oiseaux muses

Publié le 11 Décembre 2021

Emerveillée par l’histoire et les photos de Katia*, chez qui je suis arrivée en suivant le regard d’Alma, je me dis que ces oiseaux, cette année, ils nous en ont fait vivre, encore une fois, des histoires !

Et derechef je confie en commentaire que pour l’an prochain, je vais m’en commander un de coucou gris.

Parce que c’est ainsi.

Chaque année je me commande deux oiseaux nouveaux à observer dans mon jardin.

On a déjà la presque totalité du panel de faisabilité dans notre territoire mais nous ne sommes jamais à l’abri d’une surprise.

Cette année, j’ai fait chou blanc : ni sittelle torchepot, ni linotte mélodieuse.

Par contre mon fils a vu une sittelle dans le petit bois de notre promenade campagnarde. Il a également ramassé dans le même espace deux plumes de pic épeiche.

Qu’à cela ne tienne j’ai pu voir d’autres oiseaux nouveaux dont, hélas, je n’ai pas eu le temps de figer la trace avec mon appareil photo.

En dehors de l’épervier.

Ça, elle, je ne l’ai pas ratée.

Et elle est revenue, mais par contre c’est elle qui a raté son coup, grâce à la barrière des roses anciennes. Ca fonctionne bien cette astuce de protéger les mangeoires dans les rosiers grimpants.

Sinon, j’ai pu observer deux oiseaux nouveaux : un pic vert, très fugitivement, il s’était perdu certainement et une fauvette des jardins qui est venue deux jours de suite.

Il me reste à trouver mon second oiseau-vœu pour 2022, je vais être moins ambitieuse que cette année, je vais dire : mésange nonnette.

Voilà, coucou gris et mésange nonnette.

Préparez-vous, compagnons, la soupe est bonne à la maison, passez-vous le mot.

Et si vous venez, restez assez longtemps que j’ai le temps de vous flasher parce que pour partager avec les @migo@s c’est mieux !!

caro

* Une fois arrivés chez Katia : pour connaître la suite tu vas tout en bas des commentaires et clic sur "second temps"

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 12 Novembre 2021

 

Je t’ai entendue cet été !

Pourquoi ne t’es-tu pas fait voir ?

 

Tiwitiwiti

J’étais là, oui, j’étais là

Pardi

J’ai caché mon nid dans ton jardin

Tu m’as prise pour Carbonero.

 

Tiwitiwiti

Prends la mousse et le lichen

Trouve un trou dans un tronc

Y dépose une dizaine d’œufs

Eh ! oui : faut c’qui faut !

 

Tiwitiwiti

Ma chanson jolie

Par-delà les chaînes de montagne

Je vole je picore je chipe des insectes

Je pars me mettre au chaud

Tiwitiwiti

 

L’an prochain, veille

Observe-moi mais ne me surveille

Déjà tu m’as vue une fois, déjà !

Tiwitiwiti

Tu as su que c’était moi.

 

Je suis la fille de la forêt et de l’ombre

Je suis celle que l’on n’attend pas

On me prend toujours pour une autre : facile

On ne compte jamais sur moi.

 

Tiwitiwiti

Ou quel son que vous entendez

Ou quelle chanson de moi vous aimez

Je signe ici Tiwitiwiti : c’est ainsi

J’ai le dernier mot.

 

Carole Radureau (12/11/2021)

 

Mésange noire (periparus ater)

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 10 Novembre 2021

 

A l’assaut du tronc.

A l’assaut de l’écorce.

Hé oui, pas encore venu le temps des barricades

Le temps qu’on ne fait plus où

Chantait le cousin merle moqueur

Où le temps des cerises primait

Sur le temps de la glaise !

 

A l’assaut !

Et puis, quoi encore !

Certes, j’ai la figure bien faite

Le rouge adhère à mon calot

Et, certes, je ne me laisse pas faire

J’ai le bec en forme et le cou d’un taureau.

