on fait croire

Que c’est leur faute aussi

Les gens qui meurent

Sans un cri sous de funestes

Abris

 

J’ai mal aux gens qui souffrent

(chaleur et guerre)

Car, malgré tout ceci

La guerre, toujours, continue

 

J’ai mal aux gens qui ouvrent leurs fenêtres

Alors qu’il fait 37 degrés

Car leur vie s’écoule

Dans une bouilloire thermique

Ils n’ont pas le choix

Ici ou là, c’est pareil

L’air, n’existe pas

 

J’ai mal aux gens qui travaillent par ce temps

Qui, à la chaleur

Ne peuvent se soustraire

Sans prendre cher

 

J’ai mal pour tout ce qui vit

Pour tout ce qui mérite vie

Le ruisseau qui s’ennuie

Laisse passer le temps dans son ru

Car l’eau, c’est du passé

J’ai peur de ce qui suit

Mais, comme c’est demain

Il ne faut pas y penser

Le moment présent est sacré (même mauvais)

Il est sacré comme l’eau de nos âmes

Le moment présent tel qu’il est

Est encore précieux

Même si le cerveau bouillonne

Que les jambes, pèsent, plomb

Que les forces s’amenuisent

Car le coeur, malgré tout,

Survit

 

J’ai mal à la Terre

La terre sauvage

La terre humaine

La terre habitable

Je sais d’où vient le mal

Je sais comme il s’accélère

Le couteau

Bien enfoncé dans sa plaie

Tels des parasites

Infâmes

Ils enfoncent le clou

Jusqu’à la trame

La pelant, la déshydratant

Jusqu’à en finir

 

J’ai mal à la Terre

Et pourtant

Je sais qu’après nous,

Elle ne disparaîtra

Sa matrice est forte

Bien plus forte que tout

Car c’est l’espace qui

L’a construite

Car c’est l’univers

Qui la berce

Dans sa chape de ténèbres

 

Pourtant, la Terre me fait mal

Car je l’aime comme ma mère qu’elle est

Je l’aime avec toute sa vie

Avec toute sa beauté

Cette beauté qu’elle fit naître

 

J’ai mal aux souvenirs

De ce qu’elle a été

J’ai mal de me dire

Que cela ne sera plus

 

J’ai mal à la Terre

La Terre qui n’en peut plus

La Terre qui nous porte,

Nous nourrit

Nous abreuve

Nous abrite

La terre qui nous porte malgré tout....

.......

Jusqu’à quand ?

Carole Radureau (12/07/2026)

Ecrit à 2 heures du matin pendant la 3e canicule de la saison

 

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Terre-mère, #Agate mousse

Repost1

Publié le 21 Juin 2026

Par Original téléversé par ALE! sur Wikipédia allemand. — Felipe Guaman Poma de Ayala:, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11974521

Dame Soleil est folle

Elle veut notre peau

Qui est allé, ainsi

Lui chatouiller sous les pieds ?

 

La Corse et Marseille

Deviennent fréquentables

Alors que Paris, Reims et Auxerre

Se pressent autour du presbytère….

…..et ressortent des prières

A la Terre-Mère, il serait temps !

 

Dame Soleil, mais que veux-tu ?

On sait que le capitalisme tue

Il n’a pas l’air de s’en faire, lui

La clim inclinée sur le derrière.

 

Tout est détraqué, tout

Part à vau-l’eau

Ils l’avaient annoncé

Pris pour des fous

Les complotistes ont de la matière devant eux

Une matière riche en têtes vides

Prêtes à gober

Même la lune !

 

Mais la chaleur, nous on la sent bien

Elle nous offre des pages

Directement inspirées de notre dernière heure

(enfin pour moi, mais c’est normal, c’est moi)

Quiconque croit résister se

Trompe

La chaleur est un accélérateur

De dommage collatéral :

Ça !

Le capitalisme, lui, le gère bien

C’est même sa matière favorite.

 

Que dire sinon que faire ?

