agate mousse

Publié le 1 Janvier 2023

 

Tu es mon sel

Tu es mon sucre

L’eau claire de mon enfance

Comme autant de pages d’innocence

Qui érigèrent la tour fragile de ma vie.

 

Tu es mon regard émerveillé

La joie de vivre, l’odeur des foins

Tu es cette page qui se tourne, très

Lentement

Sur laquelle sont écrits des mots

Lus, très

Lentement : pourquoi ?

On s’en souvient.

 

Tu es ma construction

Ma fragile et frêle embarcation

Qui navigua souvent à vue ;

Jamais ne coula.

 

Tu es de petits moments simples

Si chers, bien plus que de l’or

Qui mettent une plume d’amour

Sur le cœur : pourquoi ?

On s’en souvient.

 

Tu es la mémoire sauvegardée

Peut-être pas toujours la mienne

Peut-être comme on me l’a rapportée

Pourtant j’y tiens et m’en souvient.

 

Tu es le sel des plantes, leur odeur

Puissante, le sucre de la vie

Quand les herbes sont

Couchées,

Broyées

Au fond du saladier.

 

Tu es l’arôme entêtant des fleurs

Symboles de tel moment clé

Telle fête, tel évènement

Qui jamais plus ne tinteront

Autrement

Dans le lit défait de ta mémoire.

 

Tu es la force.

L’unique et puissante force.

Une qui a permis d’être

L’être

Que tu es.

Un être forgé par de petites touches

D’amour, de tendresse, parfois de douleurs

Cet être qui a su puiser dans son puits à lui

Sa propre force, sa puissance

Venue de l’enfance

Son fil, avec toutes ses pinces à linge

Pinçant bien fort les moments-clés.

 

On ne peut plus les perdre

Tout comme on perd rarement, même dans mon cas précis

Le sel de la vie,

Le sucre de la vie

Que l’on saupoudre, jour après jour

Dans les plats parfois amers de nos moments présents

Comme autant de pincées d’enfance

Prises parfois à la pince à sucre

Avec délicatesse

Posées déposées ainsi sur nos âmes

Fleurs de sel fleurs de sucre

Avec tout ce qu’il y a de nos êtres chers

Habillés en étoiles

Avec tout ce qu’il y a de nos « reçus »

De ce que, de bon cœur, sans contrepartie

Sans compromis,

Nous en avons fait.

 

Carole Radureau (01/01/2023)

 

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 14 Décembre 2022

 

Lumière

Scintillant

Dans les yeux de Millah et Kessy

Lumières scintillants

Face au noël qui illumine la grisaille

Qui allume ses paillettes dans ces temps

De disette.

 

Emerveillement.

 

Le sourire des enfants est un reflet de la vie

Comme ils la voient,

Alors,

Sans frein ni barrière.

 

Lumière

Scintillant

Dans les yeux d’une grand-mère

Au

Cœur

D’

Enfant.

Elle n’a pas changé tout au long de sa vie

S’émerveillant

Elle n’a pas changé

Seulement

Les sujets

Sont devenus plus rares.

 

Emerveillement

Quand tu me surprends

Je ne t’attendais plus

Soudain me croyant blasée

Au détour d’une image, d’une vidéo

Une petite chèvre

Dansant

Pose sa douce lumière sur mon cœur

Je crois encore au bonheur

Car il est partout

Seulement,

Parfois,

On oublie cela.

 

Emerveillement

Comme Millah et Kessy

Garder frais son regard

Ne jamais permettre

Qu’ils altèrent notre regard

Car dans les jours sombres

Dans les jours de souffrance

L’émerveillement

C’est aussi la survie.

 

Carole Radureau (14/12/2022)

 

Inspirée par l’ortéké, art traditionnel kazakh classé au patrimoine culturel immatériel en 2022

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 11 Décembre 2022

 

 

Le cœur a ses raisons.

L’histoire a ses raisons.

Les deux se rejoignent en un point :

C’est là où tu te trouves à un moment de ta vie.

Il n’y a pas d’idées toutes faites

Des pour et des contres

Cela serait trop facile et pourtant on en est là.

Il n’y a que des jugements à l’emporte-pièce.

Être ou ne pas être communiste, là,

Est la question.

