Cabriole
Publié le 23 Août 2026
.......Fragments de la pampa freneusienne......
Dans la pampa, le diable a surgi.
Il avait chaud !
Ses sabots laissaient échapper
Du suint, du savon, de la margarine
Difficile de courir après la proie
Avec les sabots qui fuient.
Cabriole avait peur
Tout de même ; le diable était à ses trousses
Il avait un fusil
Il avait un nez rouge
Comme une fraise
Avec de gros trous, bien marqués
Il faisait peur à voir.
Cabriole cabriolait, cabriolant dans la pampa
Ses sabots à elle
Légers comme des plumes de cormoran séché sur le sable de la Baie
Filaient, filaient comme l’étoile qui file au firmament.
Qu’elle était légère !
Comme elle était portée ;
Plume sur le fil aiguisé de la peur
Qui faisait pschuitt, pschuitt
Et l’on sentait une petite brise bienfaisante
Sur son passage.
Cabriole était une sorte de ventilateur de pampa
Quand la canicule fuse, fusée, fusant, sans s’arrêter
Refusant toute halte
Jusqu’à la fin des temps.
Cabriole avait chaud.
Cabriole avait soif.
Cabriole avait faim.
Cabriole avait peur.
Qui, là-haut, bienfaisant
Mettrait fin à tout ceci ?
C’était trop dur, à la fin
Que la vie !
Il y avait trop de trop.
Pas assez de bonheur.
Pas assez de candeur.
Pas assez de paix.
Pas assez de lenteur
Pour profiter
De chaque brin d’herbe
De chaque petite brise
De chaque rayon de soleil.
Il n’y avait pas assez de « sans soucis »
La vie était dure cette année
Cabriole ne savait pas ce qu’espérer veut dire
Elle ne connaissait que le moment présent
Parfois, il était si dur qu’elle l’oubliait
Comme nous, deux pattes,
Elle tournait ses jolis yeux en amande
Vers le ciel
Regardait l’étoile qui file, prometteuse
Regardait la lune qui tricotait un chandail pour l’hiver....
.....prometteuse.
Et elle cabriolait à n’en plus finir
Oubliant
Le diable
À
Ses
Trousses.
Carole Radureau (23/08/2026)
Inspirée par ces photos de Gianni
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