On est bien petits

Et Dame Soleil bien trop puissante

Elle ne fait que son boulot

Il ne faut pas la condamner

Et accepter, accepter son sort

Car il n’y a rien d’autre à faire.

 

Mais la chaleur si partageuse de Dame Soleil

Peut offrir des vagues de pensées

Des nids de réflexions

Des parcmètres à philosopher

Et peut-être dans tout ceci

Faire naître des décisions ?

 

Est-ce trop tard comme ils le disent

Nous désespérant peu à peu

Par la manière forte :

Briser l’espoir.

Est-ce trop tard pour bien faire ?

La Terre-Mère est résiliente

Quand on lui tend la main

Elle nous remercie

Par un pur ciel bleu

Sans ses horribles traces blanches de fumée

Avec un air pur, gai à absorber

Avec une embellie

Qui nous fait aimer la vie

Je le sais

Je me souviens du confinement lors du Covid

Où la terre a soupiré

Et ma muse s’en est tout de suite émue.

 

Il n’est jamais trop tard

Pour se donner une feuille de route

Pour bien faire

Il faut tout conjuguer

Les bonnes dynamiques et les politiques

Dans cet état de chose

Il n’y pas une solution

Mais des milliers

La première de toutes :

Arrêter les guerres !!

 

Hé ! pas facile me direz-vous

Tant de va-t’en guerre, tant….

Si bien que chaque état en rêve

Comme d’une réponse à quoi au juste ?

Au réchauffement climatique ?

Aux vagues de migrants

Poussées par lui-même ?

Ou pour enrichir les profiteurs de guerre ?

Derrière lui, le capitalisme !

Encore lui.

 

Ce n’est pas Dame Soleil qu’il faut incriminer

Vous savez qui

Alors réfléchissez, poétisez, philosophez

Surtout : prenez les bonnes décisions

Pour votre santé

Pour la Terre-Mère

Pour nos descendants

Pour les espèces, toutes

Pour l’eau, toutes les formes d’eau

Et pour la paix,

Pour les enfants

Victimes de la folie des hommes.

 

Carole Radureau (21/06/2026)

 

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Agate mousse, #Dame-soleil

Repost1

Publié le 18 Mars 2026

Les chatons
Les chatons
Les chatons

……les Moisson de l’eau…..

 

 

Une petite poésie

Toute douce

Naît au début de chaque printemps :

C’est la montée de la sève

C’est l’arrivée des beaux jours

C’est la promesse d’une belle saison

La plus belle car la plus neuve

La plus renouvelée

Celle qui se reproduit chaque année

Celle qui épate chaque année comme si nous ne l’avions pas déjà vue

Et l’on s’émerveille :

Quelles jolies fleurs !

Comme ce parfum est doux !

Que ce vert est tendre et joyeux !

Le jaune est toujours le 1er sorti !

Et les chatons ?

Ils sont si doux

On voudrait les embrasser

Ils sont si collants

On voudrait les glisser dans nos tisanes

Aspirer haut et fort leur arôme, leur résine vivifiante

Les chatons sont les favoris des petits enfants

Sur le chemin de l’école

Ils les voient, ployant leurs regards doux sur les petites têtes tristes

A l’idée de s’enfermer dans une salle de classe

Alors que le soleil brille

Les enfants entrent en classe avec cette vision de chatons

Si doux, si tendres, si prometteurs

Ils voudraient, les chatons, pensent-ils

Etre caressés, admirés, choyés, adulés

Juste avant

De laisser éclater leur sève contenue difficilement

Comme un grain de maïs dédié au pop corn,

Ils voudraient réciter des vers

Ou qu’on leur en dédie, à eux, chatons si vaporeux, si polis

Et voilà, que leur vœu est réalisé :

Je poétise et me revoie sur le chemin de l’école :

J’ai glissé un chaton dans ma poche

Comme il est collant !!

Je le touche tout au long de la matinée :

Est-il toujours là ?