Être communiste c’est plus facilement un état d’esprit

Qu’un

Etat.

Être communiste, ça

Ne s’apprend pas.

Ça se vit.

Par exemple, c’est un devoir de mémoire :

Les œufs tombent rarement loin du panier

Même s’ils sautent une génération.

Par exemple être communiste cela,

Voyons voir, cela,

Pourrait être pour mille bonnes raisons.

Voyons voir,

Comme se sentir proche, affectivement proche

De milliers de militants de base, lambdas

Colleurs d’affiches, distributeurs de tracts,

Manifestants,

CDH (Centres de Diffusion de l’Humanité),

Une telle personne, une telle autre,

Au défilé des rencontres

Le cœur est touché par le bon cœur,

L’humilité, la sagesse, l’humanité et les valeurs.

Comme je les ai connues avec les miens.

Les retrouvant, tout plein tout plein :

Non, ils n’étaient pas seuls les miens et sortant dans les rues

J’ai pu le constater !

Être communiste, voyons voir,

C’est loin de l’appareil, trop loin

Car le militant de base est sincère

Il se fait pourtant tromper, qu’à cela ne tienne,

Pourquoi continue-t-il disent-ils autour de lui ?

Parce qu’il a des raisons et que ces raisons ne se trouvent pas

Dans une vigne où l’on cueille volontiers des grappes de vérité.

Par exemple, être communiste

Ce peut être tout simplement parce que l’on aime 2 ou 3 mots

Qu’on veut les mettre dans la petite valise de sa vie

Qu’elle nous accompagne sur tous les chemins

Que l’on n’abandonnera jamais car ce sont des mots choisis :

Fraternité, humanité, égalité par exemple.

« Toi, c’est différent, tu as des idéaux » me disent-ils.

Je m’interroge.

Je pensais que chaque être avait des idéaux.

Ce serait donc si rare ?

Moi, je ne vois pas plus loin que le bout de mon nez.

J’ai dans ma petite valise,

Des mots-clés,

Des bonnes âmes qui me guident,

Un semblant d’idéal jamais encore réalisé

Car je sais,

Maintenant,

Qu’il n’est sincère que hors des partis

Il est le fruit de la vie et des luttes

Il ne peut être consommé en gouvernant

Car gouverner c’est faire des compromis, parfois pire :

On le voit

Ceux qui ont le cœur sincère ne peuvent s’y faire.

Ne pas être communiste, certes,

Sur une carte d’adhérent,

Mais on le reste

Quand on dénonce les abus commis,

Quand on reste avec ses idéaux perchés bien haut,

Que rien ne les effleure car ils sont forts,

Quand on reste, là, près des gens et de leurs souffrances

L’intérêt des masses

Combattant les injustices.

Certes, mon cœur est aussi anarchiste

Car il n’aime ni les compromis ni les barrières

Il aime surtout et particulièrement la liberté.

Si bien je me contente d’être enfermée, du moins mon corps

Mon esprit aime s’envoler avec ses mots, sa petite valise légère

Sur le dos de l’aigle des prisonniers :

Là, je rejoins mon Leonard, mon Mumia, mon Georges Ibrahim

Je rejoins tous les prisonniers politiques privés de liberté

Qui luttent au-dedans de la prison

Comme au-dedans de leur cœur pour accepter leur sort.

Je les rejoins, non pas par la prison mais par la maladie

Je me sens bien à leurs côtés car leur sagesse m’avait déjà appris

Le sens de la liberté de l’emprisonné

Être communiste c’est garder le sens de ces réalités-là,

De ces combats-là.

Quand on est communiste

C’est

Pour

La

Vie.

 

 

Carole Radureau (11/12/2022)

 

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 1 Novembre 2022

 

Tu passeras, mort

Comme un temps éphémère

Qui trace dans la demeure

De sombres sillons….

……qui pourtant s’atténuent.

 

Mais l’être aimé lui, non.

Qui se vit chaque jour et non pas

Le fait d’un jour, qui a été choisi

Et

C’est bien

Pour l’honorer ;

Non, l’être aimé

T’accompagne.

Ton quotidien ?

Mais c’est déjà le sien.

Ton chemin de vie ?

Mais, c’est déjà le sien.