 

Je sautille comme un zébulon

Sur cette écorce qui n’a rien de terrestre

Et je vole en huit

Fermant mes ailes comme fermant les paupières

Sur l’avenir du monde.

 

Je suis le roi de Caro

Et oui, on ne se refait pas

J’ai la plume libertaire

La larme à l’œil dont se servent les muses

J’ai, mais c’est un secret

Le réservoir à mots empli à ras bord

Nul ne le fait déborder

On y puise à satiété

Il se renouvelle sans cesse

J’ai la plume libertaire

Le sang chaud de la terre-mère

La liberté de l’oiseau qui tient chaud l’hiver

Et la liberté du pic qui libère

La source de protéines.

 

Carole Radureau (10/11/2021)

 

Pic noir

Dryocopus martius

 

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 9 Novembre 2021

 

Aussi beau que le chat botté

Sans ses bottes

Et qu’un mousquetaire

Avec sa petite moustache

 

Prince des roselières

Roi des herbes folles

Je te vois mon sœur s’affole

Je n’ai rien vu d’aussi beau

 

Tous les oiseaux sont beaux

C’est vrai. C’est très vrai

Mais pourquoi tant de beauté ?

La terre-mère est généreuse en ses dons.

 

Mais il y a des beautés qui touchent plus

C’est ainsi, question de goût

J’aime ce petit côté pirate

Ou gentleman cambrioleur.

 

Aussi beau que la voie lactée

Sans les barres à mine

Aussi tendre que la vérité

Quand elle se dissémine.

 

Je demande le sieur panure

Et non, ce n’est pas pour le poisson

C’est pour le rouler entre mes ventricules

Comme un cadeau sans poison.

 

Aimez-vous mon sieur panure

Et sa dame panurette ?

Elle, elle n’a pas l’attribut

Qui donne le droit à l’épée.

 

Pourtant elle combat

C’est une guerrière

La pire ennemie des pucerons

Et quand elle porte la culotte

Son tendre avec toutes les moustaches du monde

Il a l’air tout penaud.

 

Ce n’est pas un viking : on dirait, on dirait !

Il a le cœur sur la main

A ce qu’il paraît

C’est un membre joyeux des mésanges

Qui s’est déclaré différent

En portant sous son bec la moustache

Imitant son idole Brassens

Imitant son idole Ferrat.

 

Ah ! comme résonne la chanson non crétinisante

Dans la roselière !

C’est monsieur panure qui roule des vocalises

Madame en est fière

Elle a de suite réservé son nid

Sûr ! Elle y mettra vite fait

Sa petite progéniture.

 

Tout ceci se passe loin de nous

Dans cet espace aussi sacré qu’à préserver

Les zones humides se meurent

J’en ai la glotte desséchée.

 

Nul doute qu’avec la compagnie

L’eau va glouglouter à l’envie

Et la famille panure

Bien à l’aise dans ses murs

Remplira de bon cœur

D’œufs de panure et de fleurs

Les petits nids joyeux de demain.

 

Carole Radureau (09/11/2021)

 

Panure à moustaches

Panurus biarmicus

 

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 1 Novembre 2021

 

Viens sur mon rocher, tu sais

Ce semblant de navire, au large

Qui se voudrait à la dérive, et pourtant

Garde son œil, sur la terre ferme

Non loin

 

Viens, ici tu pourras nicher

Les rochers sont super accueillants, nous

Ne sommes pas serrés comme des sardines

Dans une boîte en métal, nous avons

La tête au vent, le cœur dans les étoiles, et

Dans nos nids, 4

Œufs blancs (en moyenne)

 

Papa cormoran va à la pêche, et dans ma glotte

Tombent les poissons d’argent

Nous chantons la chorale de la pierre, le chant matinal

Des cormorans qui vivent pleinement, leur moment

Bien inspirés par la minéralité

 

Viens sur mon rocher, mon navire à vau-l’eau

Ici naîtront nos petits cormorans

Avec leurs petits cris ils nous diront : coucou

Et cela en sera fini du calme avant la tempête gastrique :

Profitons, parents-cormorans de ce calme plat

De cette oisiveté, bien ancrés sur nos nids

La pierre fournit la paix, le calme et le frimas

Il nous reste à en faire

Une complainte pour la vie.