Je le presse, il colle un peu moins

Toute sa sève, tout son amour vital

Inscrits dans la paume de la main

Mon stylo est gluant

J’ai fait une tâche sur mon cahier

Je n’entends pas ce que dit le maître, tant pis !

Rien d’autre que le chaton n’a d’importance

Je veux qu’il me donne sa force pour toute la saison

Quand l’été sera venu

Il me faudra puiser des forces dans un autre géant de la nature

Peut-être un caillou puissant, qui lui, ne collera pas.

 

Carole Radureau (18/03/2026)

 

Inspirée par ces photos de Gianni

Voir les commentaires

Repost1

Publié le 6 Décembre 2025

 

On épouse une cause, un jour

Et c’est pour toujours

Mais ça, on ne le sait pas au départ

On le découvre peu à peu

Elle s’attache à nous de son mieux.

Certaines causes, peut-être

Durent le temps d’une vie

La cause que l’on épouse

C’est pour la défendre

La porter, l’étaler, la diffuser, la faire grandir

Elle a le malheur d’être multiple

Elle a le mérité de ne jamais être en concurrence avec les causes-sœurs.

Quand un fait devient cause

C’est qu’il a su toucher nos cœurs

Fait reluire la petite lumière dans notre âme

Qui dit : il va falloir s’y mettre !

Le temps passe

Comme les causes que l’on défend sont justes

Elles souffrent de l’injustice

C’est pourquoi on veut les défendre

Toute une histoire de vie se greffe, au fil du temps

Sur les causes

Avec les malheurs,

Avec les tristesses,

Avec des abandons,

Avec des morts,

Avec des interrogations

Il ne faut pas baisser les bras.

 

Un jour, on se réveille en se disant :

Ma parole, ce sera la cause d’une vie !

Le problème : ce n’est pas la seule.

Tout soudain tu te dis :

Ma vie seule n’y suffira pas :

Comme la vie est cruelle pour ceux qui souffrent de l’injustice

Comme les causes souffrent de pas susciter plus d’adhésions 

Car le nombre fait la force d’une cause que l’on disait perdue.

 

Le temps passe….

Tu te retrouves avec X causes à défendre

Tu ne t’es pas posé de questions quand tu les as épousées

Tu leur restes fidèle

C’est automatique

Même dans les moments durs de ta vie

Quand toi aussi, tu souffres

Quand les forces te quittent par moment,

Quand tout semble devenir sombre,

La cause, les causes sont là 

Comme des phares dans la nuit

Pour te dire qu’il y en a d’autres sur terre

Qui méritent ton attention, tes forces, même amoindries

Ta petite goutte d’eau essentielle.

Carole Radureau (05/12/2025)

 

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Agate mousse

Repost0

Publié le 12 Septembre 2025

Les poids deviennent lourds à traîner

 

Me duele Gaza !  (J’ai mal à Gaza ou Gaza me fait mal) est inscrit sur la bannière de mon blog

Ce cri d’une affiche lors d’un rassemblement a trouvé en moi son écho

Parce que la langue espagnole est une langue qui parle à mon cœur

Que ses mots simples

Que ses slogans utilisés dans chaque lutte

Sont des mots qui parlent forts aux cœurs qui les comprennent.

 

 

Le temps passe et les horreurs s’accumulent

Et nous, nous n’y pouvons rien

L’air est devenu lourd et chargé de nuages gris depuis le 7 octobre

Le poids a commencé à peser

Il n’y pas que Gaza et sa souffrance indescriptible

Il y a tout le reste qui s’accumule

Tous ces poids qui s’empilent telles des lasagnes indigestes

Et le poids se porte sur l’estomac

L’estomac porte vive   porte fragile   passage des aliments

Porte d’accès à la digestion mais comment, comment

Digérer tout ceci que voici ?

Il faut se détourner de ces nouvelles ?

Il faut faire un break, tu crois ?

Mais comment, comment faire sans l’impression d’abandonner

De se signifier OUT ?