 

Tu passeras, mort

Comme une mouette furtive

Qui a crié trop fort

Qui nous a fait peur

Et l’on a pleuré.

Longtemps.

Longtemps pleuré, on

Ne sait plus

Jusque, de larmes

Il n’y ait plus.

 

Le chagrin,

Envolé,

Avec la mouette,

Avec le cri de la mouette

Nous a laissé une envie de sourire

Puis de rebondir

Avec l’histoire qui, elle

Ne change pas.

 

Et c’est avec joie que l’on fête

Les morts

Au Mexique,

Avec des brassées de fleurs

Jaunes et orangées

Avec des crânes en sucre, du mole

Poblano,

Des œuvres d’art en offrandes

Tout un rituel qui, dans certaine région

Attend

Le retour des

Papillons

Les Monarque.

 

Ce sont eux qui véhiculent les âmes.

Quoi de plus poétique qu’un papillon

Pour ramener l’âme aimée à la maison ?

 

Je me dis, à même date

La Toussaint avec tout ce qu’elle me rappelle

Mon enfance et mes proches

Les chrysanthèmes et le cimetière

Rien de triste en cela

Ils ont préféré vanter une tradition américaine

Peut-être vient-elle d’une tradition lointaine

Elle est faite de l’orangé des citrouilles

Et des bonbons-dons-caries pour les dents

Certes, avec les enfants,

Nous nous y sommes en vain pliés

Mais la fête, celle du Mexique

Est bien plus belle

Car avec leur pensée non égocentrique

Les indigènes ont érigé un culte profond

Puisé dans la profondeur

Avec l’idée de partage et l’idée d’amour

Avec l’idée de fête, l’idée de danse

La fête païenne, quoi, la fête par excellence

Qui roula, sans en avoir l’air

Sur les pieds de la religion imposée

Pour rejaillir de plus belle

De nos jours.

 

Offrande pour la terre-mère

Offrande pour remercier pour les dons de la terre

Pour la chaleur, certes inhabituelle

Qui économise 2 mois de chauffage

Offrande pour la terre-mère

Pour la remercier de garder aux être aimés

La santé

Pour la remercier pour les fruits et légumes de l’été

Pour être là

Près de nous.

 

Carole Radureau (01/11/2022)

 

Tu passeras, mort, comme un temps éphémère
Tu passeras, mort, comme un temps éphémère

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Agate mousse

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Publié le 24 Octobre 2022

 

 

« Un être humain, c’est une personne qui pense avec son cœur, qui cherche toujours à faire le bien et qui respecte tout, jusqu’au moindre caillou. C’est quelqu’un qui est persuadé que ce minuscule caillou va lui parler et lui enseigner quelque chose. Quelqu’un qui connaît la raison de notre présence sur terre, de la pousse des plantes, de l’existence du ciel et des quatre saisons. Un être humain comprend la nature. Il n’oublie jamais qu’il ne vaut pas mieux qu’un autre et que nous sommes tous égaux quelles que soient notre langue ou notre couleur de peau. C’est ça un être humain. » Bessie, femme Navajo in Au-delà des quatre coins du monde d’Emily Benedek

 

Le petit caillou de l’humanité

De son corps

A fait trébucher

Le monde…..

Il s’est confronté

A

Chaque

Personne

Sur cette terre,

Qui a deux jambes et peut marcher

Sur le chemin

Grandissent et croissent

Les cailloux.

 

Ceci,

C’était un test

Non pas un test pour savoir

Si l’être humain sait tomber,

Non,

Mais un test pour savoir

S’il le reconnaît le caillou,

Comprend tout à coup

Qu’il n’a pas trébuché

Sur cette pierre

En vain.

 

Chacun a un caillou à la taille de son espérance

Ou de son ignorance

Certains ignorants ont des pans de montagne entiers,

Tout droits comme des murs insurmontables

Qui ont poussé dès lors

Qu’ils ont,

Au lieu de trébucher

Ecrasé le caillou tout

En

L’

Insultant.

 

D’autres ont gardé

Avec une grande tendresse

Le petit caillou du croche-pied

Et

L’ont

Aimé

Comme

Il

Se

Doit.

