Sansonnets d’amour

Publié le 10 Octobre 2020

 

 

Jouer avec les mots

Se gloser avec eux :

« Ecris quelque chose de joli

Des vers peut-être ou de la prose »

Disait le poète-chanteur.

 

Je lis mon Pablo

Tout à coup cette lueur d’éveil

Vient à moi comme un sommeil brisé

Par la pleine conscience de l’évidence :

Ce ne sont pas des poèmes

Dans la Centaine d’amour

Ils ont traduit cela de façon à

« Ecrire quelque chose de joli »

Pourtant s’ils l’avaient traduit comme il se doit

On aurait appris quelque chose

Que le sonnet est fait comme ci

Que le sonnet est fait comme ça :

Poème de 14 vers

Deux quatrains sur deux rimes embrassées

Et

Deux tercets

On aurait grandi tout à coup

Au lieu de lire cela comme cent poèmes

Plongés dans le grand sac d’amour tendre

De Neruda.

 

Pourtant le titre original

Il est beau :

Il parle :

« Il écrit quelque chose de joli » :

Cien sonetos de amor

Et si on le traduit comme il est, là, dans sa petite tenue de nuit

Ça donne :

Cent sonnets d’amour

Est-ce le sens, est-ce le contresens, est-ce le jeu de mots :

Sansonnets d’amour

Cela peut-être est moins poétique ?

En tout cas, moi je l’adopte

Car tout au long des sonnets

Je vois la face multicolore et rutilante

De ces oiseaux communs et encombrants

Bruyants et très axés sur le collectif

Qui ont par ailleurs mauvaise presse :

Bref des renégats

Ce pourquoi je les aime comme toute créature vivante.

 

Sansonnets d’amour de Pablo Neruda

Pablo lui qui aimait les oiseaux

Pour apprendre maintenant à écrire des sonnets

A prendre la fleur de l’air, la fleur de l’oiseau

Se cultiver se hisser au plus haut de la pensée

Pour pouvoir sans plus de façon

Etre au diapason du poète.

 

Carole Radureau (10/10/2020)

 

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Aragonite

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