Le caillou veut être lumière. Il fait luire en l'obscurité des fils de phosphore et de lune. Que veut-il ? se dit la lumière, car dans ses limites d'opale elle se retrouve elle-même et repart. Federico Garcia Lorca
Au bain-Georges
L’eau est bien froide
Accueillante, réconfortante
Oh : coquinou
Sa petite tête effrontée dépasse
On ne peut pas la manquer !
Voilà ! mission accomplie !
Je suis tout propret
Mon plumage est aqua proof
Les gouttelettes glissent
Toutes timides sur ma cape couleur kaki
Et j’ai la goutte au menton.
Tout est bien conçu dans cette salle de bains
Il y a même le perchoir !
Ah ! quel délicieux petit jardin, jugez donc :
Je viens de déjeuner directement dans la gamelle du chat
De délicieuses croquettes qui me remplissent rapidement le bidon
Maintenant je viens me désaltérer
Puis me baigner
Ensuite j’ai un perchoir pour sécher :
La belle vie de Georges dans le jardin de Rosacorleone.
J’en tire ma révérence !
Et pour tout récompense :
J’y retourne
J’ai oublié de laver sous les bras !
Carole Radureau (02/1/01/2024)
Inspirée par ces photos de Gianni
A propos de « parle-moi de Quetzalcoatl….
Chaque jour il y aura un thème différent que je choisirais selon mon humeur pour alimenter un calendrier poétique 2024 sans stresser.
Le thème sera présenté par une catégorie symbolique souvent une muse ou un dieu ou déesse.
Aujourd’hui, Georges entre tout naturellement dans le thème Ornithologie. La muse choisie est Quetzalcoatl, le fameux serpent à plumes des peuples autochtones du Mexique que l’on retrouve sous différents noms.
cormoran impérial Par Francesco Veronesi from Italy — Imperial Shag - Tierra del Fuego - Argentina, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=39966079
……le cercle chromatique des oiseaux. 31 poèmes pour finir l’année….
…….oiseaux en Grande Tenue…..
La neige était essentielle.
Elle habillait les montagnes là-bas
Déchiquetées ou
Aux arrondis parfaits
Aux cimes élancées
Là, était le paysage
Comme dans son contexte quasi éternel
Cet héritage de millions d’années.
L’oiseau lui s’inscrivait dans ce décor
C’était son habitat, sa demeure
Son petit chez-lui,
Sa force à lui
Sur toute une ligne il étendait sa lignée :
Comme elle était longue !
Les poissons tremblaient voyant cela
Tant de cormorans
En Grande Tenue
Pour les défier les faire trembler les inquiéter
Alors que la neige au loin semblait s’effilocher
S’étirer comme un fil sur la quenouille.
Le paysage changeait.
La lignée de cormorans était toujours là
Le décor était presque le même
Mais comme à la saison chaude
Quand la neige était partie en vacances dans l’au-delà.
Que se passait-il ?
Etait-ce une passade
Un mauvais moment à passer,
Reverrions-nous les sommets enneigés ?
Pourrions-nous encore tourner nos yeux vers nos déités
(les montagnes) en leur demandant de réaliser nos vœux
Le vocable fondamental qui correspond à l'imagination, ce n'est pas image, c'est imaginaire. La valeur d'une image se mesure à l'étendue de son auréole imaginaire. Grâce à l'imaginaire, l'imagination est essentiellement ouverte, évasive. Ele est dans le psychisme humain l'expérience même de l'ouverture, l'expérience même de la nouveauté.
Gaston Bachelard
L'Air et les Songes : Essai sur l'imagination du mouvement, éd. José Corti
......le cercle chromatique des oiseaux. 31 poèmes pour finir l'année....
L'oiseau imaginaire a fui dans le réel l'espace
d'un temps
et je l'ai vu
une couronne sur la tête
un éventail pour queue
il avait adopté des attributs de royauté
comme un petit roi voulant sur le trône
monter.
Mais il était bien plus que cela
il était fée même s'il n'en avait pas la baguette
il était korrigan même s'il n'avait pas les doigts dans le nez
il était licorne même s'il avait décorné sa corne
il était magicien même s'il n'avait pas la potion
il était troubadour même s'il n'en avait pas les contours
il était barde et son discours futile l'attestait
il était druide et avait pour yeux deux baies de gui
il était aveugle et sourd, il en avait tous les contours
il était poète et fée, sa couleur en attestait
il était prince et princesse, Colibri de la Grande Noblesse
il était gueux et malheureux
comme ceux qu'il voyait malgré lui.
Son sang ne faisait qu'un tour
au-delà de ses désirs de royauté :
pouvait-il exister des royaumes où l'égalité existe ?
se demandait-il en voletant tristement.
