16. Une ombre dans les estives cantaliennes

Publié le 16 Décembre 2021

16. Une ombre dans les estives cantaliennes

…..le langage des arbres…..

 

Le paysage de la solitude

De la grande paix

Là où l’on se sent au-delà du monde

Dans la grande paix

 

Pas de bruit

Pas de furie

Pas de pollution

Ni d’ennui

Juste le paysage en continu

Moutonnant avec ses petits points chocolat ruminant

La grande fleur royale a glissé ses yeux dans le domaine

A une certaine saison le jaune domine

Broutant cette manne broutant cette espérance

Les Salers en toute innocence

Procurent à leur lait la sacralité joyeuse

 

Je suis là,

Unique

Essentiel

Je suis l’arbre utile

Qui procure l’essentiel

Le petit buron tout fait de pierre

Est celui qui poussa près de moi

Ou plutôt en dessous de moi

Je suis l’arbre bienvenu

Là-dedans il s’en passe des choses

Bénéfiques et curieuses

Transformant la manne laitière

En grosse  ronde  lourde  tomme

Quel est le secret de cette tradition ?

Quel est son âge ?

Qui l’a inventée ?

Seul dans mon estive je me pose de telles questions

N’allez pas croire que l’arbre soit inculte

 

J’observe parfois au loin dans les pâturages

Des combats de taureaux

Un troupeau de vaches Aubrac paissant dans cet espace

Le taureau un gars pas commode

Surtout très balaise

Avait envie d’aller, à son aise

Compter fleurette aux voisines

Tapant du pied raclant du pied

Je me suis cru au far west

Si le cow-boy sur son cheval appaloosa était arrivé

Chapeau à large bord et lasso

Cela ne m’aurait même pas surpris

 

Je m’évade je m’évade

Sentir les effluves de Cantal me fait rêver à d’autres cieux

Ici c’est le paradis de la tranquillité

Elle est bien lointaine la noblesse des villes

Avec ses tourments son agitation

Sa grande névrose

 

Parfois des gens sympathiques viennent ici

Respirer l’air pur

Méditer au pied du buron

Cueillir quelques gentianes

Pour en faire des bouquets de soleil

Auxquels ne manquent ni le poivre ni le sel

Moi je suis si visible au demeurant

Que je dois figurer sur nombre photos

 

Je suis une vedette voilà tout

 

C’est grâce à moi que le berger

Garde la tête froide

Que le cantal ne tourne pas au vinaigre

Que les vaches sont en paix.

 

Carole Radureau (16/12/2021)

 

Estives cantaliennes au-dessus de Salers en 2014

16. Une ombre dans les estives cantaliennes
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H
Si le buron est au berger ce que l'observatoire est à l'astronome, alors l'arbre est la voie lactée !
Répondre
C
Ah ! oui, c'est bien ! L'arbre est la voie lactée, ça me plait. J'ai utilisé le mot berger mais en y réfléchissant après coup, cela ne dois pas être le mot correct.
A
Merveilleuse photo ! On se dit voici un arbre et un abri, que faut-il de plus dans la vie ?
Répondre
C
C'est vrai, c'est tentant. Bon, après il ne faut pas avoir de problèmes avec les odeurs (de fromage).