 

Mon estomac est rempli contrairement aux autres qui sont vides

La faim est une fleur solidaire

Elle unit par le monde les graines qui ont un jour manqué d’eau

Les larmes coulent comme une rivière qui court désespérément

A la recherche des bras d’un fleuve où se jeter

Mais celui-ci est détourné par la cupidité et le profit

Nul endroit où déverser sa peine

Il faut parfois soulager le poids

La poésie est là et quand elle se réveille

Il faut la saisir d’une plume alerte

Sauter sur l’occasion

Car le silence prolongé d’une muse, tue 

Tue la poésie dans son œuf à la coquille éthérée.

Il faut la saisir, la poésie

Puis il faut la brandir

Car elle, elle est tout d’abord libératrice.

 

Je n’écris pas ses mots pour me plaindre,

J’écris pour faire revivre une muse altérée

Qui a eu trop chaud,

Qui a trop soif

De justice essentiellement

Qui a trop faim mais pour alimenter les autres en espérance

Qui s’est trop tue

Qui ne sait pas si après ceci

Elle parlera de nouveau

Le chant de la poésie est parfois vécu comme un chant du cygne

Les poids trop lourds à tirer l’empêchent

De trouver

Un sillon tout frais

Où déposer ses graines

Tels des petits œufs de caille bien camouflés.

Je les cherchais et ne les trouvait pas, les petits œufs de la muse

Non pas que j’espérais, avec eux

Me faire une omelette (aïe, aïe, aïe, le soufre)

Je voulais en faire un poème sur les oiseaux

Mes chers compagnons qui continuent de voler sans moi

Car mes ailes sont brisées par un poids trop lourd.

 

Il faut regarder vers le ciel

Il faut retrouver les forces nécessaires à la continuité et

Non à l’abandon

Tant de choses se passent dans le monde pour libérer les paroles

Alors que tant de choses dans le monde se passent pour censurer les paroles

Si la poésie se tait

Nous aurons tous perdu

Nous aurons tout perdu.

 

Merci ma muse de me tendre ta petite main ce jour

Merci de me libérer d’une parcelle de mon poids

J’ai soufflé, soulagée de t’écrire

Merci à ceux qui me liront de comprendre pourquoi j’édite ce texte ici

Je pourrais aisément, une fois le soulagement passé

Le garder dans mon fichier

Mais il y a des mots qu’il faut partager car la poésie libère

Si elle prend l’air

Pas si elle reste

Toute seule

Enfermée dans son dossier, anonyme et perdue

Il en a été ainsi au tout début de ma poésie en 2008

Pendant environ un an, la poésie a jaillit non stop

C’était une poésie de soin, de guérison

Toute une vie à sortir de moi aux forceps

Ensuite elle est devenue plus libre, plus libérée

Elle avait fait son œuvre de guérison

Elle ne m’a plus quittée

Aujourd’hui je suis de retour au point de départ

Pour d’autres raisons, de santé essentiellement

Je ne peux donc pas la laisser me quitter

Car la poésie est devenue ma compagne chère

Avec elle, je me sens vivante

Avec elle, je me sens utile

Avec elle, je me sens capable de quelque chose

Avec elle, je me sens libre.

 

Merci encore compagnons de route qui me lisez.

Je reste forte, et plus que jamais.

 

Carole Radureau (12/09/2025)

 

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Agate mousse

Repost1

Publié le 23 Août 2025

Entre deux épisodes de chaleur

Où épuisement et arrêt du temps dominent

La fraîcheur de l’air, soudain libérée de la pollution

Nous invite à sortir, à prendre ce qui peut être pris

De notre chère Dame Nature.