 

Ils l’ont même encore

Dans leur poche

Le tâtent et le soupèsent

Comme un compagnon de route

Qu’ils posent sur la table

De la réunion

Près du crayon.

Il est là

Il irradie

Sa joie d’être

Sa joie tellurique

Son petit corps de pierre

Emettant la chaleur d’une énergie

Que l’on ne peut mesurer

Que ressentent uniquement

Les êtres inspirés

Qui ne se croient pas

Au-dessus de tout.

 

Ils ne gagneront rien,

Non,

Les êtres humains doux

Avec les cailloux

Qui ont compris

La leçon d’humanité

Ils ne seront ni riches sauf en sagesse

Ils ne seront pas célèbres du moins pas dans le grand monde

Ils ne pourront certes pas

Arrêter la décadence du monde avec leurs seules mains

Leurs seuls mots

Leurs grandes pensées pures,

Non,

Personne ne les écoutera

Car, ceux qui n’écoutent pas ont toujours les pouvoirs

Ce sont ceux qui ont marché très tôt sur la pierre.

 

Alors ceux-là pensent et parfois disent

A quoi sert d’être bon et d’être humain

Dans ce monde où gagnent toujours la haine, l’argent, le lucre et la misère ?

Ils enseignent cette leçon à leur progéniture :

"Marche sur la pierre et piétine tout ce que tu peux"

Dans la cour d’école, ils devancent toujours les autres,

Ils veulent toujours être les premiers

Ils ne sont jamais conciliants

Ils aiment se moquer des pierres qui roulent

Encore plus de celles qui pleurent.

 

C’est ainsi que va ce monde

Un monde où la conscience de la pierre

De l’unité et de l’énergie est minime.

 

Un monde où le mal gagne toujours

Où il met dans sa poche toute les vilenies possibles

Pour arriver à ses fins

Et d’autres

Continuent

De rouler la petite pierre dans leur poche

A enlacer le tronc de l’arbre

En lui disant

Des mots doux

Et à remercier la Terre-Mère

Pour ses dons

Avec de maigres présents

Qui viennent

Du cœur

Pierre ou cœur jamais de pierre

Car la pierre, le caillou

Ont un cœur qui bat tout doux

Moi,

Je l’entends

Non pas avec mon oreille car je ne peux pas m’en servir

Je l’entends contre mon cœur

Car sa veine bat à l’unisson

De la mienne

Comme la veine de la Terre bat

A

L’unisson

Des êtres

Qui se savent

Humains.

 

Carole Radureau (24/10/2022)

 

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Agate mousse, #Terre-mère

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Publié le 2 Septembre 2022

Timide…..



Je prends toujours la poésie
Quand elle se livre à moi
Peu importe le jour où l’heure
Peu importe le moment
Mais
A
Vrai
Dire
Ces derniers temps,
Elle est plutôt timide.

Carole Radureau (02/09/2022)

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 6 Juin 2022

Par Martijn.Munneke from Netherlands — Copan, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=61922362

Par Martijn.Munneke from Netherlands — Copan, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=61922362

 

Evoluer dans la selva, invitée par le boa accueillant

S’imprégner des senteurs nouvelles, hélas :

Cela est impossible car elles ne sont plus voluptés

Mais épées ces senteurs   ces rêves à rêver, éveillée

Ces souvenirs à rapporter :

Fumée du copal rituel, prince d’obsidienne et de jade, barbe de maïs 

Charme de la pyramide Maya dénudée dans sa selva

Déployée avec son glyphe évocateur (je suis le signe qui demeure)

Une odeur sombre et lourde

Monte de la terre qui s’exprime en volutes (signaux de fumée

A déchiffrer)

Ça grouille et ça gronde là-dessous comme des borborygmes

Non écoutés, jamais, non

Entendus, jamais

Il y a dans l’entremêlé des racines si évidentes  si apparentes de la ceiba

Des entrées labyrinthiques où la miel est reine

C’est le chemin boisé de l’entredeux pas du mystère

Où serpent et lumière se croisent

Où le glaive et le colibri s’adorent

Dans le cœur d’une fleur d’un lys qui n’est pas le représentant des rois

Je ne suis pas tripes de ce territoire ! il

Me manque tant de passion ! tant

De fusion ! tant

De présence ! et tant

D’espérance ! pour calquer sur la lumière odoriférante

Un voile d’authenticité     je ne peux

Qu’écrire comme bon me semble       déposant

Mon fardeau olfactif sur une pierre d’offrande

Tel un cœur trop compressé par les fumées occidentales

De l’horreur (tourne en rond l’occident dans son espace très carré)

Et rêver me pendant à des lianes encore vierges

Tout en me réincarnant en singe

Observant (sans le juger !!)

