Confinée avec mon tortionnaire

Publié le 3 Avril 2020

Confinée avec mon tortionnaire

Confinée avec mon tortionnaire

L’horreur au quotidien

Pas un mur qui ne réagit

Une fenêtre qui s’ouvre pour libérer la vie

L’air est lourd trop lourd de ce relent qui sort des bouches qui crient sans cesse

Imprégnée d’alcool l’haleine

Est un buvard imprimé dans ma mémoire

Les yeux injectés de sang se fixent dans ma remembrance

Comme une ronce indéchiffrable

Une douleur aiguë

Sa colère fuse comme la peur sur le monde

Tout s’écroule et mon corps est alors une éponge

Sensée soulager toute cette rage

Je roule mon dos en boule comme pour retrouver la position fœtale

Ma préférée celle qui me protège

Comme une tortue rentrée dans sa carapace de douleur

La peur mais elle là, elle ne peut plus partir

Confinée qu’elle est aucun espace ou trop d’espace

Pour la contenir la sublimer la démultiplier

Je ne peux pas fuir et la rage l’emporte

C’est si simple si facile de buter sur sa proie chaque minute chaque seconde

C’est la proie pour le jour la proie du jour le repas est servi

A cela s’ajoute tant de soucis

Le manque d’argent, le chômage, comment manger et puis la crainte pour l’après

A cela s’ajoute les victimes collatérales

L’école à la maison les enfants confrontés sans cesse à ce quotidien

Sans aucun secours sans aucun soutien

Subissant

Subissant

Subissant

Impuissants

Impuissants

Comme moi impuissante mais comme je suis impuissante

On peut tout me faire

Je suis l’éponge adéquate

La peau d’un tambour sans cesse sollicité

Tous les malheurs viennent y toquer pour instruire la chanson des coups

La pluie est incessante

La bastonnade s’arrêtera quand la peau craquera laissant entrevoir

Un intérieur vide de tout

Une caisse démunie de tout

Dépourvue de tout

Décoeurée démembrée désarticulée désâmée

Un retour à la terre de son vivant

Comme une source qui bât et qui crie au secours avec ses yeux.

 

Face aux yeux injectés de sang.

 

Carole Radureau (03/04/202)

 

PC : je précise, malgré l’emploi de la première personne, ce texte ne me concerne pas !

Je ne suis que la porte-voix.

 

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Chronique du virus

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