Le bois d’août nous attend, il est toujours présent

Calme et patient

Il vit sa vie de bois et s’adapte comme tout un chacun

La balade d’août est aussi l’occasion d’une cueillette

La saison a tôt commencé

La chaleur a entamé le potentiel des fruits

Il ne faut plus tarder

Les ronciers n’attendent que nous en parallèle du bois

Car,

Dans le bois,

Les ronciers ont piteuse mine

La mûre est un fruit qui goûte comme les autres, le soleil

Mais avec parcimonie

Le bois s’ouvre sous mes pas

Le sentier est sec mais sans ornières

Le calme semble régner pour une malentendante

Quoique, parfois au loin s’entendent parfaitement dans l’air sec

Les bruits d’avions et de voitures, continus

Pourtant c’est le calme qui règne

Le silence amorti

Le chemin se détricote sous mes pas alors que je prends mon temps,

Méditant

Regardant

Cherchant le moindre son signalant la présence d’oiseaux

Il est fini le temps des chants

Comme ce temps est le plus beau de l’année !

Mais comme toute chose, celle-ci ne dure qu’un temps

J’entends bien quelque gazouillis qui viennent il me semble d’un pouillot

Il est omniprésent dans le bois mais on ne le voit pas

Le silence m’accompagne un long moment

Puis en milieu de parcours

Revoilà les cris d’alerte de la crécerelle

Au même endroit que la dernière fois

Dans le quartier de la cabane faite et défaite par des jeunes en mal d’aventure

Elle crie chaque fois quand nous passons

Nous pensions à la saison de reproduction qu’il y avait un nid mais maintenant ?

Dès que l’on a passé sa zone, elle se tait (ou elles se taisent, je n’ai pas la capacité de différencier)

Alors, je scrute la canopée espérant voir sa silhouette mais rien

On commence alors à se sentir intrus

La balade continue, pas un humain ni un chien, ni un vélo, ni quoi que ce soit

Le bois est tout à moi

Du moins, ses petits habitants me le prêtent-t-il

Arrivée près de la sortie, là-bas le long des champs et de la civilisation

Je me fais à nouveau crier dessus

Véritablement une volée d’injures

C’est le quartier du pic vert qui parfois rigole pour signaler notre entrée

Ah ! vraiment, j’espère ne pas avoir troublé la sieste de ces chers zoziaux

Je m’en vais récolter quelques mûres oubliées lors de la récolte d’hier

Histoire de ne pas rentrer les mains vides

La balade est belle quand on récolte les fruits de la Pachamama

Car, tout ce qui tombe au sol est autant de dons qu’elle nous fait

Qui sont comme des lettres mortes

Avant qu’il n’y en ait plus, cueillons les fruits de la vie

Les mûres et les paroles douces ou dures de la nature.

Carole Radureau (23/08/2025)

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Agate mousse

Repost1

Publié le 25 Mars 2025

Fleurs de cerisiers en temps de guerre
Fleurs de cerisiers en temps de guerre

 

Autrefois j’ai beaucoup écrit sur les fleurs de cerisiers. Avec le recul, je me rends compte que nous vivions un temps d’insouciance, d’où la nécessité d’être sans cesse, si possible, dans le moment présent pour en avoir réellement conscience. Je me dis souvent, ces derniers mois, que je ne retrouve plus l’ascenseur émotionnel qui me connectait parfaitement à la nature et au cosmos et qui me guidait dans mon écriture. Pourtant la nature est fidèle à elle-même suivant son cycle, malgré toutes les horreurs que lui font subir les hommes, la nature en cela devrait être un exemple pour nous. Continuer de vivre notre cycle sans trop paraître perturbés, ce qui n’empêche pas l’empathie et la compassion pour toutes les victimes de la triste période.

 

Le printemps est là et tout resplendit

Malgré le soleil (soudain trop chaud)

Malgré la pluie (soudain trop violente)

Malgré les écarts de température

« Tu te plains tout le temps » me dirait-on

C’est qu’avec pour bagage

Age et maladie

Le temps c’est un mouvement

Qui peut faire vaciller.

 

Le printemps est là et tout reverdit

Vite, trop vite les feuilles sont apparues

J’ai raté les clichés de leurs petites mains

Toutes fraîches, toutes neuves

Qui s’ouvraient

Comme une prière au ciel.

