J’avais rêvé

Publié le 19 Mars 2018

J’avais rêvé

J’avais rêvé d’un monde meilleur
Empli de coton et de fleurs
Un monde de paix nourrit aux nougats
Au miel de dulcinée et aux fruits fraîchement cueillis
Un monde où la solidarité était jumelle de l’égalité
Et où l’humanité n’était pas un mot bidon

J’avais rêvé que la soif de conquête
Cette grande soif si peu souvent désaltérée
De l’homme
Allait cesser
Que chacun dans ses frontières travaillerait
A un monde parfaitement découpé
Respectueux de la primauté originaire
Et des besoins des uns et des autres
J’avais rêvé que les cauchemars sanglants
Des conquêtes
Seraient de mauvais souvenirs
Tombés dans les oubliettes de l’histoire

Et pourtant…
Sur des chevaux de fer crachant le feu et la mort
Une foi aux dents brillantes de sang
Avec le chèque en blanc des grandes nations des 3 singes
Ils vont semant des graines putrides envenimées par la haine
Ils vont
Rallumant la peste de sanglants endimanchés des lendemains
Qui déchantent
Ils vont
Sous le sourire niais des nations en quête de pouvoirs
Et de nouvelles richesses
Prenant en otage les enfants et les innocents
Prenant plus de vies encore
Se prenant pour la réincarnation de l’enfer du Dante
Qui à y bien penser n’était qu’un petit joueur.

Ceux qui avaient fait barrière de leur corps
Pour contrer la furie
Renvoyés aux pays des migrants au sein de leur patrie
Il n’y a pas de petits profits et les nuées sèment la mitraille
Comme sèment le pain aux pigeons d’innocents enfants de nos villes
Il n’y a pas de petits joueurs dans l’échiquier de la géopolitique
Et les vies humaines ne comptent pas aux yeux des puissants de ce monde

On mise sur la perte comme on mise un jeton au poker
Celui qui gagne aura le gros gâteau jusqu’à ce qu’il perde
D’en vouloir un peu trop
Celui qui perd, perd toujours quoi qu’il arrive
Car
Porteur de valeurs humaines et d’égalité
D’autonomie et d’équité
Il parle une langue que les conquérants ne peuvent pas
Connaître
Il dessine un monde que peu veulent connaître
Car ce monde du nom d’Utopie est réservé à ceux qui ont un cœur
D’enfant
Libre et sans épée, sans peur et sans haine

J’avais rêvé que les hommes rêvaient
La tête au creux des étoiles
Vers une main tendue de l’avenir
Comme un mouchoir géant
A partager

J’avais rêvé
Qu’au lieu de velléités guerrières
Les enfants déposaient
Derrière chacun des convives de la terre
Un mouchoir blanc
Immaculé
Comme le souhait de pureté pour l’avenir
Qu’on leur vole
Sans cesse.

Au peuple kurde, aux femmes kurdes, aux combattants kurdes avec le merci pour le sacrifice et le merci pour l’espoir d’un monde meilleur et différent.

Carole Radureau (19/03/2018)

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Lance-pierre

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F
Mon coeur saigne.. merci pour ce beau poème .. je crains de ne jamais voir le monde de l'utopie..
Bisous
Répondre
C
Oui Fanfan, moi non plus mais je continuerais de porter le rêve jusqu'au bout et de montrer ce qui me semble beau chez l'homme et ce qui me semble porteur de cette utopie. Bisous
A
Alep, Afrin... Il ne faut jamais douter d'un monde meilleur, jamais douter de ce monde de l'Utopie, bien trop beau pour les grands de ce monde, même si tout montre que c'est folie que d'y croire. Très fort poème Caro.
Répondre
C
Oui, il ne faut pas baisser les bras mais réfléchir au pourquoi et au comment et affiner ses choix politiques en raison de la nouvelle donne géopolitique. Merci de ta visite Alma.