Ce monde qui était intact et qui nous semble perdu

 

Carole Radureau (06/06/2022)

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 15 Mai 2022

Par Fev — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6190052

Par Fev — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6190052

 

Entretenir la verve verte de la créativité

remplir de blanches    de croches    de dièses

la portée éphémère d’un mental sur Univers

nourrir son imaginaire de règles de beauté

combler le vide du vent

l’oiseau est une villégiature    le soleil

une

canopée

un petit cheval Yakoute s’endort

dans la fureur neigeuse des ans

et

dans son rêve

furtif

la froide tempête terrestre est une parodie

chercher le lien là où il n’est plus

c'est-à-dire dans la fibre rompue

du jonc

qui s’est laissé corrompre et tordre et plier

en un panier

détricoter le nerf noueux du nuage

égaré dans le cosmos perverti des ondes

en trop vouloir alors que l’essentiel

est en soi-même et on le savait bien

chercher à combler un vide qui ne l’est pas

ici

tout est trop rempli     même

les silences

la musique est en soie, électrique

parfois comme un nerf que l’on tire d’une dent

arrachée

trop en vouloir     la chair et le fruit –

le goût de la vie

trop parfumé l’air se corrompt car le soleil l’exerce

il y a trop de senteurs   ne pensez que c’est bien

l’excès de chaque chose est un abus de pouvoir

qui

comme tout abus a bu la lie avant le rêve

sans jamais savoir freiner

bave écoulée de bajoues trop nourries par l’espérance

du temps

tout doit être mesuré

tempère la tempérance

évide l’évidence

fusionne l’ion et la fusée de l’éphémère

comme un cheval Yakoute de chimère

qui fournit le lait   la croupe  et l’agonie de son aura

avec tout ceci qui s’égare

nourrir son imaginaire

des vides en faire

des baobabs de mystère     des ceibas

de contemplation

sauter de la linea sibérienne

à la canopée amazonienne en un vol de toucan

laisser tomber le fruit corrompu

qu’il s’égrène tranquillement

sur cette couche fine    le sol n’est pas capricieux

il ne demandait pas mieux que de rêver

de continuer  à faire pousser des étages forestiers

des géants

alimentant une vie de la plus infime à la plus évoluée

tout un univers de sons, de senteurs calmés par la puissance

de la hauteur

de la ceiba et du nuage profond

le nuage est ici-même une forêt qui se sent menacée

si elles ne retombent plus les gouttelettes

de son collier démultiplié

à l’autre bout de la planète

étouffe l’aurore    étouffe la peine

s’endort

l’imaginaire

dans la cacophonie refoulée.

 

Carole Radureau (15/05/2022)

Par Унаров Максим Владимирович — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=31214414

Par Унаров Максим Владимирович — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=31214414

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 2 Février 2022

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Bonnard_-_Fen%C3%AAtre_ouverte_sur_la_Seine_(1912).jpg

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Bonnard_-_Fen%C3%AAtre_ouverte_sur_la_Seine_(1912).jpg

 

Ouvre la fenêtre

La lumière veut entrer

Pour éclairer la vie qui dort

 

Ouvre la fenêtre

La lumière veut sortir

Avec sa charge de négativité

 

Elle sort

Avec

Les mains remplies de pétrole

Les yeux attristés comme par la vue de tant de maux

Le cœur lourd

D’avoir oublié le lait sur le feu

Et le petit enfant dans sa demeure

Loin, trop loin

Pour le voir grandir

 

Ouvre la fenêtre

Le son veut entrer

Un son pur et guilleret

Sans les bruits trop sourds de la vie

 