 

Le printemps est là et le cerisier nouveau aussi

Les fleurs de cerisier dans le jardin

Retrouvent leur place

Ça fait du bien !

Le rose poudreux, le rose rêveux, le rose de la poésie

Sans fard ni nuance, avec cœur et évidence

Reparaît non comme par magie

Sinon par choix, un vide à combler

Et ça fait du bien.

 

Chaque année le printemps se vit en accéléré

Trop chaud trop d’eau, tout explose

C’est très beau, trop rapide

J’ai le sentiment que tout est gâché

J’ai le sentiment de ne plus retrouver la saison

Telle qu’elle était autrefois

Je n’arrive plus à trouver ma place dans les saisons

Suis-je trop vieille ?

Suis-je trop sensée ?

Suis-je trop connectée ?

Souvent, j’ai l’impression que mon calendrier

A 2 mois d’avance

Souvent en mars, j’avance comme en mai

Mon organisme est resté avec sa mémoire d’autrefois

Moi, avec lui dans cet état d’esprit

J’avance à reculons

La poésie s’en ressent.

 

La poésie se ressent de mon état et de l’état de la nature

La poésie se ressent de l’état du monde et de la souffrance

La souffrance de la terre, des animaux, des arbres, des gens, des rivières

Qui est la même souffrance, ni plus, ni moins, la même

Car tout est à égalité sur cette terre

Même si l’on nous fait croire

Même si l’on nous montre le contraire.

 

J’ai réalisé avec le conflit en Palestine

J’ai réalisé avec la crise du COVID

J’ai réalisé avec la montée internationale du fascisme

Que je n’étais pas une poétesse des moments de douleur

Et je suis triste de penser que peut-être

Si j’avais été prisonnière ou dans des camps

Je n’aurais pas pu m’exprimer avec mes mots

Comme l’on fait des poètes que j’admire

Dans ces conditions terribles.

 

Le printemps est là et la tristesse aussi

Il faut avancer de rebond en rebond

Sans aucune perspective

Juste se satisfaire de son moment présent

Si celui-ci n’est pas trop douloureux.

 

Tout pousse à la vie, au rose

A la saison prochaine des roses

Aux bébés oiseaux qui naîtront

Au chant du merle et de Georges

Tout pousse comme la sève à l’émergence

Il faut suivre ce train imprégné de chlorophylle

Se laisser tendre la main des arbres et la saisir

Vigoureusement

Il faut se laisser émouvoir par le retour des pissenlits

Et par le rire du pic vert.

 

Carole Radureau (25/03/2025)

 

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Agate mousse

Repost0

Publié le 18 Novembre 2024

 

Le génocide palestinien a annihilé ma muse

La poésie est restée coite

Desséchées les ailes de mon cœur

Toujours promptes à l’empathie

Envolées les envolées lyriques, les vers versifiant

Les figures de style et les métaphores

On ne sait jamais comment la poésie va se comporter

Quand il s’agit de situations dramatiques

Vouées au long terme

On ne sait si sa voix fusera pure et claire

Ou si sa glotte restera définitivement asséchée

Avec elle on ne peut rien prédire

On ne sait d’où provient son élan

Son fonctionnement intrinsèquement libre, instinctif,

Passionné parfois, indépendant et spontané :

A quoi est-il dû je me le demande

Il y a des choses et des actes

Que j’aurais écrire, du moins décrire par la poésie

Il y a des mots qui auraient pu soutenir

Certains sont venus au tout début

Anticipant les massacres…….devant quelle indifférence !

La poésie n’a pas sa place ici et maintenant dans ce monde de violence

Du moins nous le laissent-ils penser

Pourtant,

Je sais que la poésie est partout à sa place

Encore plus dans les moments où on l’attend le moins :

Les moments de guerre, de résistance, de haine et de nuisances.