La vie ne lui donnait jamais la réponse
aussi la cherchait-il dans le coeur des fleurs
il les sondait leur disant :
"nectar, mon beau nectar, dis-moi si la royauté parfaite existe ?
Si mon désir de trône est trop irréaliste
Si mon utopie est très très vaine
Si je rêve tout éveillé ?"
Le coeur des fleurs répondait en choeur :
NON !
Et l'écho résonnait sur la terre entière en un tremblement furieux
l'on croyait que le volcan Sundhnjukagigar entrait encore en éruption.
Sous cette révélation sinistre
forcément triste, triste, triste
le malheur se répandait telle une lave en furie
léchant tout sur son passage.
Coquette, la jolie, en démordait mordicus
elle devait réduire très vite ses prétentions
derechef elle se fit nomade
désertant forêt, selva, bosquets et magie
pour parcourir le monde avec sa couronne et son éventail.
C'est là que je l'ai rencontrée
devant un buisson de roses parfumées :
Coquette essayait de sonder le coeur d'une de mes roses
qui rigolait, rigolait, rigolait (chatouilleuse qu'elle était !)
Jamais encore on l'avait sondée en dehors de l'INSe....
Elle avait tout dit, tout balancé à Coquette
elle avait cité toutes les religions, toutes les vérités des promesses politiques non tenues,
les divorces, les malversations, les corruptions ....
Cela avait soulagé ma rose
qui, se sentant plus dispose
se mis à faire la coquette
On la nomma Coquette de Lyon (c'est ainsi je n'ai rien inventé)
Elle jaunit son ton, devint la reine des fleurs
Tout ceci par la visite d'un petit colibri
qui avait abandonné la royauté
pour se faire chemineau.
Carole Radureau (29/12/2023)
Coquette de Delattre (lophornis delattrei)
Par Jay Warburton — Imported from 500px (archived version) by the Archive Team. (detail page), CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=71285039
.......le cercle chromatique des oiseaux. 31 poèmes pour finir l'année....
Demi-lune, cap d'été indien
sur la cordillère Mère Lune te dis: Viens
dans mon parapet aux rêves bleus.
Tu as bien travaillé
la nature est un heureux imbroglio
qu'aiment explorer les oiseaux
la vie prend toute sa place
en catimini.
Perché sur ses petites pattes
fines baguettes d'opale
sautillant comme un Georges
petit tout rond au coquet plastron
jaune est le rappel autour du cou
d'une Dame Soleil précédente
qui avait connu son heure de gloire.
La mignonitude est à l'œuvre partout, ici,
sur le territoire conquis, inconquis
ils n'en connaissent pas encore
la quantité de merveilles
que déjà l'on parle de la fin.
Demi-Lune a embrassé sa mère
elle a caressé un rocher au doux tranchant
au grain ardent
puis dans le fourré elle s'est activée
actrice d'un monde qui ne demande pas son reste.
carole Radureau (28/12/2023)
grallaire demi-lune (grallaricula lineifrons)
Par Charles J. Sharp — Travail personnel, from Sharp Photography, sharpphotography.co.uk, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=136564070
des navires l'avaient visé de leurs canons sophistiqués;
les requins n'attendaient qu'une chose :
le dévorer :
il avait le feu au croupion.
Rouge et noir n'en pouvait plus
où qu'il aille
il était un inconnu
un étranger
un parasite
à qui
l'on attribuait tous les mots
le plus gros était celui de terroriste
car les couleurs rouge et noir sont synonymes de tant de mots !
Rouge et noir avait le feu au derrière
c'était un feu nourri
entretenu
un feu qui partait de la peur et de sa fille la haine
une idée farfelue
entretenue par la paranoïa
avec un air souvent religieux
cet air qui emplissait les édifices de nombreux échos.
C'était le monde nouveau
ici ou là sur la planète :
nul repos pour l'exilé !
Nul territoire où se poser
nulle perspective d'avenir.
Rouge et noir ne demandait
qu'un arbre où se cacher
un peu de nourriture et d'eau pour se sustenter
de quoi faire vivre une famille
puis aussi un air pas trop pollué.
C'était trop demander
La bourgeoisie de ce monde dit civilisé
tremblait dans ses palais dorés
elle n'avait pas fait tout ça
pollué une planète entière pour son confort
pour le perdre en ce moment de chaos
à cause des gueux de la terre entière !
Il leur fallait serrer des fesses
pour que n'entre aucun air impur
dans leur petite constitution parfaite
dans leur grande majesté.
Ils étaient les élus
les autres
chair à canon
chair à patron
chair à charogne tout simplement
et les guerres s'y employaient.