 

Carole Radureau (01/11/2021)

 

Phalacrocorax capillatus, cormoran de Temminck, îles Kouriles

 

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 23 Octobre 2021

Par JJ Harrison (https://www.jjharrison.com.au/) — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26043572

Par JJ Harrison (https://www.jjharrison.com.au/) — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26043572

J’ai oublié la suie dit-il

Sinon le suint du propos

Pour à la soie rouge

Me consacrer

Je n’ai pas le monopole des sens

 

J’ai oublié que le noir est seyant

Que le kaki est confondant

Et que le gris s’anthracite

Pour préférer la palette du peintre

Une à une mes plumes dans la palette

Sont tombées comme des à propos

 

Si la parure est seyante

Si les couleurs vous semblent lumineuses

Si j’ai l’air d’un arc-en-ciel volant

Ma dame à moi est comme il se doit

Plus classique

Il n’empêche

Lorsque ma dulcinée pose son plumetis de camouflage

Dans un arbuste aux parures d’ors et de nacres

Elle aussi resplendit

Et elle me plaît à moi

Fils de palette

 

J’ai oublié la suie

Pour à la suite

Me consacrer

Je n’ai pas le monopole des ans

 

En fils de troubadour

Mes jours

Je veux terminer

Pour la nature, haut et fort

Chanter comme chante

Ma glotte dans les moments chauds

De mon existence.

 

Carole Radureau (23/10/2021)

 

Souimanga de Gould (aethopyga gouldiae)

 

Madame Par Jason Thompson — Flickr: Mrs Gould's Sunbird (Female), CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=30815863

Madame Par Jason Thompson — Flickr: Mrs Gould's Sunbird (Female), CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=30815863

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 21 Octobre 2021

 

Moitié cigogne à l’œil errant

Quand le rimmel sur la face

Tire le trait aux larmes

Moitié poisson-volant

Un gouvernail bat l’entrain de l’air

Quand les ailes sont deux chapes de plumes

 

Bécassine ton chant m’enferme

En un calcul bien campé

Sur l’horizon des additions

 

Mon ego est trompé et se trompe

D’air subliminal quand il est sensé

Envoyer la musique du soir

(mon ego aime les disques rayés, les

Juke box non rechargés et les airs démodés)

 

Bécassine qui chante et qui rime

Deux brins de sainfoin entre la glotte et la commissure

Du bec

Ce long bec dans le prolongement des larmes

Comme pour tirer un trait sous l’addition.

 

Carole Radureau (21/10/2021)

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 16 Octobre 2021

 

Quid de l’indifférence quand elle s’invite dans ton milieu

Au lieu de se dire merci

Tourner la tête tourner le dos

Il y a des enseignements dans la nature profonde

De petits rituels sans doute

Ou des rites carrément

 

Pourtant le nid se construit à deux

Et ce partage basé sur la complicité

Peut parfois au drame tourner

Tourner également tourner le vent

La vie est ainsi faite que la girouette

Peu à peu se laisse, elle, amadouer

 

Il y a un discours prégnant

Qui n’atteint pas le lit de la rivière

Ni ses appartements tout de boue

Construits

Pourtant le vent mauvais parfois

Fait tourner des têtes

Et le lien construit se détricote au détriment des œufs

 

Il n’y a pas de rêve

Il n’y a pas de règle

Il y a juste une évidence à construire

Il y a une pérennité à construire

Une couvée à faire fleurir

Et pour se faire il en faut deux

Et des milliers de proies pour remplir les gosiers.