Les oiseaux, ces généreux et irremplaçables compagnons

Aide à détourner le regard des ruines

Le cœur aux ailes desséchées n’en fonctionne pas moins

Là où se couchent des vers ornithologiques passionnés

Ne se lisent pas entre les lignes les souffrances et les inquiétudes

La poésie n’est pas une alternative à l’impuissance

La poésie est puissance

Elle a su sublimer les peines et les terreurs anciennes

Pour sortir des cachots en catimini

Et dénoncer

Elle a su entrer en clandestinité pour résister

Et voler, LIBERTE, depuis les airs

Pour irriguer les esprits

La poésie sait très bien crier avec les yeux

Faire jaillir le son cristallin de la source

D’un tympan endormi

Elle sait sublimer un regard d’enfant

En faire une envolé d’étoiles qui ne rivalise

Qu’avec un éclat de rire insouciant

La poésie est une très grande porteuse d’espoir et d’espérance

En cela j’aimerais que la muse se remette

Elle peut être porteuse de l’étincelle qui jaillit

Comme un BON SENS

Elle peut aussi être la colombe qui ragaillardit.

 

Carole Radureau (18/11/2024)

 

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Lance-pierre, #Agate mousse

Repost0

Publié le 12 Octobre 2024

Plume de cygnon trempée dans l’encre de lentilles vertes

Tant de choses seraient à dire

Hormis le contexte des oiseaux

Tant de mots, de paroles qui restent boqués

Dans le cœur, le ventre et l’âme

Comme inertes, cois, tranquillisés en apparence

Inadéquats ou inconstants

Bref ils sont dans l’incapacité de s’exprimer

L’ambiance est à couper la chique à tous les poètes telluriques

Ni la pierre, ni la rose, ni la fougère

Semblent les inspirer

Il n’y a que l’oiseau qui a pour lui

Ciel, ailes et liberté

Qui vient, l’oiseau, offrir son flanc aux vers

Tant de choses contenues qui ne sortiront sans doute pas

Comme si la colère n’existait plus

Que leurs abus nous avaient coupé la chique

Comme si nous étions traumatisés

Peut-être est-ce le cas

Sinon la peur de la censure mais ça, la poésie s’en moque

Car lorsqu’elle est en forme et qu’elle a les mots sur la langue

Elle peut contourner toutes les censures

Peut-être aussi tous les désagréments de la vie

Le virus, les maladies, tant de perturbations qui s’en viennent

Les choses d’une vie qui n’ont pas été réglées

Qui resteront maintenant lettre morte dans leur petite chambre de bonne

C’est vrai, il y a des portes qu’il vaut mieux

Ne plus ouvrir

Il faut laisser la place au moment présent

Les infos ne font que nous projeter

Les politiques ne font que nous projeter

C’est toxique mais ça emporte le chemin de vie vers le vide

Il faut trouver des points pour décompresser

Quand la destruction s’accélère

Quand ses effets délétères sont bien présents dans ce moment présent

Tout est inversé

Le fascisme va galopant dans les sphères politiques

Les personnes qui lui garantissent un bel avenir

Il faut sauver le capital et le fascisme, c’est l’idéal

D’ici jusqu’en Patagonie

De là jusqu’en Alaska le fascisme le fascisme, le fascisme est là

La terre n’a jamais connu cela, une terre gouvernée par des fascistes

Peu de pays relèvent la tête, avec difficulté, les mains souvent, liées

La déforestation fait rage, tout doit être arasé, c’est la consigne

L’Amazonie devient la savane

Les espèces disparaissent

Les feux font avancer les frontières

Ils ne démarrent jamais d’eux-mêmes

Les oppressions s’accélèrent, s’accumulent

Contre les défenseur(e)s qu’ils défendent le territoire, la vie, l’eau, la forêt, les droits humains

C’est la grande course à l’échalote pour les profits

A grand coup de guerres et de corruption, de mafias et de narcotrafic

Vive le fric ma Terre-Mère !

