Publié le 26 Mai 2026

Les hypolaïs du retour

…….Fragments de la pampa freneusienne…….

 

 

Muse, il faut te secouer !

Assez dormi dans ton escalator de bûches

La tête sous l’aile, incognito

L’oiseau demande son troubadour et

La saison est avancée.

Avancée sur un plateau d’été, oui

Avec la canicule et tutti quanti

Qui donne à la muse, l’envie

De

Rêvasser

Sous les bûches

En compagnie des chenilles processionnaires.

C’est la grande dépression.

Pourtant, ce n’est pas un changement de saison

Ou peut-être bien, l’est-ce ?

Changement trop brusque

Comme un qui a décidé de bouleverser le calendrier

De mettre le cul par-dessus la tête

De tout chambouler.

Pourtant, les hypolaïs ne s’y sont pas trompés

Ils se poursuivent dans la pampa

Ils se coursent tels des chevaux appaloosa en rut

Dans la Grande prairie.

Ici, c’est un peu plus sec, un peu plus épineux

Mais, c’est bien pour les oiseaux

Le territoire qu’il leur faut

Que rien ne change !

Oups ! j’ai fait une boulette

Tout est au changement, au bouleversement :

Du progrès ?

Que nenni.

Du recul ?

Que nenni.

Une sorte de stagnation dans le pire

Comme un rétropédalage qui a misé un peu trop sur la semoule verte,

L’inopportune.

Les oiseaux nous ramènent peu à peu aux fondamentaux

Si le moral est bas, ils le relèvent par leurs chants.

Les voir évoluer,

Etoiles précieuses d’un firmament familier

C’est une chance inespérée.

La fatigue doit se terrer derrière le tas de bûches

La fatigue ne peut être une habitude,

Si ?

Alors, il faut la dépasser.

C’est le regard posé sur le monde qu’il faut travailler

Le regard ? Qu’il se détourne de la santé, de la fatigue

Qu’il se reconcentre sur l’essentiel, c’est-à-dire la nature

Le chant des oiseaux

L’herbe qui pousse éternellement verte

Avec de petites pâquerettes

Qui s’égaient au milieu dansant la capucine

Une qui cultive l’orangé au milieu d’un champ de pucerons.

L’hypolaïs est là et est multiple

Ventre jaune paille au milieu de quasi-genêts

Qui ne concurrencent pas du tout la jaune Ardèche aux généreux genêts

A la senteur de balai, puissante et entêtante

Sans la poussière (c’est un jeu de mot avec genêt à balais).

Je m’égare.

Ma muse a écrit appaloosa, la voilà partie au galop.

Comme vous le savez, les sprints sont courts

La durée provisoire

Rien n’est écrit dans le temps

Juste prendre le fil par la patte quand il se présente

Le tirer délicatement et se dire :

Comme ça fait du bien quand la muse éclate de rire sur une feuille blanche

Quand elle postillonne et s’époumone

Alors qu’elle n’était pas si quiète sous son tas de bûches.

Elle enrichissait son vocabulaire

Fertilisait sa pensée

Affinait son propos tel un fromage vieillissant sur son étagère,

Dans la borie des abeilles

Elle peaufinait sa texture, son verbiage et son entredeux

Puisant des éléments de langage poétique à Pouchkine, Troyat ou Amado :

Ah ! les belles lectures précieuses

Les évasions célestes

Les aventures à travers steppes, pampas et sertão

Que ne puissiez-vous laisser à ma muse un petit quelque chose

Certes pas un roman

Quelques mots, figures de style, idée

Pour qu’elle continue de galoper

Puissiez-vous encore servir au-delà du rêve

Que les oiseaux soient fêtés et chantés comme il se doit

Que les oiseaux soient les rois comme ils se doit

Qu’ils continuent de voler dans la canopée de ma poésie

Qu’ils brillent, chantent et s’égosillent

Car, il n’y a que ça de vrai dans la vie :

Le chant des oiseaux.

 

Carole Radureau (26/05/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni (Freneuse, mai 2026)

 

 

Les hypolaïs du retour

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Publié le 1 Mai 2026

Au loin

…….Fragments de Baie de Somme…..

…………Chant d’amour au cycle de la vie……

 

 

Au loin

Un pèlerin

Enfant de la forêt

Fils de la profondeur des siècles

Petit affût

L’onde a faim de brume

La faim est une épopée

Elle écrit son blabla

Aussi bien sur l’onde

Que dans le ciel

La faim est une habitude

Au loin

Un pèlerin

C’est au moins notre 1er

Roi des airs

De la rapidité

De la précision de tir

Il a mis de côté sa couronne

Roi humble

Sans quiproquo

Juste fidèle à lui-même

De son phare

Dans la canopée

Il observe

La gent à plumes affairée

C’est le déjeuner de soleil sur l’eau

Les queues en l’air

Le self se trouve dans le labyrinthe de la faim

Le rapace, lui

Connaisseur des opportunités

N’a qu’un mot, ce matin à son répertoire :

Patience.

 

Ce qui permet de le voir un peu mieux

Patience

La photo est plus nette

Malgré la distance

On en reconnaît peu à peu les contours

Au loin

Un pèlerin

Le monde ne sera plus jamais le même

A présent.

 

Aperçu, vu, reconnu.

Au loin.

 

Carole Radureau (01/05/2026)

 

Inspirée par cette photo de Gianni d’un faucon pèlerin (Parc du Marquenterre, avril 2026)

Au loin

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