vieux parlers

Publié le 10 Janvier 2022

 

.....le patois de chez moi.....

 

Eune champleure c'est eune ativelle ed métal en plomberie qui permet d'faire vnir, d'égalir et pis d'arter un liquide, el pus souvent c'est d'l'iau.

 

 

Qui chante, qui pleure

Comme une champleure

 

Coule l’iau dans le seau

Comme coulent les larmes sur le visage

Goutte à goutte

Eau précieuse

Eau qu’il est magique

De pouvoir tirer

Grâce à ce petit robinet

Qui fait parfois crouic crouic

Quand il est mal graissé.

 

Açtheure la champleure

On n’y songe plus

Elle sert bien

A trop servi

Est anoblie

On la laisse couler

Sans y mettre de frein

Ah ! l’iau, on dirait qu’elle ne coûte rien !!

 

Carole Radureau (10/01/2022)

 

Eune champleure oû Mont Saint-Miché. Par Oimabe — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=28649287

 

Çu mot vient d’chantepleure en anchien franceis, c'est cantepleure en anchien normand. Ça vient d’canter et pis pleurer, rapport qu'çt'ativelle-cite fait couler d'l'iau comme si qu'queuqu'un pleurereit.

La forme franceise champleure est usitèye ed long temps en Normandie à la plache ed la forme normande.

En brayon nos dit champleure, champlure ouben champleuse. Çte forme champlure fut apportèye oû Québec pâ les colons normands, açtheure nos dit cô champlure iloc.

J'ai trouvé ceci ICI

Si vous voulez la traduction, merci de me le dire

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 5 Janvier 2022

Par Georges Conrad (died 1936) — Scanned by :User:Man vyiTransferred from en.wikipedia, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3732185

Tu peux tout dire, poésie

Même le patois

Celui qui nous avait donné froid

Auquel on ne voulait penser

Il avait ce quelque chose

Que l’on veut oublier

Il n’était pas très « classe » sans doute

Il était surtout un marqueur

D’identité.

 

Pourtant il était là, parmi nous

Parfois on le savait

Parfois, non

C’est en se déplaçant

En rencontrant d’autres gens

Qu’on le savait

A leurs rires de nos mots

A leurs exclamations :

Mais, ce n’est pas français !!

C’est à ça qu’on le savait

Qu’en réalité nous avions dans nos bagages

Du patois d’cheu soit.

 

Parfois il nous faisait rire

Parfois il nous faisait pleurer

Jamais on ne se disait :

Il faudrait p’têt ben le préserver

Ceci, quand même

C’est la langue de mes anciens

C’est le parler commun de mes « vieux »

C’est un marqueur, une trace

Sans lequel on n’aurait pu parler

Une langue « à trous ».

 

En partant de la maison d’enfance

On voulait le laisser, là, sur place

En partant on voulait l’oublier, pire !

Il s’oubliait de lui-même

Il nous restait quelque chose

Une petite trace, un petit mot

Pour moi

Un mot volontairement gardé comme une marque de fabrique encore éthérée :

Pouque

Mon mot patois à moi

Ma revendication

J’ai la pouque alerte et locace

Elle se loge partout où elle peut

Comme si elle désirait la pouque protéger

Les cieux.

 

J’ai du sang normand, hé oui,

Je ne sais si ce patois toujours entendu dans mon enfance

A du cauchois

A du brayon

A du rouennais

Dans son sang de parler

Je sais qu’il m’a, malgré moi

Imprégnée quelque peu

Je me souviens que dans ma jeunesse

J’avais projeté de l’apprendre avec un paysans-cafetier.

 

Ceci est un héritage.

Tu l’avais oublié ?

L’âge te rattrapant

Tu sens entre tes dents

Le fil/courant d’air

Une sorte de leitmotiv

Qui se fait ressentir plus fort

Chaque année plus fortement.

 

Tu aimes le devoir de mémoire

Ne serait-ce que pour parler de celui des autres ?

 

Quand tu entends le vent

Te souffler

Quelques mots

Aurais-tu froid à ce point

Que ce flux ne puisse entrer en toi

Finissant par mourir

Dans le tiroir d’une petite chambre de bonne

Bien fermé à clef ?

 

Non.

 

Il faut,

Poésie,

Parler de ces quelques mots

Qui traînent dans la mémoire, qui traînent

Dans les conversations.

Il ne sera pas dit

Que cette anar poésie

Ne sera pas aussi

Celle de la mémoire.

Il faudra bien fouiller plus tard

Quand la muse et moi ne serons plus

Pour trouver dans cette chambre de bonne

De vieux papiers poétisant

Disant, parlant, criant,

Récitant, ânonnant, demandant

Que la porte oublie les clefs

Qu’elles sortent à l’air libre

Les paroles

En patois, en quechua, en mapudungun, en castillan, en français

Que les mots à jamais :

Fusent par la poésie !!

 

Carole Radureau (05/01/2022)

 

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Rédigé par caro et hobo

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