Rouge et noir les avaient survolées, les guerres
tremblant pour les enfants
tremblant pour les innocents
face à tant de cruauté
face à tant d'inertie en face
chacun y avait
songeait-il
des intérêts
sinon,
tout ceci serait déjà terminé.
Rouge et noir portait l'histoire
et
portait
l'avenir
il était un il était seul il était pourtant
nuée
nuée de rouge et noir
nuée de tremblements
nuée de papillons d'argent et d'or
aux vols lourds de misères
nuée de déplacements forcés
de contraintes et non de tourismes
nuées de Tout laisser tomber
pour reconstruire ailleurs
sur des braises ardentes.
Car l'avenir c'était :
ici ou là
tu trouveras
ruines et désolation
seul le refrain différera
inondations
volcans
sècheresses
guerres
pandémies
montée des eaux
pollutions
eaux impures
air impur
pogroms et haines
la lie de l'humanité en grande tenue
avec son fascisme à la clé
sa grande messe de l'exclusion.
Rouge et noir
jamais ne se résignait
à croire qu'il fallait baisser les ailes
ralentir son tire d'aile
baisser la tête
lui, il la relevait fièrement
il avait décidé de sortir son grand jeu
d'habiller aussi son regard de feu
d'affûter son bec
d'un tranchant d'épée
d'affuter ses ongles d'une fourche d'enfer
il avait décidé de se porter Nuée
de se porter non pas nuances
mais Révolution Rouge et Noire
pour, comme dans l'histoire
être la minorité qui vainc
la minorité qui n'a peur de rien
croiser le fer et croiser les données
pour reverdir la terre
lui donner pour quelques années encore
une oasis à reverdir
une terre d'asile pour les exilés
une terre de tolérance
où la vie est respectée comme il se doit.
Carole Radureau (25/12/2023)
foudi rouge (foudia madagascarensis)
Par spacebirdy(also known as geimfyglið (:> )=| made with Sternenlaus-spirit) — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20173878
Par Bernard Quaritch (Firm); George Philip & Son; Keulemans, J. G.; Mivart, St. George Jackson — https://www.flickr.com/photos/biodivlibrary/8006795212, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=43037639
.......le cercle chromatique des oiseaux. 31 poèmes pour finir l'année....
L'oiseau du père noël
en rien ne conjugue la vague de froid
au moment présent
il a un petit air exotique
un air à ne rien repousser.
L'oiseau du père noël
ne connaît pas le sapin de Nordmann
il n'a jamais vu de rennes :
lui, son arbre
c'est le palmier.
c'est qu'il n'a jamais connu la neige de sa vie
il n'aimerait pas ça, non mais !
et si vous décidiez d'en faire
un oiseau domestique
évitez de le mettre dehors quand il neige.
L'oiseau du père noël
jamais n'ira sur son épaule
pendant la distribution
de présents
quand le traîneau file à toute allure
sur ses patins d'argent.
Il n'a rien de noël me dites-vous ?
Certes, il en est bien éloigné
"que le pasa por la cabeza ?"
(que lui passe-t-il par la tête)
me dites-vous,
son poème est déjanté.
Pas du tout.
Tout a
toujours
un sens.
L'oiseau du père noël
est rouge
et vert
(puis un petit peu violet pas ça on l'oubliera).
rouge et vert
comme l'esprit de noël
et non pas rouge et noir
(on aimerait bien, n'est-ce pas ?)
Il a la couleur de noël
un sapin vert, des pantoufles
de vert,
un habit rouge
avec un gros bonhomme à l'intérieur,
un vert de lait pour le renne
une pomme rouge pour le papé,
une betterave habillée en carotte
pour le renne.
C'est la magie de noël
une magie qu'il nous faut conter
(et non pas compter car cela, beaucoup le font à notre place)
la magie de la poésie
le rêve qui s'étale sous une pluie de guirlandes
de boules et l'étoile dorée
le rêve qui s'étale sur le tapis d'aiguilles
comme dans un bois
avec l'odeur et tout et
tout....
Ca sent le sapin (sauf pour ceux qui ont opté pour un sapin au pétrole)
ça sent le sapin mais dans le bon sens
ne voyez pas le mal
ils nous en vendent à longueur d'année !
L'oiseau du père noël
vous envoie, du haut de son palmier
ses vœux, bien calés
dans son gros bec
avec une pincée de cacahuètes,
un bisous non baveux
et un sourire mielleux.
Que noël vous soit doux.
Que les enfants aient des étoiles dans les yeux.
Que l'amour fuse.
Que personne ne se sente seul
nous sommes ici pour combler le vide l'oiseau et moi.