Publié le 11 Mars 2026
La plus petite évocation est d’un rose tendre
Et d’un noir velouté infusé de bordeaux
La plus petite pensée est sincère
Aérienne et joyeuse
Timide et prude
Légère et sensitive
Elle se laisse chahuter par la brise légère et chaude déjà
Pour ne pas perdre, déjà
Un à un ses rares pétales
Mais très vite, le rouge sombre des feuilles arrive
Empiète sur l’heure de la fleur
La dépasse allègrement et la supplante.
Avec tristesse
J’assiste à cette colonisation de la feuille sur la fleur
Je constate que la malheureuse ne peut résister
Qu’elle a décidé de lâcher prise sur ce rouge fonçant
Comme un taureau dans l’arène
Ceci, c’est la lutte du temps pour avancer la saison
Vous aurez tout, plus tôt a dit la Terre-Mère
Car vous ne voulez rien entendre ici bas
Préférant laisser faire et se propager la guerre
En lieu et place de la beauté.
Fleurs de prunus
Petites tâches pointillistes bruinant sur le feuillage conquérant
Vous êtes nos étincelles de pureté
Nos éclats de printemps précoce
Parsemés sur la nécessité d’un été
Risquant d’être très long
Le printemps ayant disparu
Peut-être qu’un jour, ici même
Il n’y aura plus que deux saisons, une sèche et une pluvieuse ,
Seule la Terre-Mère le sait
Non pas les destructeurs qui pensent avoir le leadership sur elle
Ils ne l’ont que sur les hommes et les autres espèces de cette planète
Qu’ils peuvent détruire à merci
La Terre-Mère, elle, n’a pas dit son dernier mot
Et les fleurettes qui persistent et signent
Levant le poing dans la véritable noirceur du feuillage
Dans cette autre beauté donnée par l’arbre
Sont autant de petites vérités, de petits soutiens à la vie.
Carole Radureau (10/03/2026)
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