Tu n’en as que cure comme moi, mais c’est ça qui est à la mode

Tant pis pour tes arbres, tes oiseaux, tes fruits, ton eau et tous tes cadeaux

Il faut ralentir, tous accélèrent

Il faut la paix et la décroissance, eux accélèrent

Quand on ouvre la bouche pour dire des mots de Terre Mère, de Paix, de Justice et de Liberté

On est suspecté…..

 

Il faut parfois

Les mots, faire remonter

Quand c’est le moment, il faut y aller

Vidanger le réservoir de mots

Alors qu’avec cette encre de lentilles vertes

J’aimerais écrire un poème-recette doux et beau

Il verrait le cygnon écouler son temps comme un sable chaud

Qui glisse entre les doigts en crissant cri…cri…cri

Il évoluerait comme une caravelle qui ne part pas coloniser

Qui part pour admirer le monde

Et ne jamais rien ramener, ni poser le pied à terre,

Juste admirer de loin

Il se déplacerait comme un mouchoir de soie patiemment tissée

Une soie tissée si serrée qu’aucune goutte d’eau ne la transpercerait

Sa patte hors de l’eau pour la faire sécher

Ou pour reposer sa turbine

On le verrait se déplacer sans y croire

Sur le lit de lentilles vertes ou aucun sillon ne rêve

Tout se passerait en-dessous du plat de lentilles

Dans l’arrière-cuisine c’est-à-dire à la plonge

Là où personne ne va sauf les intéressés

La mécanique serait bien rôdée

Qui fait glisser le cygnon-mouchoir de soie

Sur son plat de lentilles d’eau

Non pas pour en faire une recette goûteuse

Mais pour en faire une recette-phare de l’ornitho-poésie.

 

Cygnon, ton teint duveteux, ta couleur pâle

Sont autant de coton et d’opale

Pour exiger du firmament :

Regarde par ici, c’est le moment de grâce

Où la Paix, la Justice, la Terre-Mère ont un véritable espace

Pour déclarer au tout-venant :

La Nature est notre Avènement.

 

Carole Radureau (12/10/2024)

 

Inspirée par cette photo de Gianni

 

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Gianni ou fragments de vie sauvage, #Agate mousse

Repost0

Publié le 20 Juin 2024

Et la tendresse ?

 

Je vais m’en chercher la tendresse

La récupérer telle une vieille chaussette

Du fin fond où elle se trouve

La recoudre, la rapiécer

Comme au bon vieux temps

En faire une chaussette de renforcement

Avec des talons résistants

De vieilles reprises de fils solides

Pour qu’elle dure encore tant d’années.

 

Moi, je m’en vais régénérer la tendresse

Ma vieille chaussette qui a déjà tant servi

Pour en faire un étendard

Non pas une serpillière.

 

C’est de la tendresse dont on a besoin, bordel

Pas d’un bordel de m. brunes

Puantes et fumantes au crépuscule des hommes

Ressortir nos belles valeurs

Hisser nos harmonies de nature

Avec des arbres pour héros, des arbres millénaires comme ministres

Des oiseaux qui nous gouvernent

D’ailleurs avons-nous besoin d’être gouvernés

A part être gouverneurs de la rosée

De la toile d’araignée capteuse de perles fières

Du lichen qui connaît parfaitement son affaire

Du microrhize qui ridiculise tout scientifique qui se la pète

De la symbiose qu’ils n’ont jamais élucidée

Alors qu’ils en sont à chercher de l’eau sur la lune.

 

Voilà où se trouve la vieille chaussette tendre

Non pas aux pieds mais au-delà du temps

Dans la nature-même, ses sons ses odeurs ses sensations

Main dans la main avec la canopée

Le désir de voir tout se décomposer

Avec en nous l’osmose de finir dans ce partage

Et même si cela dégage tant de COV, in fine les accepter

Ils sont l’essence-même de la vie

De la tendresse et de l’infini

Qui balaiera d’un grand coup de pied

Tout ce monde civilisé et préfabriqué.

 

Carole Radureau (19/06/2024)

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Agate mousse, #Lance-pierre

Repost0