Vers qui porter nos yeux
Publié le 15 Janvier 2026
Vers qui porter nos yeux
Regardez tout ce bleu
Qui a brisé la porcelaine de Chine
Emmenant précieusement son offrande
Regardez tout ce jaune
Puisé au cœur d’une ocre pure
Qui dessinait des miracles dans le désert
Et qui n’était pas fière
Regardez ce blanc des moments de pause
Qui partagent le ciel et le désert
Dans un délicat univers
Puis cet œil sublime vif et pur
Pétillant de malice
Parfois
Fronçant de petits sourcils
Voulant vraiment faire peur.
La Terre-Mère a pris son pinceau pour dessiner le monde
Dans son œuvre
Nulles bombes
Nuls incendies allumés par « je ne sais qui, je ne sais quoi mais je sais pourquoi »
Nuls drones tueurs d’enfants
Nulles images de peur et de terreur.
Qui s’est permis de rayer salement
Les dessins de la Terre-Mère
Pour en faire un univers de feu, de larmes et de sang ?
Porter son regard sur la beauté
Sur ce qui est
Et non sur ce que cela est devenu
Oublier le bitume qui envahit tout
Le bruit qui envahit tout
La grisaille et la mocheté qui envahissent tout
L’absence de fleurs
L’absence d’arbres
L’absence des oiseaux
Oublier tout ceci que nous « offre » la civilisation
Pour se ressourcer là où c’est encore possible
Se concentrer sur la source
Se dire : « je veux la préserver »
N’est-elle pas la prunelle de mes yeux ?
N’est-elle pas ma Joie de vivre ?
Donnez-moi le chant des oiseaux,
Le rire des petits enfants,
Donnez-moi le cristal pur qui chante sous la terre mais juste dans mes rêves (mon imagination n’est pas encore corrompue)
Donnez -moi la musique de la nature et celle des hommes qui savent la composer s’en inspirant
Donnez-moi les fruits de la vie dans leur petite tenue d’origine
Donnez-moi les savoirs ancestraux à découvrir et non à conquérir, non pour me les approprier, ils ne nous appartiennent pas
Donnez-moi la sagesse d’un arbre qui ne peut s’enfuir sous les bombes
Qui réfléchit tout au long de ses ondes
Donnez-moi le secret de l’univers, non pour en faire la conquête
Pour comprendre le monde
Donnez-moi la certitude que dans cette masse immonde et destructrice
Se conduisant comme le plus grand des parasites
Il y a le bien qui veille et qui jaillit au moment le plus opportun
Pour qu’un jour enfin cessent les cycles
Que les puissants périssent
Que la puissance plus jamais ne puisse se conquérir
Et que les oiseaux se parent de leurs couleurs de rêve
Que leur chant retentisse, clair et pur
Comme un printemps vert et brillant
Promesse pour l’humanité.
Carole Radureau (15/01/2026)
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