Il entre

C’est une voix douce et tendre

Un cœur tendre

Une main chaude et douce

Qui voulait caresser le monde

Il entre

C’est une mélodie de l’âme

Des paroles sincères

Des mots qui touchent sans pour autant

Etre érudits

Des mots simples des mots de vraie vie

Pour dire les vies simples

Les vraies vies de tous les jours

 

Ouvre la fenêtre

Avec tes mains de miel

Fais la couler ta parole qui ruisselle

Comme une rivière de mirabelles

Avec tes mots de miel

Mélange les vers de ta chanson

Si tu prends au hasard un mot

Ce sera toujours le mot beauté

Qui viendra

Car la beauté est en toi

Et même

Et même

Si longtemps

Après ton supplice

La fenêtre s’ouvre chaque jour

Pour laisser entrer

Ta voix

Ton sourire

Tes mots

Ton chant

Ta bonté

Ta sérénité

Le véritable espoir

 

La lune étincelle

Comme une rivière de mirabelles

Le sourire étincelle

Comme une fleur de vie

Les étoiles sont des licornes détrempées

Par la pluie de jasmin

Galopant sur l’herbe tendre

Pour y régler leur saut

Vers la fenêtre ouverte

 

Ouvre la fenêtre

Les licornes-étoiles

Veulent

Entrer

Pour tout réorganiser

Pour que le sourire

Demain

Soit au programme de chaque vie

Comme une garantie

Comme un plus gros espoir

Comme une feuille de route.

 

Carole Radureau (02/02/2022)

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 28 Janvier 2022

site toca do arapuá do gongo (Brésil) source

 

 

L’air frais de la petite aube

Tout ragaillardi

Tout anobli par le grand trait

Tiré par la nuit sur la corruption

Ce matin a faibli

Sans doute est-ce ainsi chaque matin ?

Je n’en sais rien

Car je ne me risque pas à ouvrir les fenêtres

Quand il gèle.

 

Le bruit de l’humain à tout envahi.

 

Ce bruit exécrable.

Ce bruit insupportable.

Ce bruit dont on ne sait d’où il vient,

Où il va, dont on sait juste

Qu’il est.

 

J’ai adopté une grotte préhistorique

Fort ancienne

Enfouie probablement encore sous terre

Ou sous mer

Non encore découverte

Pour tympan.

 

C’est une caisse de résonance

Qui ne dit pas à moitié

L’énorme possibilité de la corruption

De l’homme

Sur dame nature.

 

C’est comme entendre avec des oreilles d’autrefois

Quand le bruit de la mère qui se réveille

Etait froid, vif et tranchant

Comme le chant d’un oiseau qui a faim.

 

C’est comme entendre avec des tympans renouvelés

Comme un miracle

Comme un renouveau

Alors que ce monde-là dans lequel je survis

Me les saccage à l’envie

Me les corrompt comme il corrompt tout ce qu’il touche.

 

La mère-nature dans les mains de l’homme

Est un puits saccagé

Dans lequel l’on jette

Tous les détritus

Autour duquel on entasse tous les ossements dont on ne veut plus

C’est une décharge à ciel ouvert.

 

Pour chance l’air du petit matin frais se dit :

Il n’y a bien qu’à la mère-aube où je suis encore pur

Profitez de moi si vous vous levez tôt

Sinon, pleurez

Cherchez dans vos mouchoirs

Cherchez dans vos masques fabriqués avec des produits chimiques

Un air pur

Une goutte, que dis-je une perle infinitésimale de cette pureté

Pour vivre.

 

Je sais et j’ai compris que je vivais accrochée à ma bouteille d’oxygène

Avec ses petites roulettes pour que je le tire, mon air

Partout

Avec moi

Je sais et j’ai compris que je ne vivais uniquement parce que cachée dans une grotte

A l’abri de ce qui fait le propre de l’homme moderne

Vendu comme une vérité, une nécessité, un besoin essentiel, une avancée : la civilisation.

Mais vous : savez-vous que c’est votre cas aussi

Même si vous songez ne pas être concernés ?

 

Il y a une urgence qui me dit de rester avec mes tympans

Bien enfouie dans ma caverne préhistorique

Non encore découverte

Et d’y dessiner les monstres que l’homme a créés.

 

Carole Radureau (28/01/2022)

 

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Rédigé par caro et hobo

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