 

Carole Radureau (16/10/2021)

 

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 10 Octobre 2021

 

Muse : ravis-toi !

Le pèlerin

Depuis l’Ardèche

Le geai

T’envoie.

 

Je suis ravie dit-elle moi qui, la nuit

En vain

Cherche

Le compromis du petit matin.

 

Le geai vient à point

Avec sa mine fraîche son air

Joyeux et affairée sa touche sérieuse

A s’y méprendre :

 

C’est que le geai a l’œil

Taquin

Je ne sais pourquoi il me semble

Chaque fois qu’il nous fait de l’œil.

 

Il fait de l’œil à la muse

C’est certain

Elle a même dit une fois : « le geai c’est mon animal-totem ».

 

Et lui était content apprenant cela

(parce que les oiseaux savent tout de ce que l’on dit d’eux)

Il était content et son œil a brillé

Comme lorsqu’il reluque des glands oubliés par compère l’écureuil.

 

Ah ! Le beau geai

La beauté simple et véritable du corvidé

Lui, qui dans cette famille malmenée n’a sans doute pas été oublié

Dans le traquage éhonté de l’oiseau

Coupable de quoi ?

Méfaits ?

Méfaits toi-même, homme qui empiéta un jour sur des terres

Peuplées de cette faune adaptée et sans problème

Cette petite faune si belle qu’on la chérit

D’autant plus qu’on a bien conscience de l’avoir détruite.

 

Mon beau geai ardéchois

Toi qui de surcroit par le biais du pèlerin

Vola

Jusqu’à moi

Je te chante et te fête, sois fier de ta lignée !!

 

Ici l’oiseau est un roi non détrôné

C’est lui qui commande nos destinées

Nous n’attendons qu’un signe de lui

Pour partir en croisade

Pour finir une lecture

Pour entamer le conte et de quelques vers bien ciblés

Le hisser tout un haut de cet arbre généalogique

Duquel

On l’a peu à peu

Décroché.

 

 

Carole Radureau (10/10/2021)

 

Inspirée par cette superbe photo de Serge

 

Le geai et le pèlerin

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 6 Octobre 2021

 

Après le feu tiédi de l’été

La profusion de fleurs

La saga-zinnia emportée par le flot de vers

Voici venu le retour à l’oiseau

L’oiseau endormi par le champ de la vie

Le climat délétère

L’inquiétude et le fruit de l’aurore terni

La mousse qui se veut lichen dans l’âme pleine

Demeurant coite et quiète comme attendant le cri

Le cri subtil et délicat de l’oiseau

 

Vif-argent comme un arlequin noir et blanc

Au damier bien tressé

Bien pressé sur la poitrine et les ailes

Et la huppe dressée en attente de bruit

 

Le poisson qui s’enfuit

Qui ne demande pas son reste

La nature qui semble avoir conservé l’hymen au frai

Au frais du gué verdi par des promesses tenues

Des élucubrations de saumons aux frayères fières

L’oiseau a fait son nid au-dessus du dîner

Nulle nappe sur sa table juste un coup de cou bien tranché

Pour enlever à l’invité le goût de vivre

Tout simplement le gober comme l’on gobe l’œuf sorti du cul de la poule

 

La beauté s’ébat au milieu de la nature tranchant d’un air sec

La vivacité de l’aurore

Pas trop vite pas vite temps laisse s’égrener tes secondes par secondes

Cadencées comme une nécessité de profiter de chaque instant

Je ne veux plus voir fuir ton calendrier de préciosité infinie

Je ne souhaite comme l’oiseau vif-argent

Générer de la vie dans le semblant de mon tire d’aile

Faire ce que bon me semble et surtout

Goûter

Goûter

Chaque instant

Comme s’il était le dernier.

 

Carole Radureau (06/10/2021)

 

Toujours à Kunashir dans les îles Kouriles avec le martin-chasseur tacheté

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Rédigé par caro et hobo

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